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Fédérales : un débat marqué par la lutte contre les changements climatiques à Rimouski

Quelques dizaines de personnes écoutent le débat dans la salle Georges-Beaulieu du Cégep de Rimouski.

Un débat s'est tenu entre cinq des sept candidats au scrutin fédéral dans la circonscription de Rimouski-Neigette–Témiscouata–Les Basques.

Photo : Radio-Canada / Simon Rail

Cinq candidats au scrutin fédéral, dans la circonscription de Rimouski-Neigette–Témiscouata–Les Basques, se sont affrontés mercredi soir lors d'un débat organisé au Cégep de Rimouski. L'enjeu de l'environnement et de la lutte contre les changements climatiques est celui qui a retenu le plus d'attention lors de cette joute oratoire qui s'est tenue dans une atmosphère cordiale.

La formule du débat permettait peu d'échanges entre les candidats, alors que la majeure partie du temps était allouée à des questions posées directement à un seul candidat, soit de la part du modérateur ou de la part de l'assistance.

Les candidats présents étaient Maxime Blanchette-Joncas, député sortant et candidat du Bloc québécois (BQ), France Gagnon, candidate du Parti conservateur (PCC), Léonie Lajoie, candidate du Parti libéral (PLC), Sylvain Lajoie, candidat du Nouveau parti démocratique (NPD) et Noémi Bureau-Civil, candidate indépendante.

Les candidats Jean Tardy du Parti populaire et Michel Raymond du Parti libre du Canada étaient absents.

Le député sortant Maxime Blanchette-Joncas a été la cible de nombreuses questions. Il a dû défendre son bilan concernant certains enjeux.

L'environnement au cœur des discussions

Selon les dires des candidats présents mercredi soir, l'environnement et la lutte contre les changements climatiques sont une priorité pour chacun d'eux, mais avec une intensité qui varie d'un à l'autre.

Avec la pandémie, les cinq candidats ont aussi beaucoup parlé de relance économique.

Par contre, là encore, les façons de faire proposées pour y arriver différaient pour chacun des partis.

Noémi Bureau-Civil se tient devant une ferme.

La candidate indépendante Noémi Bureau-Civil ne croit pas en une relance économique «verte», mais plutôt en misant sur la décroissance. (Archives)

Photo : Noémi Bureau-Civil

La présence de la candidate indépendante Noémi Bureau-Civil a mis l'accent sur les enjeux climatiques dès les premières minutes du débat. Elle a présenté sa vision qui porte majoritairement sur la décroissance.

L'objectif de cette décroissance, selon Mme Bureau-Civil, est de réduire les activités humaines pour amoindrir au maximum leurs répercussions sur l'environnement et pour tenter de limiter la croissance des changements climatiques.

Ces engagements, qui vont beaucoup plus loin que ceux des autres partis en matière d'environnement, ont forcé les autres candidats à en dire davantage sur leur plateforme environnementale.

Maxime Blanchette-Joncas.

Le candidat bloquiste Maxime Blanchette-Joncas a rappelé que son parti était opposé à l'octroi d'aides financières pour l'exploitation des hydrocarbures. (Archives)

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Lors d'un échange entre Noémi Bureau-Civil et Maxime Blanchette-Joncas du BQ, ce dernier a rappelé que son parti était opposé à l'exploitation des hydrocarbures et que la relance économique pourrait se faire d'une manière plus verte en accélérant l'électrification des transports.

En termes d'hydrocarbures, ce qui émet des gaz à effet de serre, le Bloc québécois s'y est toujours opposé. Que ce soit sur Old Harry, que ce soit Énergie Est, que ce soit Trans Mountain, que ce soit Keystone XL. Tous les projets nuisibles à l'environnement, on est contre, a poursuivi M. Blanchette-Joncas.

À la suite de cette réponse, la candidate indépendante a soulevé que, selon elle, l'électrification des transports était illogique et qu'elle ne croyait pas possible une relance verte puisqu'elle estime que l'économie doit plutôt décroître.

Comment comptez-vous électrifier le transport à la mesure des promesses si on évalue que, justement, l'électrification qui est promise par tous les États dominants va entraîner un déficit de cobalt en 2024 et un déficit de nickel en 2028, ce qui est nécessaire pour la production de batteries?, a-t-elle rétorqué à la réponse du candidat bloquiste.

Subventions à l'industrie des hydrocarbures

La question des subventions à l'industrie des hydrocarbures a aussi fait surface pendant le débat.

Le bloquiste Maxime Blanchette-Joncas a demandé à la libérale Léonie Lajoie pourquoi le gouvernement Trudeau n'avait pas tenu sa promesse qui voulait que les subventions cessent dans ce secteur.

La candidate libérale a répondu que ces subventions ont bel et bien cessé.

Léonie Lajoie, candidate pour le Parti libéral du Canada dans Rimouski-Neigette—Témiscouata—Les Basques.

