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Les meilleurs souvenirs de hockey du Centre Robert-Guertin

Des joueurs de hockey se félicitent sur le bord de la baie vitrée après avoir marqué un but pendant un match.

Regardez le reportage de Jonathan Jobin retraçant des années de souvenirs au Centre Robert-Guertin.

Photo : Getty Images / Andre Ringuette

Depuis son ouverture, dans les années 50, le Centre Robert-Guertin fait vibrer les partisans de hockey, mais il a aussi été le théâtre de soirées de boxe, de galas de lutte et d’événements d’arts martiaux mixtes. Les grands événements ont été nombreux dans cet amphithéâtre mythique, mais c’est le hockey qui a le plus marqué l’endroit. Radio-Canada revisite ici les meilleurs souvenirs de plusieurs membres de l’organisation des Olympiques de Gatineau.

Les joueurs des Olympiques de Gatineau participent à un exercice lors d'un entraînement au Centre Robert-Guertin

Les joueurs des Olympiques de Gatineau, lors d'un entraînement au Centre Robert-Guertin

Photo : Radio-Canada / Jonathan Jobin


Luc Chénier

Luc Chénier a joué 178 matchs dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), dont 102 rencontres avec les Olympiques de Hull. Il a fait partie de la première équipe championne de la Coupe du Président en Outaouais, en 1986, avec Guy Rouleau, Luc Robitaille, Pat Brisson et Benoît Brunet.

Des employés sont sur une galerie de presse avec des partisans en bas.

Luc Chénier (debout avec une chemise saumon) a décrit et analysé plus de 1000 matchs des Olympiques de Gatineau.

Photo : Gracieuseté de Carole Maheux

Les gens sont tellement près de la patinoire à Guertin. Le bruit, la foule, c’est incroyable. Même quand l’aréna était moins rempli, il y avait une bonne ambiance, alors imagine-toi avec 5000 spectateurs. C’est juste complètement fou! Venir jouer ici, c’était très très difficile. J’ai joué avec les Bisons de Granby et je peux te dire que des joueurs essayaient d’oublier leurs patins quand on venait à Hull pour ne pas jouer, rigole Chénier, qui est originaire de l’Outaouais et a vécu les matchs des Festivals de Hull dans les années 70.

Un joueur de hockey parle à son entraîneur.

Luc Chénier en discussion avec Pat Burns au banc des joueurs dans les années 80.

Photo : Radio-Canada

J’ai tellement de bons souvenirs de notre coupe. C'était incroyable, il y avait sept ou huit rangées debout à Guertin. Les bancs étaient pleins. C’était avant les changements à Guertin, qu’on agrandisse les allées. Il y avait du monde même assis dans les marches jusqu’en bas. Tu étais sur la patinoire et tu sentais une vibration. Tu regardais le tableau indicateur et tu voyais un nuage de fumée parce que les gens avaient le droit de fumer à l’intérieur, se souvient l'ancien joueur.

Des joueurs de hockey célèbrent un but sur la patinoire, ils portent un chandail noir et gris.

Luc Chénier a joué notamment avec le Hullois Stéphane Richer et Luc Robitaille avec les Olympiques.

Photo : Gracieuseté de Luc Chénier

Quand on a gagné, les gens sont sautés sur la patinoire. Il y avait environ 1000 personnes. Ça se fait plus maintenant, ils restent dans les gradins, mais cette première coupe, les spectateurs étaient sur la patinoire pour célébrer avec nous. 15 matchs de séries, aucune défaite, ça n'a jamais été battu dans la Ligue canadienne. C’était la frénésie dans la ville. Le Centre Robert-Guertin, c’est là qu’on a vu la capacité de cet aréna d’intimider les joueurs adverses et c’était le début d’une grande organisation, est convaincu Chénier.

Anecdote

Je vais toujours me souvenir d’un match hors concours contre les Foreurs de Val d’Or. L'arbitre a arrêté le jeu parce qu’il y avait un problème dans un coin de patinoire. Tu ne pouvais pas aller là parce que la glace était fondue, c’était sur le ciment. Au lieu d’arrêter le match, on a mis des cônes et on a demandé aux joueurs de ne pas aller dans ce coin-là. On a beaucoup entendu parler des bris d’équipement à Guertin, mais c’était magique. Tu te disais… c’est juste ici que ça peut arriver. Ça ne pourrait pas arriver nulle part ailleurs au Québec.

Des joueurs sur une patinoire embrumée

Un match des Olympiques a été arrêté en septembre 2017 en raison de la brume qui s'est formée sur la glace du Centre Robert-Guertin.

