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Les soins de longue durée, une priorité des partis fédéraux

L'affiche extérieure du centre de soins de longue durée est devant l'établissement sur un terrain gazonneux couvert de neige.

Le foyer de soins de longue durée Southbridge Roseview a été l'un de ceux les plus touchés par la pandémie de COVID-19 dans le Nord de l'Ontario. (archives)

Photo : Radio-Canada / Matthew Vis

Un peu partout au pays, le faible niveau de qualité des services dans plusieurs foyers de soins de longue durée a été mis au grand jour par la pandémie. Les partis fédéraux ont pris des engagements, même s’il s’agit d’un dossier de compétence provinciale.

La situation a notamment été dramatique au foyer Southbridge Roseview à Thunder Bay, où 20 résidents sont décédés l’hiver dernier des suites de la COVID-19.

C’est presque le tiers des décès causés par la COVID-19 qui ont été recensés dans le district de Thunder Bay depuis le début de la pandémie.

Le foyer a été écorché par la province, car il ignorait les mesures de protections des infections.

Ailleurs en Ontario, des foyers de soins de longue durée ont été blâmés par un rapport de l’armée, qui était venue en renfort au début de la pandémie.

La place du secteur privé

Le NPD veut non seulement établir des normes pancanadiennes pour assurer l’uniformité des services d’un océan à l’autre, mais Jagmeet Singh veut carrément nationaliser les soins de longue durée.

Le profit ne devrait jamais être le premier critère avec nos aînés, soutient la candidate néo-démocrate dans la circonscription de Thunder Bay—Rainy River, Yuk-Sem Won.

Il faut vraiment avoir une manière de s’assurer que l’argent va pour les soins.

Une citation de :Yuk-Sem Won, candidate néo-démocrate dans la circonscription de Thunder Bay—Rainy River

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, n'excluait d’ailleurs pas d’intégrer les foyers de soins de longue durée au réseau de la santé de la province, à la suite du rapport accablant de l’armée.

Yuk-Sem Won, candidate néo-démocrate, pose pour une photo.

Yuk-Sem Won affirme que les soins de longue durée sont sous-financés. (archives)

Photo : Radio-Canada / Miguel Lachance

Mme Won critique les gouvernements conservateurs et libéraux des dernières décennies. On a vu qu’il y a un manque de subvention et de soutien.

Patty Hajdu, la ministre sortante de la Santé, croit que le NPD a une vision trop simpliste de la situation.

Il y a des foyers privés qui sont très bons, et il y en a des privés qui sont moins bons, nuance la ministre de la Santé. Chaque lit, chaque espace est important pour chaque communauté.

Une citation de :Patty Hajdu, ministre sortante de la Santé

Mme Hajdu, qui sollicite un troisième mandat comme députée de Thunder Bay—Supérieur Nord, met l’accent sur l’importance des inspections et de l’imputabilité des foyers.

Comme le NPD, le Parti libéral prône également la standardisation des soins partout au pays.

Les transferts de fonds aux provinces, qui ont la responsabilité des soins de longue durée, seraient conditionnels au respect de ces normes, explique Mme Hajdu.

Patty Hajdu accorde une conférence de presse.

La ministre sortante de la Santé, Patty Hajdu, affirme que les libéraux ont déjà commencé les discussions en vue de la création de normes pancanadiennes pour les soins de longue durée.

Photo : David Kawai

Il y a des provinces où il y a déjà des standards, mais ils ne sont pas toujours respectés, ajoute-t-elle.

La candidate conservatrice dans Thunder Bay—Rainy River, Adelina Pecchia, admet que le secteur privé a connu des ratés, et affirme que les entreprises qui gèrent des centres de soins de longue durée devraient être davantage imputables.

Mélanie Bourassa Forcier, directrice des programmes de droit et de politiques de la santé à l’Université de Sherbrooke, ne croit pas que la nationalisation viendrait régler les problèmes de qualité des soins.

Il faut utiliser toutes les ressources à notre disposition. C’est une question de financement et de gestion des ressources, affirme-t-elle.

Elle explique aussi qu’il existe déjà des systèmes de contrôle de la qualité, mais qui ne communiquent pas entre eux.

L’idéal, selon elle, serait d’avoir une plateforme qui permettrait à quiconque de voir les résultats des inspections pour un foyer donné, ainsi que les mesures qui ont été prises pour corriger les situations problématiques.

Mme Bourassa Forcier croit aussi que le fédéral devrait modifier la Loi canadienne sur la santé, adoptée en 1984, qui accorde trop d’importance, selon elle, aux soins donnés dans un milieu hospitalier, et pas assez aux autres services.