La candidate libérale, Léonie Lajoie, fait de la relance économique sa priorité. Elle souhaite être à l'écoute des besoins propres à chaque entrepreneur de la circonscription pour pouvoir mieux les soutenir. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Sébastien Ross

Par contre, le député bloquiste sortant a rappelé que le gouvernement Trudeau a acheté le pipeline Trans Mountain durant son mandat, ce qui contredit l'intention du gouvernement de cesser d'aider l'industrie pétrolière.

Un échange plus corsé entre les deux candidats a suivi cette réplique.

Le gouvernement fédéral, autant libéral que conservateur, disait "il faut construire un pipeline pour aider l'environnement". Moi, je vous dirais, je n'y crois pas encore!, a d'abord lancé Maxime Blanchette-Joncas.

La candidate libérale l'a alors relancé sur le fait que le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, a donné son assentiment à la construction de la cimenterie McInnis à Port-Daniel–Gascons, cimenterie qui est en voie de devenir le plus grand pollueur au Québec, lorsqu'il était ministre provincial de l'Environnement.

C'était une meilleure chose pour vous? [...] Ça, c'est propre, ça?, a lancé Léonie Lajoie.

Le candidat bloquiste a rétorqué que son chef n'avait pas acheté de pipeline et qu'un pipeline n'était pas propre puisque du pétrole et non des céréales circulait à l'intérieur.

Relance économique

Les candidats semblaient s'entendre sur l'importance de lutter contre la rareté de main-d'œuvre, notamment en tentant d'offrir plus de logements abordables dans la région.

Le candidat du NPD, Sylvain Lajoie, a notamment fait des questions de justice économique et sociale, ainsi que celles de l'accès au transport en commun, ses principaux chevaux de bataille.

On s'entend bien avec la candidate indépendante. On veut un revenu de base garanti. On croit que chaque personne devrait être capable de se loger, de se nourrir, d'arriver à combler ses besoins essentiels, a d'ailleurs soulevé le candidat néo-démocrate.

Sylvain Lajoie, candidat du Nouveau Parti démocratique dans la circonscription de Rimouski-Neigette–Témiscouata–Les Basques, souriant à la caméra.

Le candidat néo-démocrate Sylvain Lajoie fait du développement du réseau de transport en commun et de logements sociaux ses principaux chevaux de bataille. (Archives)

Photo : Stephanie Cambria

France Gagnon du Parti conservateur souhaite soutenir les secteurs de l'hôtellerie et du tourisme avec des incitatifs pour les citoyens, alors que Léonie Lajoie du Parti libéral souhaite plancher sur l'augmentation de la zone de couverture cellulaire dans la circonscription.

Le candidat bloquiste Maxime Blanchette-Joncas, quant à lui, souhaite voir naître un crédit d'impôt fédéral, comme celui qui existe déjà au provincial, pour les jeunes diplômés qui s'installent en région.

La question de la gestion des transferts fédéraux, notamment ceux qui concernent les garderies ou le système de santé, est aussi revenue sur la table lorsqu'il a été question de relance économique.

La candidate libérale Léonie Lajoie a interpellé la candidate conservatrice, France Gagnon, à ce sujet.

France Gagnon.

La candidate conservatrice France Gagnon souhaite améliorer le bien-être des aînés et aider à la relance économique, notamment dans les secteurs du tourisme et de la restauration. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Mme Lajoie a rappelé l'importance d'imposer des conditions aux gouvernements provinciaux lorsque de l'argent du fédéral leur est transféré pour pouvoir s'assurer de résultats.

Pour être certain que les travaux, les applications soient faits, a-t-elle précisé. Selon la libérale, le Parti conservateur dit qu'il transférera de l'argent aux provinces sans imposer de conditions de résultats, mais qu'il s'agit en fait d'un mensonge et que des conditions seront tout de même imposées.

La candidate conservatrice a tout de suite tenté de démentir cette allégation de sa rivale libérale. Nous, on fait confiance au gouvernement du Québec pour bien utiliser les fonds publics, tout simplement, a répondu France Gagnon.

France Gagnon, Sylvain Lajoie, Maxime Blanchette-Joncas, Noémi Bureau-Civil et Léonie Lajoie, sur l'estrade, prennent la pose pour la photo.

La conservatrice France Gagnon, le néo-démocrate Sylvain Lajoie, le bloquiste Maxime Blanchette-Joncas, la candidate indépendante Noémi Bureau-Civil et la libérale Léonie Lajoie ont pris part au débat organisé au Cégep de Rimouski.

Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Rioux

Quelques dizaines de personnes, dont de nombreux étudiants, étaient rassemblées à la salle Georges-Beaulieu du Cégep de Rimouski pour écouter ce débat.

Les électeurs sont appelés à faire leur choix lundi prochain dans Rimouski-Neigette–Témiscouata–Les Basques comme ailleurs au pays.

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