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Le racisme dans le réseau de santé dénoncé à l’Île-du-Prince-Édouard

Tamara Steele donne une entrevue.

Tamara Steele, directrice générale de l’organisme Black Cultural Society, a recommandé au gouvernement d’embaucher davantage de personnes issues de la communauté noire au sein du réseau de santé.

Photo : CBC / Ken Linton

Radio-Canada

La directrice générale de l’organisme Black Cultural Society, Tamara Steele, a dénoncé le racisme dans le réseau de soins de santé de l’Île-du-Prince-Édouard, devant un comité législatif, mercredi.

Tamara Steele a évoqué le cas d’un ancien étudiant de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard né en Arabie saoudite qui aurait été victime de discrimination en essayant d’avoir accès à des soins de santé mentale.

Mehdi Belhadj avait été détenu à l’île en août dernier et risquait l’expulsion du pays après avoir reçu des soins de santé mentale qu’il ne pouvait pas payer.

La directrice générale de Black Cultural Society a déclaré que si l’ancien étudiant avait été blanc, il était possible qu’il ne se retrouverait pas dans cette situation.

Je pense que nous voulons vraiment, vraiment être à l’aise avec les conversations inconfortables, car c’est la seule façon d’aller de l’avant.

Une citation de :Tamara Steele, directrice générale de Black Cultural Society

Elle a demandé aux députés de l'Assemblée législative de l'île de se pencher sur la question du racisme et particulièrement sur l’accès des populations vulnérables aux soins de santé mentale.

Les stéréotypes encore présents

Dans sa présentation devant le comité, Tamara Steele a aussi cité d’autres exemples de cas de racisme survenus dans le système de santé de l’île.

Elle a raconté des situations où elle s’est sentie particulièrement touchée par le problème.

Selon Tamara Steele, un médecin qu’elle avait consulté n’était pas en mesure de diagnostiquer un problème de peau qui a fini par être identifié comme de l'urticaire.

Elle a déclaré que le médecin, ne sachant peut-être pas à quoi ressemble l’urticaire sur une peau foncée, lui a demandé discrètement si elle se sentait en sécurité chez elle.

Pour Tamara Steele, les propos du médecin étaient offensants et déroutants.

Mettre quelqu’un dans cette situation où je dois maintenant essayer de convaincre le médecin que mon mari n’est pas violent est une situation très inconfortable et difficile que beaucoup de gens vivent, a-t-elle déclaré.

La directrice de Black Cultural Society a également raconté l’histoire d’une femme noire qui a été traitée pour le SIDA alors qu’elle n’avait qu’une infection rénale.

Elles [ces pensées racistes] semblent ridicules, je sais, parce qu’elles le sont, mais ce sont des stéréotypes réels dans la profession médicale, a-t-elle dit.

Tamara Steele fait un discours devant les députés.

Tamara Steele a déclaré devant le comité législatif que les stéréotypes envers la communauté noire persistent dans le réseau de santé de la province.

Photo :  CBC / Shane Ross

Des actions concrètes

Tamara Steele a recommandé au gouvernement d’embaucher davantage de personnes issues de la communauté noire dans le réseau de soins de santé, notamment dans des postes de direction.

Des formations sur les problèmes auxquels cette communauté est confrontée devraient être aussi offertes aux travailleurs de la santé, selon elle.

La directrice souhaite aussi voir davantage de données sur les demandes d’accès aux services de santé et d’éducation ainsi qu’à des services sociaux en général par la population noire.

Je pense que c’est un point de départ très important pour élaborer des statistiques sur qui a besoin d’aide, quelles sont les lacunes, pourquoi ils ne se sentent pas en sécurité, pourquoi ils n’ont pas accès aux services, quels sont ces obstacles et je pense que commencer à collecter des données fondées sur la race aidera vraiment à identifier cela et permettra au gouvernement d’aller de l’avant pour remédier à certains de ces problèmes. , explique-t-elle.

Avec des informations de Shane Ross CBC

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