La Loi canadienne sur la santé indique les conditions et les critères pour obtenir la totalité des paiements de transfert en santé.

Elle raconte que lorsque la loi a été écrite, l’accent était sur les gestes médicaux, comme soigner des blessures. C’était parfois même tabou de penser au bien-être ou même à la santé mentale.

Soutien aux aidants naturels

Un des objectifs du plan du chef conservateur Erin O’Toole est d’aider les aînés à éviter de se retrouver dans un foyer de soins de longue durée.

Le Parti conservateur promet de modifier le crédit d’impôt pour l’admissibilité domiciliaire, le faisant passer de 10 000 $ par logement à 10 000 $ par personne.

Ils s'engagent à permettre aux aînés ou aux aidants naturels de réclamer le crédit d’impôt pour frais médicaux pour les soins à domicile.

À l’heure actuelle, le crédit est seulement disponible pour les aînés qui vivent dans un foyer de soins de longue durée.

Les conservateurs proposent aussi un versement de 200 $ par mois pour les Canadiens qui vivent avec une personne âgée de plus de 70 ans et qui en prennent soin.

La professeur Mélanie Bourassa Forcier affirme que pour que cela fonctionne, il faut que les gens qui reçoivent ces fonds les utilisent vraiment pour prendre soin d'un proche.

Ce dossier tient particulièrement à cœur à la candidate conservatrice Adelina Pecchia.

Les aidants naturels au Canada sont souvent incompris et peu respectés.

Une citation de :Adelina Pecchia, candidate du Parti conservateur dans la circonscription de Thunder Bay—Rainy River

Elle a elle-même été aidante naturelle, pour permettre à son père de finir ses jours à la maison plutôt que dans un centre de soins de longue durée, comme ça a été le cas pour sa mère.

Adelina Pecchia sur un pont.

Adelina Pecchia, candidate conservatrice dans Thunder Bay—Rainy River, croit que le rôle des aidants naturels devrait être davantage valorisé.

Photo : Avec la permission d'Adelina Pecchia

Je n’ai pas reçu de crédit d’impôt, raconte-t-elle. Elle affirme qu’elle a pu y survivre grâce à l’assurance-emploi.

Le parti d’Erin O’Toole prévoit aussi des investissements de trois milliards de dollars pour rénover les foyers de soins de longue durée.

Un problème qu’on aurait dû voir venir

Amanda Moddejonge, candidate du Parti vert dans Thunder Bay—Supérieur Nord, a une expérience en gestion de crise, notamment pour la préparation pour les pandémies.

Elle raconte que lors d’une conférence à laquelle elle a assisté, autour de 2006, le constat était que le Canada n’était pas prêt à affronter une pandémie. De 2006 à 2020, il n’y a eu aucun progrès.

Un portrait d'Amanda Moddejonge.

Amanda Moddejonge déplore que plusieurs foyers de soins de longue durée n'aient pas isolé les personnes atteintes de COVID-19 pour limiter la transmission de la maladie.

Photo : Avec la permission d'Amanda Moddejonge

Avec plusieurs collègues, depuis des années, je "crie" très fort que les foyers de soins de longue durée sont un problème , affirme Mme Moddejonge.

Dans certains cas, les gens sont "entreposés" dans ces centres. Ils n’obtiennent pas nécessairement les soins qu’ils devraient recevoir.

Une citation de :Amanda Moddejonge, candidate du Parti vert du Canada dans Thunder Bay—Supérieur Nord

Tout comme la ministre sortante de la Santé, Mme Moddejonge croit que le secteur privé a sa place, mais avec des standards élevés, surtout pour éviter la propagation de maladies.

Je comprends que les soins ont un coût, mais c'est souvent l’administration qui coûte cher, et non les soins eux-mêmes, ajoute-t-elle. Nous avons besoin d’un meilleur système.

Les décideurs ont le droit d’être bien payés, mais quand les gestionnaires font jusqu’à un demi-million de dollars par année, et que les travailleurs de première ligne font 30 000 $, c’est un problème.

Une citation de :Amanda Moddejonge, candidate du Parti vert du Canada dans Thunder Bay—Supérieur Nord

À ce propos, son opinion se rapproche de celle de son adversaire libérale et de celle de la candidate néo-démocrate dans la circonscription voisine.

Patty Hajdu souligne que les libéraux veulent garantir un salaire minimum de 25 $ de l’heure pour les préposés aux services de soutien.

De son côté, Yuk-Sem Won répète que le financement, particulièrement en provenance du fédéral, ne devrait pas servir à offrir des bonus aux gestionnaires ou des dividendes aux actionnaires, mais servir à améliorer les services.

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