Photo : Radio-Canada


Martin Ménard

Le Hullois a récolté 59 buts et 141 points en 60 matchs de saison régulière et 35 points en 14 rencontres éliminatoires en 1997. Il a participé à la conquête de la seule Coupe Memorial de l’histoire des Olympiques, devant ses partisans, au Centre Robert-Guertin. L’organisation a retiré son chandail numéro 25 en 2019.

Pour moi, Guertin c’est très spécial. Quand j’étais jeune, je suis tombé en amour en allant voir les éditions de 85 à 87. J’y allais avec mon père et je trouvais ça tellement impressionnant. J’ai eu la chance quelques années plus tard pas juste de jouer, mais de remporter des championnats avec l’organisation, mentionne l'ancien attaquant.

Un ancien joueur de hockey se tient devant une affiche avec son numéro

L'ancien attaquant des Olympiques Martin Ménard au moment de voir son numéro 25 hissé dans les hauteurs de Guertin

Photo : Radio-Canada / Jonathan Jobin

Robert-Guertin c’est une place mythique, une place spéciale pour les joueurs. On sentait la foule qui était avec nous. Mais, il faut donner le crédit à M. [Charles] Henry. Quand tu bâtis des équipes talentueuses et compétitives, qui pouvaient se défendre, ça a aidé à amener du monde dans l’aréna. En plus, j’ai joué dans une année de lock-out dans la Ligue nationale alors c’était le seul hockey compétitif que les gens avaient. Ça faisait une grosse différence, ajoute Ménard qui a joué quelques saisons chez les professionnels après son passage avec les Olympiques.

Quand tu vis dans le moment présent, tu ne penses pas aux choses qui brisent ou à l’aréna qui vieillit. Pour moi, Robert-Guertin, c’était un des plus beaux amphithéâtres de la Ligue et je suis content d’avoir joué dans ces années-là!

Une citation de :Martin Ménard, ancien attaquant des Olympiques de Gatineau
Un joueur de hockey lève son bras dans les airs après avoir marqué un but.

Martin Ménard célèbre un but contre les Harfangs de Beauport.

Photo : Gracieuseté de Martin Ménard

Anecdote

Avant chaque match, on jouait au soccer un peu pour se réchauffer devant la boutique de souvenirs. Il y avait Jean-Guy Trudel, Pavel Rosa, José Théodore et moi notamment. On se passait le ballon et on avait brisé la vitre de la boutique. Disons que nous sommes partis vite pour aller s’habiller pour le match. On ne s'est jamais fait reprocher ça. Les joueurs qui étaient là étaient assez importants alors je crois qu’ils ont laissé passer ça, rigole Ménard.

Il y a tellement eu de moments spéciaux. Une fois, on était tous assis dans la chambre et M. Henry voulait nous présenter quelqu’un, c’était Wayne Gretzky. Il nous a tous serré la main. La chair de poule, tu l’avais pas à peu près quand tu écoutais l’hymne national devant plus de 4000 personnes. Il faut se souvenir de Guertin pour ces beaux moments!


Deux joueurs se bagarrent devant les yeux attentifs d'autres joueurs.

Tommy Tremblay lors d'une bagarre contre un joueur du Junior de Montréal. On voit au banc de l'adversaire les entraîneurs Pascal Vincent et Dominique Ducharme.

Photo : Gracieuseté de Carole Maheux

Tommy Tremblay

L’attaquant n’a joué que 74 matchs dans l’uniforme des Olympiques, mais il a été apprécié des partisans en raison de sa fougue et de sa combativité. À sa seule saison à Gatineau, il a été nommé capitaine adjoint et a joué un rôle important pendant les séries de 2011, avec 11 points en 22 rencontres, lorsque l’équipe a atteint la grande finale de la Coupe du Président. Gatineau s’était incliné en six matchs contre les puissants Sea Dogs de Saint-Jean après avoir écarté l’Océanic, les Voltigeurs et les Remparts dans les rondes précédentes.

Deux joueurs sont un à côté de l'autre en attendant la mise au jeu lors d'une partie de hockey.

Tommy Tremblay (23) n'a joué qu'une seule saison avec les Olympiques de Gatineau en 2010-2011, mais il garde des souvenirs vifs du Centre Robert-Guertin.

Photo : Gracieuseté de Tommy Tremblay

Les bannières affichées en haut et l’histoire de l’organisation des Olympiques, c’est prestigieux. L’ambiance est tellement différente en rentrant à Guertin. Quand tu es adversaire, tu sens la confiance qui se dégage de l’autre côté sans même savoir elle vient d’où! Ça été notre château fort pendant les séries de 2011. En revenant de Drummondville, on perdait 2 à 0. Quand on est sorti pour l’échauffement, il y avait la vague de spectateurs et le fantôme derrière le filet. On a réalisé qu’on était en éliminatoires pour de vrai. L’ambiance était survoltée, se remémore Tremblay.

