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COVID-19 : début d’année scolaire difficile en Ontario

Des élèves portant le masque entrent dans une école.

La rentrée a eu lieu à la fin d'août dans la région d'Ottawa et après la fête du Travail dans le reste de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

À peine deux semaines après la rentrée en Ontario, des centaines d'élèves sont déjà en isolement préventif à la maison, à la suite d'un cas de COVID-19 dans leur classe.

Ces élèves poursuivent leur apprentissage en ligne en attendant leur retour en classe, généralement après une quarantaine de 10 jours.

Une école est fermée présentement et pas moins de 348 établissements élémentaires et secondaires ont un cas déclaré de COVID-19, soit 7,18 % des écoles de la province.

En guise de comparaison, 35 écoles avaient une infection chez un élève ou un employé à pareille date l'an dernier (Le nombre de cas dans la communauté est aussi beaucoup plus élevé cette année).

À l'heure actuelle, les écoles de la région d'Ottawa sont les plus touchées. Toutefois, la rentrée y a eu lieu dès le 31 août, soit une semaine plus tôt que dans le reste de l'Ontario.

Le virologue Hugues Loemba, chercheur clinicien à l'Hôpital Montfort, à Ottawa, n'est « pas étonné » de la situation avec le variant Delta.

Avec le retour des classes en présentiel, les élèves de moins de 12 ans n’étant pas vaccinés, et en même temps avec la montée progressive de la 4e vague de la pandémie à COVID-19 au niveau communautaire, principalement chez les non-vaccinés ou chez ceux qui sont partiellement immunisés, la survenue d’éclosions dans les écoles était prévisible.

Une citation de :Hugues Loemba, virologue

Même son de cloche de la part de l'épidémiologiste et professeur à l'Université de Toronto David Fisman. C'est ce qui est arrivé ailleurs dans le monde avec le variant Delta. Il n'y avait pas de raison de croire que les choses seraient différentes ici, dit-il.

Doug Ford et Stephen Lecce marchent dans le corridor d'une école, passant devant des casiers.

Le premier ministre ontarien, Doug Ford, et son ministre de l'Éducation, Stephen Lecce

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Le gouvernement Ford montré du doigt

La Dre Anna Banerji, pédiatre et professeure à l'École de santé publique Dalla Lana, à l'Université de Toronto, souligne que le variant Delta est plus contagieux.

Arrêtons de dire que les enfants n'attrapent pas ou ne transmettent pas la COVID, dit-elle.

Tout comme les syndicats d'enseignants, elle recommande une réduction de la taille des groupes d'élèves.

Le fait qu'il y a 37 élèves par classe dans certaines écoles montre qu'ils ne comprennent pas l'importance de la distanciation physique.

Une citation de :Anna Banerji, pédiatre

Le gouvernement Ford se targue d'avoir investi « massivement » dans l'amélioration des systèmes de ventilation mécanique des écoles et l'achat de purificateurs d'air.

Anna Banerji en plan rapproché.

La pédiatre Anna Banerji est en faveur de la vaccination obligatoire du personnel scolaire.

Photo : Photo fournie

La Dre Banerji souligne toutefois que la situation varie d'une école à une autre. Nombre d'établissements n'ont toujours pas de système de ventilation et continuent à ouvrir les fenêtres pour laisser entrer de l'air frais.

Selon elle, la vaccination devrait être obligatoire pour tous ceux qui sont admissibles, plutôt que la politique actuelle qui permet aux employés qui ne veulent pas se faire vacciner de se faire tester régulièrement à la place. Les élèves de 12 ans et plus, eux, n'ont aucune obligation d'avoir le vaccin.

C'est mieux de rendre la vaccination obligatoire que d'avoir à renvoyer des classes à la maison ou fermer les écoles et avoir l'incertitude de l'an dernier, lance la Dre Banerji.

La chef de l'opposition néo-démocrate, Andrea Horwath, est elle aussi en faveur de la vaccination obligatoire du personnel scolaire et de l'ajout du vaccin contre la COVID-19 à la liste des vaccins exigés pour les élèves de 12 ans et plus.

Ça me chagrine de voir que des élèves ont déjà été renvoyés à la maison, quelques jours après le début de l'année scolaire. C'est sans parler des élèves qui ont attendu des mois pour leurs activités parascolaires qui sont déjà suspendues.

