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Accord contre l’expansionnisme chinois : Trudeau ne regrette pas l’absence du Canada

Les néo-démocrates et les conservateurs jugent que l’élection déclenchée par le chef libéral a fait manquer le bateau au Canada sur la scène internationale.

Un sous-marin avec des membres d'équipage

L'USS Illinois, un sous-marin à propulsion nucléaire de l'armée américaine, stationné à Groton, au Connecticut, en octobre 2016.

Photo : Reuters / Michelle McLoughlin

Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, ne croit pas que le Canada soit perdant parce qu’il ne prend pas part à une entente conclue entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie pour contrer les ambitions de la Chine dans la zone indo-pacifique.

Essentiellement, le partenariat de sécurité appelé AUKUS et officialisé mercredi par le président américain, Joe Biden, le premier ministre britannique, Boris Johnson, et le premier ministre australien, Scott Morrison, vise à renforcer le partage d’informations et de technologies militaires entre les partenaires.

Il est notamment question d’une hausse de capacités en matière d’intelligence artificielle, d’informatique quantique et de cyberdéfense.

Une première étape sera la livraison à l’Australie d’une flotte de sous-marins à propulsion nucléaire utilisant une technologie de l’armée américaine.

Le Canada fait déjà partie d’une alliance de cinq pays (États-Unis, Royaume-Uni, Australie, Nouvelle-Zélande et Canada), appelée les Cinq yeux, qui partage des renseignements et des infrastructures de sécurité.

En entrevue au Globe and Mail, un analyste des relations canado-américaines, Eric Miller, affirme que le nouvel accord a été conclu entre les trois membres qui sont prêts à aller le plus loin face à la Chine; il souligne que le Canada a quant à lui des intérêts commerciaux importants (exportations de porc, de canola et de fruits de mer, notamment), qu’il ne veut probablement pas compromettre.

Le Canada pourrait par ailleurs permettre la participation du géant chinois Huawei dans le développement de son réseau 5G, ce que les États-Unis critiquent férocement. Une décision n’a toutefois pas encore été prise à ce sujet (Nouvelle fenêtre) à Ottawa.

Trudeau ne s’inquiète pas, O’Toole et Singh lui font porter cette responsabilité

Le chef libéral ne croit pas que le Canada soit perdant après la conclusion du partenariat entre les trois pays.

Tout d’abord, nous continuons à être un membre fort des Cinq yeux et de partager des informations et des approches en matière de sécurité avec nos partenaires, a dit M. Trudeau lors d’un point de presse à Montréal.

C’est un accord pour fournir des sous-marins nucléaires. Ça intéresse l’Australie. Le Canada n'est pas du tout dans ce marché et n'est pas près de l’être, a-t-il poursuivi.

Le chef libéral ajoute que le Canada continue de travailler avec ses partenaires pour la sécurité et se tiendra fort face aux défis à l'international, y compris ceux posés par la Chine.

Le chef du Parti conservateur du Canada, Erin O’Toole, a quant à lui réitéré ses reproches à l’endroit de M. Trudeau pour avoir plongé le pays dans une élection inutile de 600 millions de dollars.

Et nos alliés sont déçus de M. Trudeau. L’Australie, le Royaume-Uni, les États-Unis. On doit être là avec nos alliés pour nos valeurs, pour nos intérêts économiques, pour nos travailleurs, a-t-il dit en point de presse à Saint-Jean.

C’est le temps pour un premier ministre sérieux, éthique et prêt pour les défis chez nous et sur la scène internationale, a-t-il continué, ajoutant que le Canada devait s’opposer à la participation de Huawei dans son réseau 5G.

Quand on lui a demandé s’il communiquerait avec ses alliés pour faire partie de l’entente AUKUS s’il devenait premier ministre, M. O’Toole a répondu par l’affirmative.

Pour sa part, le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a rappelé qu’il avait appuyé à plusieurs reprises l'idée de mettre de la pression sur la Chine pour son non-respect des droits de la personne, citant la situation des Ouïgours et la répression à Hong Kong. M. Singh a aussi appelé à reprendre les efforts pour libérer les Canadiens Michael Spavor et Michael Kovrig détenus en Chine.

Mais le fait que cet accord était signé par des pays comme l'Angleterre et l'Australie, c'est une autre raison pour laquelle M. Trudeau avait tort de déclencher une élection, parce qu’on n'était pas dans cette négociation, cette discussion. On ne sait pas les détails et pourquoi on ne fait pas partie de cet accord, a-t-il ajouté.

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.
Avec les informations de Agence France-Presse, et Globe and Mail

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