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La relance économique de Jasper parsemée d’obstacles

Des voitures sont stationnées à la gare de Jasper, dans la vallée de montagnes.

Jasper n'a reçu que des visiteurs canadiens cet été, les frontières étant restées fermées jusqu'au début du mois de septembre.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Malgré une bonne saison touristique cet été, les résidents et les commerçants de Jasper s’inquiètent à l’approche de l’hiver. Ils comptent sur le retour des touristes étrangers pour la relance de l’économie, mais celle-ci pourrait être freinée par la double pénurie de logements et de main-d'œuvre.

Attablés devant un pain de viande de wapiti et un verre de bière locale, les clients d’Estelle Blanchette se régalent. Sa jeune entreprise de circuits culinaires a connu un des meilleurs étés depuis son lancement, en 2018, malgré le début tardif de la saison touristique, en juillet.

Estelle Blanchette explique comment déguster un verre de vin à une grande table de clients.

Estelle Blanchette fait découvrir les restaurants de Jasper à ses clients lors de ses visites guidées.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

On a eu un bel été, mais notre hiver était pourri, vu qu’on était fermé, affirme l'entrepreneure.

Si on n'avait pas eu un bel été, je ne sais pas si j’aurais pu continuer avec mon entreprise. Ce n’est pas rentable.

Une citation de :Estelle Blanchette, propriétaire, Jasper Food Tours

La pandémie l'a poussée à réduire de moitié le nombre de personnes qui peuvent participer à ses circuits culinaires. Elle se réjouit de la mise en place d’une forme de passeport vaccinal en Alberta, qui lui permettra, dit-elle, de rassurer ses clients et de remplir ses tables.

Elle s’inquiète toutefois des possibles fermetures des restaurants en raison de la quatrième vague de COVID-19 ou du manque de personnel.

Je travaille avec quatre restaurants, et notre excursion gourmande a lieu tous les jours. Il y a des fois où les restaurants devaient fermer, car ils n’avaient pas assez de main-d'œuvre, explique-t-elle.

Une double pénurie

Un cinquième des emplois n’étaient pas pourvus à Jasper cet été, selon la Municipalité. Avec la pandémie, beaucoup de travailleurs internationaux sont retournés dans leur pays, mais la pénurie de logements est telle que cela n’a pas amélioré la situation. Il est obligatoire d'avoir un emploi à Jasper pour y vivre.

Les entreprises qui possèdent des logements pour leurs employés ne sont pas toutes capables de les remplir et celles qui n’en ont pas n’arrivent pas à embaucher, faute de logements, explique le maire de Jasper, Richard Ireland.

Un jeune couple promène son enfant dans une poussette et son chien dans une rue résidentielle de Jasper.

La pénurie de logements freine l'embauche de la main-d'oeuvre à Jasper, selon les entrepreneurs et la Municipalité.

Photo : Radio-Canada

Quelques projets de logements sont en cours de planification. Toutefois, comme la Municipalité est située dans un parc national, ses limites sont dictées par la loi fédérale. Elle n’a pas non plus le plein contrôle sur son développement immobilier, car c’est Parcs Canada qui le gère.

Richard Ireland souhaite que le prochain gouvernement fédéral lui transfère les pouvoirs en la matière, pour lui permettre de mieux s’attaquer à la double pénurie de logements et de personnel.

Un effet domino inquiétant

Si certaines entreprises peinent à recruter, d’autres doivent faire des mises à pied. François Grenier, propriétaire de l’entreprise de nettoyage industriel Yellowhead Clean, a dû réduire de moitié son équipe durant la dernière année.

C’est très difficile, particulièrement quand tu dois mettre à pied un employé qui t’a donné neuf ans de loyaux services.

Une citation de :François Grenier, propriétaire, Yellowhead Clean

Très rapidement, les restaurateurs n’avaient plus besoin de nos services pour faire le nettoyage, parce qu’ils devaient offrir des heures à leurs employés [en raison des subventions salariales]. Ils devaient se débrouiller autrement pour sauver de l’argent, couper les dépenses, explique l’entrepreneur.

François Grenier en entrevue devant sa camionnette de travail.

François Grenier s'est adapté en offrant des services de nettoyage résidentiel lorsqu'il a perdu plusieurs contrats commerciaux.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Les subventions salariales fédérales ont donc aidé certaines entreprises, mais ont pénalisé des entrepreneurs comme lui.

Si mes clients avaient de meilleurs chiffres d’affaires, s’ils étaient capables de recruter et d’engager, je pense qu’à ce moment-là moi aussi, je retrouverais de la business, dit François Grenier.

Les frontières ouvertes aux vaccinés

Tous s’entendent sur le fait que la relance de l’économie de Jasper passe par le retour des touristes étrangers et, donc, par la fin de la pandémie de COVID-19. Les touristes étrangers vaccinés peuvent entrer au Canada depuis le 7 septembre, mais à Jasper, seules quelques plaques d’immatriculation américaines traduisent cette nouvelle réalité.

Ce sera un long processus, prédit le maire, Richard Ireland.

Richard Ireland devant la vieille locomotive à vapeur de Jasper.

Richard Ireland affirme que le départ de nombreux travailleurs étrangers n'a pas libéré beaucoup de logements.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Cela ne se produira pas en une seule élection. Nous ne verrons probablement pas un retour au nombre de visites d'étrangers de la prépandémie durant plusieurs années.

Pour ramener les touristes étrangers, nous devons faire de Jasper un endroit sécuritaire.

Une citation de :Richard Ireland, maire de Jasper

Aux yeux d’Estelle Blanchette, la solution est claire : La réponse, c'est vraiment de s’assurer que les gens sont vaccinés pour qu’on puisse s’en sortir.

D’ici là, plusieurs se préparent à un hiver difficile, mais espèrent que les touristes étrangers seront au rendez-vous l'été prochain dans les Rocheuses.

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