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Les entreprises néo-brunswickoises se préparent à l’implantation du passeport vaccinal

Un serveur nettoie une table.

Les entreprises ont une semaine pour s'ajuster à une nouvelle étape dans la lutte contre la COVID-19.

Photo : iStock

Une preuve de vaccination pour accéder à de nombreux services et entreprises sera exigée au Nouveau-Brunswick dès mercredi. Les entreprises ont une semaine pour s'ajuster à une nouvelle étape dans la lutte contre la COVID-19.

La nouvelle mesure annoncée par le premier ministre Blaine Higgs n’a pas surpris la propriétaire des restaurants Guacamole à Moncton, Dominique Ratté. Avec les nouveaux cas qui se sont présentés, on s’attendait un peu à cela, dit-elle.

On doit se réajuster, et demander encore à nos employés de mettre un peu plus de pain à la planche, et rebâtir nos équipes en conséquence. Puis c’est sûr, on a encore beaucoup de questions, dit Dominique Ratté.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, s’est montré rassurant, mercredi : Je sais que les entreprises auront des questions et nous aurons des ressources pour leur répondre, a-t-il dit.

Les propriétaires d’entreprises qui ont des questions concernant ces règles peuvent communiquer avec les navigateurs d’affaires au 1-833-799-7966 ou à l’adresse nav@navnb.ca.

Ressources supplémentaires

Plusieurs des employés de Dominique Ratté ont repris leurs études ces dernières semaines. De nouveaux employés viennent de compléter leur formation et elle indique que ses troupes commencent tout juste à reprendre leur souffle.

Elle affirme qu’avec les mesures annoncées mercredi, elle doit maintenant envisager d’ajouter un employé de plus à la porte de chacun de ses restaurants pour faire exiger les preuves de vaccination.

Ça demande encore d’autres ressources que déjà on a de la misère à trouver dans les restaurants , dit-elle. C’est quand même des coûts qui s’ajoutent à toutes nos opérations, et qui ne nous apportent pas vraiment quelque chose. Puis, on va sûrement voir le trafic diminuer dans les prochaines semaines avec ces annonces-là.

Dominique Ratté devant la porte d'un des restaurants Guacamole.

Dominique Ratté devant la porte d'un des quatre restaurants Guacamole.

Photo : Radio-Canada

Selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, sept PME sur dix sont endettées dans le pays depuis le début de la pandémie.

Le directeur principal des Affaires législatives du Canada Atlantique de la FCEI, Louis-Philippe Gauthier, souligne que 60 % des petites et moyennes entreprises néo-brunswickoises se trouvent encore à des niveaux plus faibles de revenus qu’avant la pandémie.

Alors, il y a certaines inquiétudes, que ça pourrait avoir un impact sur les revenus, estime-t-il.

Selon Louis-Philippe Gauthier, le potentiel recrutement de nouveaux employés entraînera de plus grandes dépenses.

Surtout dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, ajoute-t-il. On a évidemment demandé au gouvernement s’il va pouvoir nous apporter de l’aide, à nos membres. […] Sur ce point-là, on reste un peu sur notre faim, alors on va continuer à cogner à la porte du gouvernement.

Demander ou non la vaccination à ses employés

Les employés des entreprises visées par les nouvelles mesures n’auront pas l’obligation d’être vaccinés. Le gouvernement du Nouveau-Brunswick laisse aux propriétaires le choix des politiques qu’elles mettront en place.

Pour sa part, le FCEI recommande aux entreprises de mettre en place une politique interne pour les employés sur la vaccination, qui doit inclure une option pour ceux qui refuseront le vaccin.

Une femme masquée tient une aiguille et une fiole du vaccin dans ses mains.

En date du 15 septembre, 77,2 % des Néo-Brunswickois admissibles ont reçu deux doses du vaccin et que 85,7 % ont eu une dose.

Photo : Radio-Canada / Robert Short

Louis-Philippe Gauthier donne en exemple qu’au sein de la fonction publique, l’employé qui ne présente pas une preuve de double vaccination devra porter un masque en tout temps et subir régulièrement des tests de dépistage.

Certaines entreprises vont choisir de faire cela au niveau de leur force ouvrière, comme étant une mesure à implanter dans leur entreprise pour assurer un environnement de travail sécurisé pour leurs employés, avance-t-il.

Mais il y aura toujours une nécessité d’avoir un accommodement pour les gens qui refusent, parce qu’essentiellement ça ouvrirait l’entreprise à des plaintes devant la commission des droits humains.

Manque de préparation, dit l'opposition

Le chef de l'opposition officielle à Fredericton, Roger Melanson, aimerait que la vaccination soit aussi requise des travailleurs qui sont en contact avec le public. On veut que tout le monde dans un environnement fermé comme ça soit pleinement vacciné, dit-il.

