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Le PCU critiqué pour avoir laissé la décision du passeport vaccinal aux entreprises

Une personne présente son code QR sur son téléphone portable à un homme muni d'une application pour en valider l'authenticité.

À compter du 20 septembre, les lieux qui ne demanderont pas de preuve de vaccination devront respecter les nouvelles mesures mises en place par la province.

Photo : Radio-Canada / François Sauvé

Lounan Charpentier

Le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, est vivement critiqué pour avoir remis la décision d’exiger un passeport vaccinal entre les mains des entreprises et des commerces qui en ont déjà beaucoup sur les épaules.

Pression injuste et malheureuse sur les entreprises

Selon Naheed Nenshi, le maire de Calgary, les nouvelles restrictions qui s'appliqueront aux entreprises qui n'exigent pas de preuve de vaccination ne sont pas assez sévères.

Pourquoi ne pas simplifier les choses et dire : ''Il faut être vacciné pour aller au restaurant'' au lieu de remettre cette responsabilité aux restaurants, dit-il. 

Calgary prendra des mesures pour agir contre la crise de la COVID-19, dit Naheed Nenshi, évoquant le fait que la province ne s'en soucie pas . Il ajoute qu'il n’a jamais vu un gouvernement si incompétent .

Il y a une pression vraiment injuste et malheureuse sur les entreprises qui doivent prendre une décision, estime le maire. 

La Ville se penchera sur la question de savoir si elle doit élaborer un règlement pour rendre obligatoire le nouveau programme de preuve de vaccination.

Tout dépend de la qualité de la réglementation provinciale, dit M. Nenshi. Si elle est médiocre, nous devrons peut-être adopter notre propre réglementation pour la clarifier, ce qui nécessitera une réunion du conseil municipal.

Selon lui, pour éviter la fermeture des entreprises, il faut implanter le passeport vaccinal obligatoire immédiatement, resserrer le mandat sur le port du masque obligatoire pour inclure les écoles et les lieux de culte et probablement revenir sur des limites quant aux rassemblements permis.

Pour sa part, le président d’une association d’hôtellerie et de restauration en Alberta, Ernie Tsu, estime que chaque personne affectée au triage des clients dans les entreprises qui exigeront une preuve de vaccination sera mise en danger.

Si nous faisons face à des gens qui sont contre le passeport vaccinal [...] alors nous allons devoir mettre en place des mesures de sécurité supplémentaires, dit Ernie Tsu.

Excuses très courtes, efforts « décousus »

De son côté, la chef néo-démocrate, Rachel Notley, considère que les excuses très courtes du gouvernement conservateur uni ont été suivies de mesures décousues pour justifier toutes les décisions stupides prises dans ces 12 à 15 dernières semaines. 

Je pense que les règles qu'il a imposées aux Albertains sont celles que l'on voit dans d'autres provinces, mais elles étaient ridiculement compliquées, en partie, je pense, parce qu'il n'avait pas le courage d'utiliser l'expression ‘’passeport vaccinal’’, dit-elle.

Plus de questions que de réponses

La Chambre de commerce de Calgary s’est également prononcée, dans un communiqué, sur le manque de clarté dans le programme du gouvernement.

L’annonce d’hier a suscité plus de questions que de réponses pour notre communauté d'affaires, indique la PDG de la Chambre de commerce, Deborah Yedlin. « Il est urgent d’obtenir des réponses et de la clarté. »

Deborah Yedlin indique qu’il est essentiel d’obtenir des précisions sur les éléments clés du programme, l’accélération de la mise en place d’un système de code QR, la création d’un processus simple et du soutien continu pour les entreprises.

Elle souligne toutefois que le fait que les entreprises pourront choisir de ne pas exiger de preuve de vaccination est une étape positivequi permettra d’atténuer certaines préoccupations, notamment en ce qui a trait « à la sécurité et aux mesures sanitaires restrictives ».

Un bon début

Lynora Saxinger, spécialiste des maladies infectieuses à l'Université de l'Alberta, estime que les nouvelles mesures sont un bon début. 

Avec ces mesures, on ne s’attend pas à ce que la situation du système de santé s’améliore immédiatement, dit-elle. « Mais je pense que nous verrons une baisse des transmissions, à condition que les gens suivent le plan qui a été mis en place. »

Duane Bratt, professeur de science politique de l’Université Mount Royal, croit quant à lui que Jason Kenney aurait dû écouter la présidente de Services de santé Alberta, Verna Yiu, qui avait évoqué la pire crise sanitaire dans l’histoire de l’Alberta .

Le gouvernement doit demander aux autres provinces si elles ont de la place dans leurs soins intensifs. 

« Et pendant ce temps, ironise-t-il, [Jason] Kenney se vante de la façon dont l’Alberta a bien performé par rapport à la pandémie! »

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