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Les Noirs trois fois plus susceptibles d’être interpellés à Repentigny

Un policier, de dos, à côté d'une autopatrouille et d'un périmètre de sécurité.

Le profilage racial à Repentigny est un fait, selon des chercheurs de l'UQAM et de l'UdeM.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Wagner

Radio-Canada

Des chercheurs universitaires chargés de se pencher sur le profilage racial à Repentigny ont remis au service de police de la ville un rapport accablant sur le comportement de ses agents.

Le document en question a été rédigé par Victor Armony et Mariam Hassaoui, du Département de sociologie de l’UQAM, ainsi que par Massimiliano Mulone, de l’École de criminologie de l’Université de Montréal, soit la même équipe qui s'est penchée sur la problématique au sein du SPVM.

On y apprend qu'à Repentigny, les Noirs sont trois fois plus susceptibles d'être interpellés que les Blancs : ils représentent 17 % des cas, alors qu'ils ne constituent que 7 % de la population de la ville.

Les chercheurs, qui ont aussi pu s'entretenir avec les agents du service de police, affirment que ceux-ci sont dans le déni par rapport au profilage racial.

Ce qu'on observe quand on interroge les policiers, c'est qu'ils nient l'existence de profilage racial ou de racisme au sein de leurs effectifs, explique le professeur Mulone. Selon lui, ils le nient avec sincérité parce qu'ils ne pensent pas être racistes. Ils sont même contre les personnes racistes, souligne-t-il.

Dès le moment où vous dites que la police est raciste, c'est terminé. Les policiers se disent : "Je ne peux pas parler à quelqu'un qui dit quelque chose comme ça".

Une citation de :Massimiliano Mulone, professeur à l’École de criminologie de l’Université de Montréal

Le rapport se base sur les quelque 2400 interpellations réalisées par le service de police entre 2016 et 2019.

Un plan d'action pour remédier à la situation

La cheffe de police de Repentigny, Helen Dion, dit avoir reçu le rapport avec beaucoup d'humilité. Vous comprendrez que ce n'est jamais facile de recevoir un rapport négatif, a-t-elle convenu jeudi après-midi sur ICI RDI.

Pour tenter de remédier à la situation, le Service de police de la Ville de Repentigny (SPVR) a dévoilé en matinée jeudi un plan d’action de changement organisationnel basé sur une approche d’équité, de diversité et d’inclusion (Nouvelle fenêtre).

On ne s'arrêtera pas sur ça, a assuré sa directrice en entrevue. On a déjà commencé à travailler à regarder toutes nos pratiques pour être certains que les recommandations qui sont dans le rapport soient mises dans le plan d'action.

Helen Dion promet d’importants changements au sein de son service d’ici cinq ans.

Comme à Montréal

Les chercheurs – dont Victor Armony, qui est aujourd'hui candidat pour Projet Montréal dans l'arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce – soulignent par ailleurs dans leur rapport que la situation à Repentigny n'est pas différente de celle de Montréal ou d'ailleurs au pays.

Les conclusions du groupe ne surprennent pas le directeur du Centre de recherche-action sur les relations raciales, Fo Niemi, qui accompagne souvent des personnes victimes de profilage racial.

À un certain moment, les policiers de Montréal ont suivi une formation sur les réalités autochtones, et à mi-chemin, les personnes des ressources autochtones ont dû annuler le reste de la formation, tellement il y avait du déni, de la résistance et des réactions hostiles, raconte-t-il.

On voit qu'il y a un fossé au niveau de la compréhension, et aussi au niveau des attentes de citoyens vis-à-vis [de la] police.

Une citation de :Fo Niemi, directeur du Centre de recherche-action sur les relations raciales

Le rapport remis au SPVR note aussi que la majorité des policiers – tout comme une partie de la population – ne saisissent pas bien les notions de profilage racial et de racisme systémique.

Avec les informations de Marc Verreault

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