M. Melanson se satisfait de l’annonce, que les libéraux réclamaient, mais juge que le gouvernement Higgs a traîné la patte.

Il croit par exemple que l’absence d’une méthode électronique de vérification du statut vaccinal, comme un code QR, est causée par le fait que le gouvernement réagit aux récentes éclosions et n’a rien fait pour se préparer durant l’été. 

Au Parti vert, le député de Kent-Nord, Kevin Arseneau, estime aussi qu’une meilleure planification aurait permis au gouvernement de lancer une mesure accompagnée d’une structure plus moderne. Je trouve ça un peu 1988, ironise-t-il.

L'aspect papier va compliquer les choses, surtout pour les entreprises, dit M. Arseneau.

Le député observe cependant que la preuve de vaccination donnera accès à des services non essentiels qui étaient limités par le virus. C’est donc à son avis une façon de récompenser plutôt qu'une façon de punir, c'est important si on veut assurer une bonne implémentation d'un programme comme ça.

Une situation délicate pour les entrepreneurs

De son côté, l'entreprise de Dominique Ratté n'a pas encore établi de lignes directrices sur la vaccination.

C’est quelque chose qu’on va pousser et encourager, mais au niveau de l’imposer, on n’a pas eu la discussion encore là dessus, je ne sais pas où on va se tenir avec cela, explique-t-elle, rappelant que certains employés peuvent avoir des conditions médicales et que d’autres sont encore craintifs face au vaccin.

Nos équipes sont déjà épuisées et fragiles, dans certains cas. On en demande beaucoup, puis c’est difficile de soutenir cela. On a une belle participation quand même, mais de demander et demander, ça devient délicat aussi.

Une citation de :Dominique Ratté, propriétaire des restaurants Guacamole
Plusieurs restaurants dans un centre commercial.

La devanture du restaurant Guacamole du centre commercial Champlain de Moncton.

Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle

Mais d'une façon ou d’une autre, impossible d’exiger la vaccination au sein de son entreprise rapidement sans créer de problèmes de main d'œuvre.

Si l’on exige cela pour la semaine prochaine, on va certainement perdre quelques joueurs, puis vraiment, dans les dernières semaines, ça a été tout un casse-tête d’avoir juste les ressources pour être capable de demeurer ouvert sept jours semaine, explique-t-elle.

Dominique Ratté s'attarde pour le moment à rebâtir ses équipes pour se préparer à l'entrée en vigueur le 22 septembre de la nouvelle exigence.

Protection des entreprises

Avant l’annonce de mercredi, la FCEI avait envoyé une lettre de recommandation à Blaine Higgs.

Elle y indiquait que 61 % des membres néo-brunswickois avaient des inquiétudes par rapport aux implications légales de l’obligation de preuve vaccinale.

De ce côté-là, le gouvernement, pour nous, a fait bonne route […] Nos recommandations au gouvernement ont été écoutées, dit Louis-Philippe Gauthier. Parce que, les craintes, évidemment, c’est à partir du moment où l’on bloque l’accès à un commerce, c’est d’avoir des poursuites de nature de droits humains. Alors cette composante là, je vous dirais que c’est satisfaisant.

Louis-Philippe Gauthier, directeur principal des Affaires législatives du Canada Atlantique de la Fédération canadienne des entreprises indépendantes.

Louis-Philippe Gauthier affirme que les affiches officielles qui seront offertes aux commerces sont les bienvenues, car elles permettent de montrer au client que l’entreprise répond à un ordre du gouvernement.

Photo : Radio-Canada

Si un client refuse de se plier aux exigences gouvernementales à l’intérieur d’un commerce, son refus constitue un non-respect de la loi, et l’employé responsable n’aura d'autre choix que de contacter les forces de l’ordre pour signaler le problème.

Demander la preuve vaccinale pour les clients, pour les entreprises qui sont visées par l’ordre, c’est obligatoire. S’ils ne le font pas, elles peuvent être assujetties à des amendes.

Une citation de :Louis-Philippe Gauthier, directeur principal des Affaires législatives du Canada Atlantique de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante

On a eu les mêmes inquiétudes quand on a implanté le mandat des masques, souligne toutefois Louis-Philippe Gauthier. On va espérer que le public va comprendre que les petites entreprises ne le font pas par leur propre choix de bloquer les commerces, c’est un ordre du gouvernement. Alors, se défouler envers l’entrepreneur [et les employés], on va espérer que ça n’arrive pas.

Avec les informations de l’émission de radio La matinale et de Pascal Raiche-Nogue

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