•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’Université de Sudbury devient laïque et officialise son statut francophone

L'enseigne de l'Université de Sudbury devant son édifice.

L'Université de Sudbury n'offre pas de cours cet automne alors qu'elle procède à une restructuration majeure.

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

L’Université de Sudbury, qui tente d’obtenir du financement gouvernemental afin de poursuivre ses activités, a adopté mercredi une résolution afin de se déconfessionnaliser et rompre officiellement ses liens avec l’Église catholique.

Fondée en 1913 par des jésuites, l’Université de Sudbury a fait partie pendant les 60 dernières années de la fédération de l’Université Laurentienne. Selon le recteur de l'Université de Sudbury, Serge Miville, la communauté jésuite ainsi que certains évêchés avaient toutefois gardé la possibilité de nommer des membres du Conseil des régents de l'Université.

La récente dissolution de l’entente de fédération par l’Université Laurentienne a paralysé les activités de l’Université de Sudbury, qui n’était plus en mesure d’obtenir du financement provincial de manière autonome.

L’établissement cherche désormais à devenir une université gérée par et pour les francophones, mais pour recevoir l’appui financier de la province, toute université publique doit entre autres renoncer à ses liens avec l’Église et devenir laïque. 

Serge Miville.

L'historien Serge Miville est le recteur de l'Université de Sudbury.

Photo : Soumise par l'Université de Sudbury

Le Conseil des régents de l’Université de Sudbury a pris la mesure en modifiant mercredi son règlement général.

Les membres du clergé ne pourront donc plus nommer qui que ce soit au sein des organes d'administration de l'Université, précise Serge Miville.

Le Conseil des régents est désormais un conseil de gouvernance qui, mercredi soir, a aussi officiellement francisé l'institution pour en faire une université de langue française, ajoute le recteur.

Ça change le statut linguistique de l'institution, toutes les délibérations du conseil de gouvernance vont dorénavant s'opérer en français et c'est une institution laïque. Ça faisait partie des conditions que demandait la province et puis c'était une demande de la communauté, fait savoir M. Miville.

« On répond à tous les critères en ce moment pour être en mesure de recevoir un financement public, et c'est vraiment important de l'obtenir parce qu'on cherche vraiment à moderniser la programmation en français dans la région [...], donc là, il n'y a plus rien qui nous empêche du point de vue réglementaire, de notre point de vue. C'est vraiment le temps de passer à la prochaine étape. »

— Une citation de  Serge Miville, recteur de l'Université de Sudbury
Carol Jolin est face à l'appareil photo.

Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol Jolin, se réjouit de l'étape franchie par l'Université de Sudbury.

Photo : Carol Jolin

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), qui soutient le projet de transformation de l’Université de Sudbury, indique se réjouir de l’annonce.

Au nom de l’AFO, je félicite l’Université de Sudbury, ainsi que son recteur, Serge Miville, pour tout leur travail pour transformer leur institution en université gouvernée par, pour et avec les francophones dans le Moyen-Nord de l’Ontario, déclare le président de l’organisme Carol Jolin dans un communiqué. 

Où en sont les démarches?

L'Université de Sudbury n'a pas pu accueillir d'étudiants cet automne, mais Serge Miville assure que les discussions [entre l'établissement et les gouvernements lui] semblent positives.

Ils n'ont pas eu à travailler avec nous depuis plus de 60 ans, et il y a beaucoup de choses qui ont changé dans ces 60 dernières années, donc on est en train de rétablir les ponts avec les ministères à la fois au gouvernement provincial et fédéral, note-t-il.

Il rappelle que tous les principaux partis fédéraux actuellement en campagne électorale se sont engagés à soutenir l'établissement qu'il dirige.

« On sait que le financement fédéral va être là, tout ce qui reste à faire maintenant, c'est que la province accepte les fonds fédéraux, parce que peu importe qui sera au gouvernement, ces fonds existent. »

— Une citation de  Serge Miville, recteur de l'Université de Sudbury

Il dit attendre une discussion avec la ministre des Collèges et des Universités de l'Ontario, Jill Dunlop, mais indique que les échanges déjà entrepris avec les hauts fonctionnaires de la province et du gouvernement fédéral sont constructifs.

Le courant passe bien, [...], donc on demeure optimiste, conclut-il.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !