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Des arbitres menacés de « se faire sortir en ambulance » lors d’un match pee-wee

Un joueur de baseball en position pour frapper la balle.

Les arbitres sont de plus en plus pris à partie lors de matchs de baseball mineur, dénoncent le représentant régional des arbitres, Mathieu Marcoux.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Un incident survenu lors d'un match de baseball pee-wee à Québec inquiète le regroupement des arbitres de la région. Un entraîneur a menacé deux officiels, dont un mineur, de les « sortir en ambulance », dénonce le responsable des arbitres, Mathieu Marcoux.

Le match disputé la semaine dernière opposait des jeunes de 13 ans et moins de catégorie A. Un entraîneur, fâché par une décision des arbitres de 16 et 24 ans, s’est présenté sur le terrain et les a carrément menacés de les sortir sur une civière, en ambulance, décrit Mathieu Marcoux, représentant régional des arbitres de la région de Québec.

La scène a laissé le plus jeune arbitre terrifié à la fin du match, ajoute-t-il. Les deux arbitres sont en réflexion à savoir s’ils vont continuer.

Si Mathieu Marcoux a décidé de rendre l’histoire publique sur les réseaux sociaux, une semaine plus tard, c’est pour faire réfléchir les parents et entraîneurs. Il observe, dit-il, une tendance inquiétante dans la région de Québec depuis l'été dernier.

Pas un incident isolé

Depuis deux ans, les gens sont vraiment intolérants. Ils sont crinqués. Ils réagissent à rien. C’est peut-être dû à la COVID, l’isolement, et cetera, mais c’est vraiment plus intense, relate celui qui en était à sa 12e saison comme arbitre cet été.

Lui-même a été victime d’un incident d’intimidation, dans la ligue junior-senior de Québec, en juillet, lorsqu’il a été bousculé par un entraîneur en colère lors d’un match qu’il arbitrait.

Deux jours après moi, un autre arbitre a vécu la même affaire en plus de se faire menacer de se faire casser la gueule à côté de son véhicule. Et la semaine avant il y avait eu un autre incident d’un arbitre qui s’est fait bousculer.

Alors que la région est déjà en manque d’arbitres d’expérience, Mathieu Marcoux craint que les plus jeunes quittent la profession. La semaine passée, j’ai deux arbitres de 13 ans qui se sont fait insulter assez durement par un entraîneur aux régionaux B. À la fin de la partie, ils se sont fait dire d’aller demander leur argent à l’autre équipe parce qu’ils étaient payés pour leur faire gagner le match.

Des suspensions trop clémentes

Pour lui, le problème doit être pris plus au sérieux par Baseball Québec. C’est que le livre des règlements ne fait pas vraiment de distinction dans la gravité des gestes dits préjudiciables, indique Mathieu Marcoux.

Le nombre de parties de suspension minimum, c’est cinq matchs et c’est généralement ce qui arrive.

Une citation de :Mathieu Marcoux, représentant régional des arbitres de la région de Québec

L’entraîneur qui l’a bousculé lors d’un match plus tôt cet été a écopé de huit matchs de suspension. Un autre, qui a lancé un bâton en direction d’un arbitre il y a quelques semaines à Québec, a purgé seulement trois matchs, donne-t-il en exemple.

À mon avis, des menaces, surtout à un mineur, ça devrait être des sanctions beaucoup plus sévères. Je ne peux pas croire qu’un adulte qui dit à un enfant qu’il va le sortir sur une civière va probablement pouvoir entraîner à nouveau dans quelques semaines.

Baseball Québec veut s'améliorer

À Baseball Québec, le président du Comité provincial des officiels, Jean-François Arsenault, convient que le processus disciplinaire peut être amélioré et que les suspensions doivent être un peu plus corsées.

La formule est imparfaite. Nos préfets de discipline ont une énorme responsabilité. Ce sont des bénévoles qui composent parfois avec des informations incomplètes sur l'incident. C'est facile d'aller au minimum de matchs de suspension.

L'idée d'augmenter le nombre de matchs de suspension minimum pour des incidents impliquant de la violence verbale et physique n'est pas mauvaise, mais une table de concertation devra se pencher là-dessus. Cinq matchs, c'est deux semaines, c'est vrai que ce n'est pas beaucoup, admet Jean François Arsenault.

Baseball Québec doit aussi améliorer son lien avec les ligues séniors, ajoute-t-il, qui sont le plus souvent le théâtre de ce genre d'incidents. L'organisation ne note pas, précise-t-il toutefois, une hausse dans les cas de violence envers les arbitres qui lui sont signalés depuis deux ans. Ce qui est encourageant, c'est que les gens réagissent plus fort lorsqu'il y a un incident. Alors qu'il y a 25 ans, certaines choses auraient probablement été tolérées.

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