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Infirmières : hausse de 20 % vers les agences privées

Des infirmières marchent de dos dans le corridor d'un hôpital.

Des plus en plus d'infirmières quittent le réseau public de la santé et se tournent vers les agences privées pour travailler.

Photo : Getty Images

Des centaines d’infirmières ont quitté le réseau public de la santé vers les agences privées depuis un an. Un exode que veut freiner le gouvernement du Québec par des mesures incitatives financières.

Le premier ministre François Legault et son ministre de la Santé, Christian Dubé, alternent les sorties publiques depuis une semaine sur la thématique de la pénurie d’infirmières.

Nous, on n'aime pas ça, les agences privées. Et ce qu'on souhaite, c'est que les infirmières reviennent, a déclaré mercredi le premier ministre.

Toutes les infirmières qui travaillent au privé sont les bienvenues [et] s'il faut être capable d'offrir les mêmes conditions, moi, je suis prêt à offrir les mêmes conditions, a-t-il précisé.

Selon les plus récentes données obtenues auprès de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), 2022 infirmières travaillaient principalement auprès d’agences de placement de personnel infirmier au 31 mars 2021. Il s’agit d’une hausse de 20 % (337 infirmières) par rapport à mars 2020.

Au total, 2,7 % de l’effectif infirmier total travaillait principalement pour une agence privée par rapport à 2,3 % ces dernières années.

Radio-Canada dévoilait en décembre dernier que des agences de placement facturent à l’État jusqu’à 150 $ l’heure.

Le gouvernement a tenté de freiner l’exode en mars 2021 par l’interdiction pour les agences de solliciter et d’embaucher des personnes à l’emploi du réseau de la santé, de même qu’en imposant un délai de 90 jours avant de réaffecter une ex-infirmière du réseau public.

Qualité de vie avant l’argent

Sophie Savoie est l’une des nombreuses infirmières qui ont quitté le réseau public au cours de la dernière année.

En janvier, elle a laissé son emploi à l'Hôpital Pierre-Boucher de Longueuil pour se joindre à l’équipe de Médecins du monde.

Les conditions de travail se sont beaucoup dégradées avec la pandémie et tout ce qui allait mal s'est exacerbé, affirme-t-elle.

Sophie Savoie devant une porte

Sophie Savoie, infirmière

Photo : Radio-Canada

Comme plusieurs autres, c'est notamment le temps supplémentaire obligatoire (TSO) qui l'a convaincue de quitter le secteur public.

C'est quelque chose que je vivais très mal, de devoir faire du TSO, ainsi que la pression qu'on avait pour faire du temps supplémentaire volontaire.

Une citation de :Sophie Savoie, infirmière

Pour Mme Savoie, qui travaille en tant qu’infirmière depuis sept ans, son choix professionnel n’était pas centré sur sa rémunération.

Je ne fais pas plus d'argent, c'est même l'inverse [mais] j’ai plus d'autonomie [et] un contrôle sur mes horaires, précise-t-elle.

Recruter à l’étranger

Une des solutions sur la table du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) demeure le recrutement de personnel soignant à l’étranger.

Comme le précise une porte-parole du MSSS, Noémie Vanheuverzwijn, en 2020-2021, 403 embauches ont été possibles comparativement à 518 en 2019-2020.

Le contexte lié à la COVID-19 a malheureusement ralenti les possibilités de recrutement à l’international au cours des derniers mois, écrit Mme Vanheuverzwijn.

Les principaux titres d’emplois visés seront des infirmières, des orthophonistes, des préposés aux bénéficiaires et des travailleurs sociaux.

Au total, le nombre d’infirmières en emploi ne cesse d’augmenter ces dernières années et approche le cap des 75 000.

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