Une citation de :Andrea Horwath, chef du NPD

La Dre Banerji déplore par ailleurs le fait que la province a retiré des symptômes comme le nez qui coule de la liste d'autodépistage quotidien justifiant qu'un parent garde son enfant à la maison, tout en gardant des symptômes qui apparaissent plus tard ou qui sont moins communs, dit-elle, comme la perte de l'odorat et du goût.

Selon elle, tout élève avec des symptômes devrait rester à la maison une semaine. Les parents vont peut-être se plaindre, admet-elle, mais si tout le monde laisse son enfant malade aller à l'école, il continuera à y avoir des cours suspendus et des fermetures d'écoles.

Pour sa part, le professeur Fisman ne comprend pas pourquoi la province a mis fin à la distribution dans des écoles privées de tests rapides pour le dépistage asymptomatique. Selon lui, il aurait plutôt fallu faire la même chose dans les écoles publiques.

La réponse du gouvernement

Le ministre de l'Éducation, Stephen Lecce, n'annonce pas de mesures supplémentaires pour l'instant, mais son attachée de presse Caitlin Clark assure que le médecin hygiéniste en chef de l'Ontario continue à évaluer les données pour que les écoles demeurent sécuritaires et que les enfants et le personnel soient protégés.

Nous avons suivi les conseils du médecin hygiéniste en chef et nous allons continuer à le faire, que ce soit pour l'amélioration de la ventilation dans les écoles, l'accès au dépistage, des protocoles de détection stricts ou le nettoyage accru. Nous forçons également tous les employés [des écoles] à se faire vacciner pleinement ou à subir un test de dépistage régulièrement pour que les écoles soient sécuritaires.

Une citation de :Caitlin Clark, porte-parole du ministre de l'Éducation

Le bureau du ministre Lecce souligne aussi que 87 % des infections recensées l'an dernier dans les écoles avaient été contractées ailleurs dans la communauté.

Dépistage

Après les ratés de l'an dernier, le gouvernement Ford a abandonné son programme de dépistage asymptomatique dans les écoles.

Toutefois, la province a lancé un projet pilote permettant à certaines écoles secondaires de 13 régions d'avoir des trousses d'autoprélèvement à emporter à la maison. Les élèves et les employés pleinement vaccinés et asymptomatiques qui ont eu un contact à risque élevé sont admissibles à ce programme volontaire.

Cinq écoles du Conseil Viamonde dans le Sud de l'Ontario (École de Lamothe-Cadillac à Windsor, Gabriel-Dumont à London, Jeunes sans frontières à Brampton, Norval-Morrisseau à Richmond Hill et Ronald-Marion à Pickering) participent à l'initiative, explique la directrice des communications, Julie Vanghelder. La participation au projet pilote est volontaire pour le personnel et les élèves. Les écoles sont responsables de la réception, du stockage et de la distribution des trousses d’autoprélèvement selon les directives des bureaux de santé publique, dit-elle.

Deux écoles du Conseil du Nord-Est dans la région de Porcupine (École Renaissance à Timmins et Écho du Nord à Kapuskasing) ont aussi été sélectionnées pour le projet pilote, indique la directrice des communications Guylaine Scherer.

Quatre écoles du Conseil scolaire catholique MonAvenir y participent également (École Renaissance à Aurora, Saint-Jean-de-Brébeuf à Welland, Sainte-Famille à Mississauga et Saint-Charles Garnier à Whitby). La porte-parole du Conseil, Virginie Oger, ajoute que toutes les écoles de MonAvenir à Toronto auront des trousses d'autoprélèvement réservées aux élèves et aux employés symptomatiques. Nous sommes en attente des versions françaises des outils de communication, précise-t-elle.

De son côté, le Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE) indique que la santé publique d'Ottawa doit organiser des cliniques de dépistage durant les fins de semaine pour les élèves asymptomatiques.

Le CECCE ajoute qu'une dizaine de ses écoles ont reçu des trousses de dépistage à la maison pour les familles et que d'autres écoles devraient bientôt participer à ce projet pilote du bureau de santé publique d'Ottawa. Le CECCE se réjouit de cette initiative qui encouragera certainement plus d’élèves à se faire dépister, permettra de limiter la propagation du virus et risque d’atténuer le nombre d’absences prolongées à l’école puisque ce test offre un résultat immédiat, explique la porte-parole du Conseil, Sandy Chirol.

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