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États-Unis : Joe Biden défend son gigantesque programme social

Joe Biden parle dans un micro, devant une boule lumineuse.

Le programme social du président américain Joe Biden s'élève à 3500 milliards de dollars.

Photo : Getty Images / Win McNamee

Agence France-Presse

Taxer les plus riches, choyer la classe moyenne : Joe Biden, fragilisé depuis le retrait chaotique de l'armée américaine d'Afghanistan, devait défendre jeudi un gigantesque plan de dépenses publiques, projet phare de son mandat.

Le président américain devait expliquer comment il entend établir des règles du jeu plus équitables en matière économique, et garantir que la classe moyenne, colonne vertébrale de notre pays, puisse enfin souffler.

Le démocrate de 78 ans muscle son discours économique et social depuis plusieurs semaines. Il martèle que les plus fortunés devraient payer leur juste part d'impôt, qu'il s'agisse de puissantes multinationales ou de personnalités.

Joe Biden, s'il veut augmenter la fiscalité sur les grandes entreprises et les plus riches, annulant les faveurs de l'ère Trump, promet de ne pas toucher à celle des Américains de la classe moyenne. Il veut aussi leur apporter plus de sérénité financière, en réduisant les coûts de la santé, de l'éducation et de la garde d'enfants.

Ces grandes promesses sociales, dont la facture atteint 3500 milliards de dollars, sont adossées à un programme plus consensuel d'investissement dans les infrastructures (ponts, routes, réseau électrique, etc.), se chiffrant à 1200 milliards de dollars

Ce dernier volet, qui pourra même compter sur des voix de l'opposition républicaine, est plus avancé dans le processus législatif.

Mais l'autre pan, inédit dans son ampleur et très audacieux sur le fond, dans un pays où les filets de sécurité sociale sont ténus, est loin d'être abouti.

Débats à prévoir

Les prochaines semaines promettent d'être fiévreuses dans les couloirs du Capitole, où siège le Congrès américain, et seront un vrai test pour le président américain.

Joe Biden, fort d'une très longue expérience de sénateur, se laisse volontiers présenter comme un expert du jeu parlementaire. Mais son habileté indéniable suffira-t-elle, au moment où sa cote de popularité accuse le coup après le retrait chaotique d'Afghanistan?

Certains ténors du parti de Joe Biden s'inquiètent tout haut à propos des gigantesques dépenses sociales.

Mercredi, la Maison-Blanche a reçu les visites du sénateur Joe Manchin et de la sénatrice Kyrsten Sinema, deux démocrates ouvertement sceptiques – et élus dans des États, la Virginie-Occidentale et l'Arizona, où l'électorat n'est pas acquis d'office à leur parti.

Ces démocrates se situent d'ailleurs à l'opposé du spectre de la démocrate Alexandria Ocasio-Cortez, figure de l'aile gauche du parti. L'élue de la Chambre des représentants à New York a fait sensation lundi soir au gala du Metropolitan Museum of Art (Met), avec une robe de soirée blanche marquée d'un message en lettres écarlates : TAX THE RICH (Taxez les riches).

Alexandria Ocasio-Cortez de dos avec une robe blanche sur laquelle on peut lire : tax the rich.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Alexandria Ocasio-Cortez au gala du Metropolitan Museum of Art (Met)

Photo : Getty Images / Mike Coppola

Loin des tapis rouges, 15 lauréats du prix Nobel d'économie ont, eux, publié une lettre ouverte de soutien aux projets du président – que la Maison-Blanche s'est empressée de partager via Twitter et dans un courriel aux journalistes estampillé Au cas où vous l'auriez manqué.

Parce que ce programme investit dans les capacités économiques de long terme et va renforcer la possibilité pour plus d'Américains de participer de manière productive à la vie économique, il fera diminuer à long terme les tensions inflationnistes, écrivent ces 15 économistes, dont Joseph Stiglitz, Paul Romer, Edmund Phelps ou Angus Deaton.

Les détracteurs des projets du président estiment que les gigantesques dépenses prévues vont faire flamber les prix et saper le pouvoir d'achat, et ce, à un moment où les Américains sont déjà confrontés à une hausse des prix de l'essence, des meubles, de la nourriture, du logement ou des voitures d'occasion. Ce phénomène devrait toutefois être passager, selon la majorité des experts.

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