Une personne déguisée en fantôme patrouille le derrière du filet pendant un match de hockey.

Personne ne sait qui se cache sous le costume de fantôme des séries au Centre Robert-Guertin.

Photo : Gracieuseté de Carole Maheux

J’ai eu une pénalité après une bagarre et les partisans se sont rassemblés autour du banc des pénalités. Ça criait de drôles de choses! Il y avait de l’ambiance et de l’émotion. Ça nous a propulsé dans la série. On a gagné les quatre matchs, dont trois à domicile et c'était même pas proche. On a poussé les Sea Dogs dans leurs derniers retranchements en finale. Personne n’aurait crû, rappelle l'ancien joueur.

Deux joueurs se bagarrent pendant un match de hockey.

Tommy Tremblay a récolté sa part de points avec les Olympiques, mais il est aussi connu pour avoir utilisé ses poings à plusieurs occasions.

Photo : Gracieuseté de Tommy Tremblay / Ms Olympiques

Ils ont l'impression, et toi aussi, qu'ils font partie de l'équipe. Quand tu fais quelque chose de bien, tu comptes un but, tu donnes une grosse mise en échec, pour des joueurs d’énergie ça te propulse et ça t'amène à vivre des émotions que tu ne retrouves nulle part. Déménager, c’est un mal nécessaire. Je souhaite que l’énergie et l'émotion se transportent dans le nouveau bâtiment parce que ça fait la réputation des Olympiques, c’est un cachet de plus. Je suis triste de voir que Guertin ne recevra plus de matchs de séries, mais je suis content pour l’organisation qui aura de très beaux moments au Centre Slush Puppie.

Jouer à Guertin, c’est le plus beau feeling que tu peux avoir en tant que joueur de hockey. Tu sens que les gens apprécient ce que tu fais et t’encouragent.

Une citation de :Tommy Tremblay, ancien joueur des Olympiques
Les Olympiques de Gatineau avant le match #4 face aux Tigres de Victoriaville

Les Olympiques de Gatineau avant un match de séries en 2018.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Jobin

Anecdote

Il n’y avait pas de baie vitrée derrière le banc quand je jouais. Quand tu étais à la maison, tu avais l’impression que les partisans dans les premières rangées étaient d’autres entraîneurs! Tu avais des interactions avec eux et ils t’appelaient par ton nom. Ils disaient ‘’beau chiffre Tommy, lâche pas’’. J’ai jamais vu ça autre qu’à Robert-Guertin. Je donnais le poing aux partisans dans les estrades en revenant d’un chiffre ou dans les couloirs en retournant au vestiaire. C’était un autre temps, c’était le fun, dit Tremblay, des étoiles dans les yeux.

L'attaquant des Olympiques, Jeffrey Durocher, se sent bien seul, entouré de trois joueurs des Tigres

L'attaquant des Olympiques, Jeffrey Durocher, se sent bien seul, entouré de trois joueurs des Tigres

Photo : Radio-Canada / Jonathan Jobin


Serge Haché

Le préposé à l'équipement des Olympiques a commencé sa carrière avec Hull en août 1988. Il a aussi été soigneur de l’équipe. Haché a été un témoin privilégié des grands moments de Guertin. Il a côtoyé tous les grands joueurs de l'organisation et a remporté quatre coupes du Président et une coupe Memorial. Il a aussi tissé des liens importants avec les grands entraîneurs comme Alain Vigneault, Claude Julien et Benoît Groulx.

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Le préposé à l'équipement des Olympiques, Serge Haché, en compagnie du gardien Anthony Brodeur, à l'aréna Guertin.

Photo : Gracieuseté de Carole Maheux

La façon d’encourager des partisans a toujours été exceptionnelle. Ils prenaient ça à cœur. C'étaient des partisans extrêmement dévoués. Quand ça allait bien, ils nous encourageaient énormément, mais quand ça allait moins bien ils nous laissaient savoir que c’était le temps de performer aussi, se souvient Serge Haché.

Quand je parle aux joueurs, tout le monde souligne la disposition de l'aréna avec une pente prononcée dans les gradins. Les adversaires se sentaient étouffés. Ils se sentaient comme si les partisans pouvaient les toucher, taper le dessus du casque.

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Le préposé à l'équipement des Olympiques, Serge Haché, en compagnie des entraîneurs Dominique Ducharme, maintenant avec le Canadien de Montréal, Éric Veilleux et Benoît Groulx.

