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Et si l’alzheimer trouvait son origine dans le foie?

Illustration montrant le cerveau humain et des neurones.

Le cerveau contient des milliards de neurones. L’alzheimer est caractérisé par la présence de deux types de protéines (bêta-amyloïde ou tau) qui empêchent le transfert de signaux entre ces cellules nerveuses.

Photo : iStock

L’une des causes de la maladie d'Alzheimer se trouverait dans le passage par le sang de protéines toxiques du foie vers le cerveau, affirment des scientifiques australiens.

Le Pr John Mamo et ses collègues de l’Université Curtin pensent que leurs travaux menés sur des souris établissent une probable voie sang-cerveau menant à l’apparition de la maladie d'Alzheimer.

Les deux caractéristiques de la présence de l’alzheimer dans le cerveau :

  • Les plaques de protéine bêta-amyloïde ou A bêta. Lorsque ces molécules A bêta s’agrègent dans le cerveau, elles forment des plaques qui bloquent le transfert de signaux entre les neurones.
  • Les amas fibreux de la protéine tau. Dans un cerveau malade, les protéines tau s’affaissent et s’enroulent, formant des enchevêtrements qui empêchent les nutriments d’atteindre les neurones.

L’itinéraire des protéines bêta-amyloïdes

Si nous savions déjà que l'accumulation progressive de dépôts de protéines bêta-amyloïdes dans le cerveau est l’une des caractéristiques principales de la maladie, nous ne savions pas d'où elles provenaient ni pourquoi elles se déposaient dans le cerveau, explique le Dr Mamo dans un communiqué publié par l’université.

Nos travaux montrent que ces protéines toxiques […] arrivent probablement au cerveau grâce aux lipoprotéines, des particules graisseuses qui se trouvent dans le sang, poursuit le chercheur.

Cette nouvelle connaissance pourrait éventuellement mener à de nouveaux traitements.

L’identification de cette voie sang-cerveau est importante, car si nous réussissons à gérer les niveaux de lipoprotéine amyloïde dans le sang et empêcher leur passage dans le cerveau, il serait ainsi possible de prévenir la maladie ou de ralentir la perte de mémoire, ajoute le Dr Mamo.

Pour arriver à établir la relation foie-sang-cerveau dans la survenue de cette démence, les chercheurs se sont basés sur des études précédentes dont les résultats laissaient à penser que la bêta-amyloïde était fabriquée à partir de lipoprotéines à l'extérieur du cerveau.

Le Pr Mamo et ses collègues ont testé la voie sang-cerveau en modifiant génétiquement des souris pour qu’elles produisent de l'amyloïde humaine uniquement dans le foie au moment de la fabrication des lipoprotéines.

Nos résultats ont révélé que les modèles de souris produisant de la lipoprotéine amyloïde dans le foie souffraient d'une inflammation du cerveau, d'une accélération de la mort des cellules cérébrales et d'une perte de mémoire, constate le Pr Mamo.

Repères

L'alzheimer est la cause la plus fréquente de démence. Pas moins de 564 000 Canadiens sont actuellement atteints d’alzheimer ou d’une maladie apparentée. Dans 15 ans, ils seront 937 000, estime la Société Alzheimer du Canada.

D’autres études nécessaires

L’équipe australienne entend maintenant poursuivre ses travaux, mais estime que sa découverte laisse à penser que la présence des protéines toxiques dans le sang pourrait être contrôlée grâce à une alimentation ciblée ou par des médicaments qui diminueraient la présence de la lipoprotéine amyloïde, réduisant ainsi leur risque ou ralentissant la progression de la maladie d'Alzheimer.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue PLOS Biology (Nouvelle fenêtre) (en anglais)

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