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Pénurie de personnel sans précédent dans les services de garde en milieu scolaire

Un enfant joue aux lego

À Québec, les centres de services scolaires des Découvreurs et de la Capitale ont chacun une trentaine de postes d'éducateurs à combler (archives).

Photo : Radio-Canada

Le manque de personnel dans les services de garde en milieu scolaire atteint des sommets à Québec et dans la province. Seulement au Centre de services scolaire des Premières-Seigneuries, près d’une centaine de postes d’éducateurs sont toujours à combler.

Les responsables des embauches au Centre de services scolaire des Premières-Seigneuries font des pieds et des mains, depuis des semaines, pour tenter de trouver des employés.

Ils ont lancé une campagne sur les réseaux sociaux, approché des étudiants dans les cégeps et les universités, ainsi que des retraités. Même s’il y a eu environ 70 embauches dans les derniers jours, les besoins sont toujours criants.

Ce n’est pas facile de recruter du personnel pour les services de garde en milieu scolaire. La pénurie touche tous les centres. Les horaires coupés sont aussi moins attirants, affirme la directrice des communications du Centre de services scolaire des Premières-Seigneuries, Martine Chouinard.

Martine Chouinard accorde une entrevue à la journaliste de Radio-Canada Alexandra Duval.

Martine Chouinard affirme que la pénurie de personnel touche l'ensemble des services de garde en milieu scolaire (archives).

Photo : Radio-Canada

Les centres de services scolaire des Découvreurs et de la Capitale ont chacun une trentaine de postes d'éducateurs à combler.

Des enseignants, des secrétaires, des membres de la direction et même parfois des parents, dans certaines écoles, viennent prêter main-forte au service de garde.

Les années passées, on réussissait toujours à combler à la dernière minute nos postes en prévision de la rentrée scolaire. Cette année, c'est plus du double de postes que nous avions à combler, en comparaison avec la situation habituelle, à l'aube de la rentrée, illustre le directeur général du Centre de services scolaire des Découvreurs, Christian Pleau.

Il a d'ailleurs envoyé une lettre à tous les parents afin de les aviser de la situation et de demander leur collaboration.

Des solutions alternatives pourraient être mises en place, comme l'ajout d'un transport scolaire le midi.

Trop peu, trop tard

Les syndicats affirment que cette situation était prévisible et que le gouvernement a tardé à agir.

Depuis 2013, la Fédération dit haut et fort au gouvernement qu'on s'enligne vers le mur. Là, malheureusement, ça nous frappe de plein fouet, affirme le président de la Fédération du personnel de soutien scolaire, Éric Pronovost.

Un homme avec des lunettes, debout devant un panneau sur lequel on peut lire Fédération du personnel de soutien scolaire (CSQ).

Éric Pronovost estime que la situation actuelle aurait pu être évitée (archives).

Photo : FPSS-CSQ

Centre de services scolaire des Premières-Seigneurie, les ratios ont été augmentés, le temps de trouver des solutions. Les nouvelles inscriptions aux services de garde sont aussi impossibles. Les enfants sont placés sur des listes d’attente.

Surcharge de travail

Le président du Syndicat du personnel de soutien des Premières Seigneuries dénonce la surcharge de travail. Dominic Latouche observe plusieurs départs en congé de maladie depuis le début de l’année scolaire.

Quand on parle d'une éducatrice pour 43 enfants, c’est un peu plus du double du ratio normal. C'est une charge de travail qui est incroyable. Ce sont des situations pour nous qui sont inacceptables, affirme-t-il.

Les travailleurs du milieu de l’éducation ont l’impression d’être sacrifiés au profit du système de santé.

Au début de la pandémie, le premier ministre Legault a appelé des candidatures à venir travailler comme préposés aux bénéficiaires. C'est venu vider notre réseau. Les CIUSSS appellent directement les travailleurs chez nous, pour offrir des postes à 35 heures semaine. C'est grave. On priorise la santé, mais au Québec, il y a l'éducation à prioriser aussi, martèle Éric Pronovost.

Valoriser la profession

Les syndicats soutiennent que la solution va passer, comme ç'a été le cas pour les enseignants, par de meilleures conditions de travail et la valorisation du métier d’éducateur en service de garde.

Il faut lancer le message que la pénurie n'arrêtera pas, à moins de conditions de travail gagnantes. Il pourrait par exemple y avoir des primes temporaires, des primes de dépassement de ratio ou des horaires plus intéressants, illustre Dominic Latouche.

Les gens veulent des conditions de travail. On a peur de donner des permanences à ces gens-là. Tant qu'on n'investit pas en permanence, on va perdre des gens. C’est un cri du cœur qu’on lance, ajoute Éric Pronovost.

Avec la collaboration de Colin Côté-Paulette.

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