Photo : Gracieuseté de Carole Maheux

C’était intimidant! Les gens étaient intimidants.

Une citation de :Serge Haché, 33 ans avec les Olympiques de Gatineau

Je me souviens d’une section de Portugais qui lançaient des items sur la glace ou criaient sur les joueurs quand ils recevaient une punition. Même Louis Robitaille (l’actuel entraîneur-chef, joueur du Rocket de Montréal au début des années 2000) se faisait lancer des balles de golf. Ce sont des choses qui ne peuvent plus se passer aujourd’hui, s'étonne encore Haché.

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Serge Haché soulève la Coupe Memorial en 1997 aux côtés de Pavel Rosa, qui jouera brièvement dans la LNH avant de faire carrière en Europe.

Photo : gracieuseté Serge Haché

À l’époque, c’était comme si les gens venaient se libérer de leur semaine de travail ici. Ils lâchaient leur frustration sur les équipes adverses et encourageaient les Olympiques, analyse le préposé à l'équipement.

Quand je me promène dans les couloirs, c'est comme si les briques savaient ce qui se passe. Pour moi, c’est comme une cathédrale, comme un monument. C’est ce que je ressens quand je suis dans l’aréna. J’adore cet endroit. Je considérais Guertin comme mon 2e domicile, mais mon épouse te dirait que c’était le 1er, lance à la blague Haché, conscient du nombre d'heures incalculable qu'il passé au 125 de la rue Carillon.

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Le numéro 25, Martin Ménard (en bas à gauche), fête la conquête de la Coupe Memorial avec les Olympiques de Hull en 1997.

Photo : Radio-Canada

Anecdote

En 1997, on avait une équipe très mature et plusieurs 19 ans savaient qu’ils ne reviendraient pas. Lors de la finale de la Coupe Memorial, j’ai fait jouer une chanson dans le vestiaire. C’était The best de Tina Turner. Je l’ai mise juste avant qu’on embarque sur la glace. Il y avait plein de joueurs qui pleuraient, dont Martin Ménard qui braillait comme un bébé. Je me suis dit ‘’oh non, qu’est-ce que j’ai fait’’, réfléchit Haché, qui se rappelle avec horreur avoir eu peur d'avoir coupé les jambes des joueurs avant le match de l'année, si ce n'est pas de l'histoire.

Finalement on a pris quelques minutes de retard en raison de la diffusion du match à la télévision. Ça nous a donné le temps de reprendre nos esprits, relaxer et essuyer nos larmes. On pouvait pas embarquer sur la glace les yeux remplis d'eau. Ça s'est bien terminé finalement.


Benoît Groulx

L’ancien joueur des Bisons de Granby fait partie de la légende des entraîneurs des Olympiques. Il a dirigé l’équipe entre 2001 et 2008 et de nouveau de 2010 à 2016. Il a remporté la Coupe du Président à trois reprises en 2003, 2004 et 2008. Il a aussi atteint la finale en 2011. Groulx est maintenant à la barre du Crunch de Syracuse, club-école du Lightning de Tampa Bay et aspire à se retrouver derrière le banc d’une équipe de la Ligue nationale de hockey 

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L'entraîneur Benoît Groulx parle à ses joueurs pendant un match de la saison 2004 durant laquelle il a remporté la Coupe du Président.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Je suis allé à Guertin très jeune, à 7 ou 8 ans avec mon père qui était dépisteur avec les Éperviers de Sorel. Je ne voulais pas juste regarder, je voulais y jouer. C'était le gros aréna, c’était impressionnant! J’ai joué là dès Pee-Wee, mais mon premier souvenir est midget 1ere année, Gatineau contre Hull. Je m’en souviens parce que j’avais passé une tasse de café à un défenseur, s’amuse à dire Groulx. 

J’ai passé ma jeunesse là. Pour la lutte, aller voir les Festivals, le tournoi Kiwanis. C’était gros le tournoi Kiwanis. L’aréna était plein à craquer. C’était de très beaux moments. Je connais cet aréna-là par cœur. 

Une citation de :Benoît Groulx, entraîneur des Olympiques pendant 13 saisons
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Benoît Groulx lors d'un entraînement des Olympiques avec son adjoint, Martin Lafleur.

Photo : Gracieuseté de Carole Maheux

Le Centre n’était pas très intimidant jusque dans les années 80. Je me souviens que j’allais voir Michel Bergeron et il n’y avait pas grand monde dans l’aréna. J’ai vu Mario Lemieux marquer au moins 7-8 points et personne ou presque ne l’avait vu. J’ai pensé que les Olympiques ont commencé à être une organisation reconnue avec Charlie Henry et Pat Burns et c’est là que l’image de l’équipe a changé et Guertin est devenu intimidant, dit Groulx, convaincu. 

