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Des échanges musclés, mais cordiaux au débat électoral régional

Les candidats se tiennent sur une scène.

Les candidats se sont affrontés dans un débat tenu au Théâtre Palace Arvida.

Photo : Sophie Lavoie, Le Quotidien

Le débat électoral fédéral organisé par Radio-Canada et Le Quotidien a donné lieu à des échanges musclés, mais cordiaux, entre les participants.

L'événement réunissait les représentants régionaux choisis par le Nouveau Parti démocratique (NPD), le Bloc québécois (BQ), le Parti libéral du Canada (PLC) et le Parti conservateur du Canada (PCC).

Ils ont croisé le fer pendant près d’une heure lors du débat animé par le chef d’antenne d’Ici Saguenay-Lac-Saint-Jean, Jean-François Coulombe, et la journaliste du Quotidien, Laura Lévesque. 

Après une brève présentation, au cours de laquelle chacun des candidats avait 45 secondes pour se présenter, les protagonistes ont dû répondre à des questions concernant le développement économique régional. 

La candidate du Nouveau Parti démocratique, Marieve Ruel, et celui du Bloc québécois, Mario Simard, se sont affrontés dans un duel. Ils devaient mettre en avant leur plan pour relancer l’économie régionale. 

La candidate du NPD croit que la relance économique doit se baser sur une relance écologique. 

On a de très belles industries ici, dans la région. Pour ce faire, il va falloir amorcer la transition écologique rapidement, a fait valoir la seule femme du débat. 

Mario Simard a plaidé en faveur du développement de la filière forestière, deuxième secteur en importance de l’économie canadienne, et de l'octroi de fonds pour faciliter l’essor de l’industrie. 

Le candidat libéral Stéphane Bégin pense que les libéraux sont les mieux placés pour relancer l’économie, alors que le conservateur Richard Martel est d’avis qu’il faut profiter d’infrastructures, comme le port de Grande-Anse, pour faciliter le développement industriel. 

Mario Simard participe au débat présenté par Radio-Canada Saguenay-Lac-Saint-Jean et Le Quotidien.

Le candidat du Bloc québécois dans Jonquière, Mario Simard

Photo : Sophie Lavoie/ Le Quotidien

Mario Simard a par la suite décoché une flèche à Richard Martel en lui rappelant qu’il est le seul à ne pas siéger à la table régionale de concertation sur l’aluminium. Bien sûr, je n’étais pas sur la table avec Mario. Mario, il veut s’approprier de tout, a rétorqué le conservateur. 

L’ex-journaliste et ancien attaché de presse de la mairesse Josée Néron, Stéphane Bégin, a rappelé qu’il a fait partie d’une délégation à Ottawa. Il était où le Bloc, là-dedans? C’est pas vous qui avez négocié avec Donald Trump, c’est Chrystia Freeland, a souligné Stéphane Bégin.

Mario Simard est convaincu que le prochain gouvernement sera minoritaire. 

Stéphane Bégin veut pour sa part faire avancer les choses. Ça fait des années qu’on stagne dans la région [..]. Ça fait trop longtemps que ça ne bouge pas, a-t-il dit. 

Richard Martel tient à conserver son poste, parce qu’il veut que la région prospère. Il croit être en mesure de faire avancer le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Un parti au pouvoir peut amener beaucoup à la région. C’est ce que je souhaite. J’ai beaucoup d’ambition. Je vais me battre pour la région, a-t-il ajouté, reprenant à son compte les arguments avancés par son adversaire libéral.

Ils ont aussi été questionnés à propos de l’abandon du projet de loi sur la gestion de l’offre en raison du déclenchement des élections.

Stéphane Bégin explique son point de vue.

Le candidat dans Jonquière Stéphane Bégin représente le Parti libéral au débat régional.

Photo : Sophie Lavoie/ Le Quotidien

Le représentant de Justin Trudeau dans Jonquière n’a pas manifesté d’inquiétude, ce qui a fait sursauter Mario Simard. Vous venez de faire friser les oreilles de tous les représentants de l’UPA avec ce que vous venez de dire, a lancé le bloquiste.

