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Des manifestants envahissent le chantier de Ray-Mont Logistiques dans l’est de Montréal

Le Service de police de la Ville de Montréal, qui a dû intervenir, ne rapporte « aucun acte criminel ».

Le chantier de Ray-Mont Logistiques.

Ray-Mont Logistiques a acheté ce site industriel contaminé en 2016 dans l'arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Prost

Plusieurs dizaines de personnes ont fait irruption sur un terrain industriel de l'arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, jeudi matin, à Montréal, pour y interrompre les travaux en cours visant à réhabiliter les sols.

Le chantier en question est exploité par la compagnie Ray-Mont Logistiques, qui souhaite développer dans l'est de la ville une importante plateforme de transbordement de conteneurs maritimes.

Selon le récit du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), un appel au 911 a été reçu vers 7 h. Une fois sur place, les agents ont constaté qu'une quarantaine de personnes se trouvaient sur un terrain privé.

Le propriétaire ayant demandé un avis d'éviction, les policiers ont demandé aux manifestants de quitter les lieux, ce qu'ils ont accepté de faire, peu après 8 h, de manière pacifique, a précisé l'agente Caroline Chèvrefils. Aucun acte criminel n'a été posé, a-t-elle ajouté.

Propriétaire échaudé

Appelée à commenter les événements, la compagnie Ray-Mont Logistiques a confirmé jeudi que les manifestants avaient légèrement retardé les travaux de réhabilitation environnementale du site.

En raison des menaces et attaques récentes sur le terrain, le SPVM a été contacté pour éviter toute confrontation avec les employés présents sur place, a-t-elle ajouté.

C'est que le promoteur dit craindre pour sa propre sécurité.

Le quotidien La Presse révélait vendredi dernier que des équipements lourds avaient été incendiés dans la nuit du 25 au 26 août, et que des militants d’extrême gauche avaient revendiqué ces actions illégales dans une lettre publiée sur Internet.

Le terrain vague restera vague

Dans un communiqué transmis aux médias, les manifestants à l'origine du coup d'éclat de jeudi affirment qu'ils [continueront] d'occuper cet espace, de [se] poser en obstacle à sa destruction [et] de nuire, par tous les moyens à [leur] portée au saccage des écosystèmes et des territoires [qu'ils habitent].

Le terrain vague restera vague, disent-ils.

Les manifestants en ont visiblement contre la stratégie maritime de la Coalition avenir Québec.

Celle-ci s'aligne, selon eux, avec des projets comme l'expansion du port de Montréal à Contrecœur, GNL Québec ou Laurentia, qui ont en commun de réduire le territoire et les cours d'eau qui le traversent à sa valeur marchande, dans un contexte où la crise climatique et environnementale nous somme de faire autrement.

L'opposition se durcit

Le projet de l'homme d'affaires Charles Raymond dans l'est de Montréal fait débat depuis de nombreuses années. L'ex-maire Denis Coderre souhaitait à l'époque faire de ce secteur une « Cité de la logistique » – un vocable abandonné par l'administration Plante, qui l'a rebaptisé « Écoparc industriel de la Grande Prairie ».

L'Office de consultation publique de Montréal (OCPM) s'est penché sur l'avenir de ce secteur, aussi appelé « Assomption-Sud–Longue-Pointe ». Elle a conclu à un « bris de confiance » entre les résidents et les promoteurs, dont M. Raymond, qui s'est battu contre la Ville devant les tribunaux pour obtenir ses permis.

Ce litige juridique s'est finalement réglé à la faveur de l'entrepreneur, qui procède ces jours-ci aux travaux de réhabilitation du site. Il s'agit d'un projet de plein droit, mais des autorisations doivent encore être délivrées pour lui permettre d'aller de l'avant.

Pendant ce temps, l'opposition se durcit. Une autre manifestation des résidents des secteurs avoisinants est prévue pour samedi. Des candidats de Projet Montréal et Ralliement Montréal devraient y être.

Une pétition de 4258 noms a également été déposée à l'Assemblée nationale jeudi par le député de Québec solidaire, Alexandre Leduc, qui représente les électeurs de la circonscription d'Hochelaga-Maisonneuve. Elle exige qu'une étude d'impact soit menée préalablement à la réalisation du projet.

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