Quand je suis arrivé en poste, l’équipe était 17e au classement. On a perdu nos trois premiers matchs 4-0, 8-2 et 5-2. Dans la foule j’ai entendu quelqu’un crier ‘’Groulx, tu es un bon à rien’’. Je me suis dit que ça serait le fun de commencer à gagner un match. Cette voix m’est restée dans les oreilles! Ça démontre comment la foule de Guertin est sans pitié, ajoute l'homme de hockey. 

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Les Olympiques de Gatineau pendant un match en 2016.

Photo : Radio-Canada / Radio-Canada / Raphaël Tremblay

Elle était là avec nous pour chaque championnat. En 2008, les partisans étaient en amour avec notre équipe. On avait des joueurs spectaculaires, notamment Paul (Byron) et Claude (Giroux). Les autres clubs étaient contents de ne pas avoir d’avantage numérique. 

La foule a été un gros facteur dans nos succès, j’en suis convaincu. La foule était intimidante pour les adversaires, mais l’élan qu’elle nous donnait en début de match ou pour un but en 3e période était extraordinaire. Elle criait ‘’Go Hull Go’’ et on prenait du momentum et on bourdonnait en zone adverse. J’ai toujours pensé que la foule était là quand on avait besoin d’elle, insiste Groulx.

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L'entraîneur Benoît Groulx (à droite) avec son adjoint Jonathan Carrier (au centre) et le soigneur Serge Haché (à gauche) pendant un match des Olympiques.

Photo : Gracieuseté de Carole Maheux

Les joueurs me disaient qu’ils avaient des frissons. Il me disaient ‘’où je vais coach, je suis prêt!’’. Tout le monde qui était à Guertin dans ces années-là a vu la même chose et a eu le même sentiment. C’était tellement bruyant, tellement intimidant pour l’adversaire et tellement motivant pour les locaux. 

Anecdotes

Quand je suis arrivé en poste, Pat Burns dirigeait les Devils du New Jersey. Je lui avais demandé de venir parler aux joueur. Il est rentré dans le bureau et a dit ‘’ca pas changé ici. Si j’étais toi, je ne m’assoirais pas dans ce coin-là sur le divan’’ en montrant du doigt le vieux mobilier qui devait avoir 40 ans. J’ai jamais su ce qui s’était passé sur ce canapé, mais la semaine d’après on le changeait, s’esclaffe Groulx. 

Je pourrais t’en raconter tellement. Comme la fois où Charlie Henry était venu à une réunion après un vol de nuit. Il était tellement fatigué qu’il s’était endormi pendant la rencontre. En se réveillant à la toute fin il a dit ‘’je sais pas que ce que vous avez dit, mais tout le monde a l’air de bonne humeur, ça devait être un bon meeting’’! 

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L'ancien directeur général des Olympiques, Charles Henry, discute avec l'actuel président de l'équipe, Norman MacMillan.

Photo : Radio-Canada

Une autre fois, j’étais dans le bureau et j’ai entendu un bruit énorme. Je suis sorti et un mur était en train de s’effondrer. On se demandait si on devait sortir en urgence. 

Mais tu sais quoi, on a eu du plaisir et les gens sont venus nous voir parce qu’on avait de belles équipes, mais les dernières années n'ont pas été le fun. C’était pas amusant de travailler. On a mis des cônes sur la glace parce que l’air climatisé coulait, c’était suffocant dans les bureaux, le vestiaire n'était pas adéquat. Il était temps que ça change, insiste Groulx, qui a connu le meilleur et le pire du vénérable aréna.  

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Les Olympiques de Gatineau pendant une séance d'entraînement au Centre Robert-Guertin

Photo : Radio-Canada

Et ça va changer. Les Olympiques jouent le dernier match de l’histoire de l’organisation à Guertin le samedi 18 septembre. Ils vont officiellement déménager au Centre Slush Puppie, dans le secteur de Gatineau, une bâtisse qui abrite trois glaces à la fine pointe de la technologie. Les bris de tuyaux devraient être beaucoup plus rares pour quelques années.

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L'aréna Robert-Guertin laissera bientôt place au Centre Slush Puppie.

Photo : Radio-Canada / Hugo Belanger

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Les Olympiques joueront leur premier match officiel au Centre Slush Puppie, leur nouveau domicile officiel, le 1er octobre.

Photo : Radio-Canada / Émilien Juteau

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