À la question : Doit-on protéger la gestion de l’offre à tout prix?, Richard Martel a dit que son parti allait protéger le système. Il s’est engagé à ce que des compensations soient versées aux producteurs dans les 100 premiers jours suivant l’élection, si son parti est au pouvoir. 

Pénurie de main-d’oeuvre

Les quatre candidats ont fait part de leurs solutions pour contrer la pénurie de main-d'oeuvre qui fait rage partout au pays.

Stéphane Bégin veut donner des incitatifs aux 65 ans et plus qui demeurent sur le marché du travail. Il faut être plus sexy un peu pour attirer des gens dans la région, a-t-il mentionné.

Richard Martel s’engage à réduire les délais pour les immigrants qui souhaitent venir travailler au pays. On va bonifier l’allocation canadienne des travailleurs. On s’engage à payer 50 % des salaires des nouvelles embauches pour les six premiers mois, a-t-il promis.

La bonification et la protection du réseau de garderies sont des clés, selon le bloquiste Mario Simard. Malheureusement, le parti de mon ami Richard est prêt à couper 6 milliards, a-t-il dit à propos de la compensation promise par les libéraux dans le dossier du programme national de garderies, que les conservateurs renieraient.

De son côté, Marieve Ruel veut abolir le système de permis temporaire accordé aux travailleurs étrangers, car ces permis ne permettent pas à ces travailleurs de changer d’employeur en cours de séjour.

Richard Martel échange avec les autres candidats au débat.

Le candidat de Chicoutimi-Le Fjord Richard Martel représente le Parti conservateur au débat régional.

Photo : Sophie Lavoie/ Le Quotidien

Immigration

Citant le récent refus d’accès d’étudiants africains qui devaient étudier au Cégep de Jonquière, l’animatrice Laura Lévesque, journaliste au Quotidien, a demandé aux candidats ce qu’ils comptaient faire pour que ce genre de situation ne se reproduise plus. 

Le transfert du système d’Immigration et de citoyenneté au Québec est la seule avenue, pense le représentant d’Yves-François Blanchet dans Jonquière, tandis que Richard Martel plaide en faveur d’un grand ménage dans le système d’immigration. 

Environnement

Pour lutter contre les changements climatiques, il faut bannir les projets centrés autour de l’exploitation des énergies fossiles, est convaincu le député sortant de Jonquière, Mario Simard. 

Assurer la carboneutralité du secteur pétrolier et gazier, inciter les Canadiens à acquérir des véhicules électriques sont des solutions avancées par son adversaire libéral. 

Stéphane Bégin a rappelé l’engagement de son parti de réduire de 45 % les gaz à effet de serre (GES) d’ici à 2030. Il faut se donner un laps de temps pour assurer la transition, a indiqué Stéphane Bégin. 

Marieve Ruel a admis souffrir d’écoanxiété. Je veux qu’on parle d’environnement en termes d’urgence. Pour moi, le développement économique et l’environnement doivent aller ensemble, a-t-elle affirmé.

Richard Martel croit que nous sommes encore dépendants de l’industrie pétrolière et qu’il faut assurer une transition en utilisant du pétrole éthique issu de sources canadiennes. Si on ne prend pas ce pétrole-là, on va le prendre ailleurs. Bien sûr, il faut s'enligner vers une transition. Il faut se responsabiliser et réduire notre consommation, a poursuivi Richard Martel, qui a souvent affirmé que les cibles de réduction des GES du gouvernement Trudeau sont irréalistes.

Marieve Ruel donne son point de vue et Mario Simard écoute, en arrière-plan.

Marieve Ruel, dans Jonquière, représente le Nouveau Parti démocratique au débat régional.

Photo : Sophie Lavoie/ Le Quotidien

Tous contre GNL Québec

Les échanges ont ensuite porté sur GNL Québec. Richard Martel juge incroyable qu’on n’ait pas ce projet-là ici. Son parti a soutenu le projet d’implantation d’une usine de liquéfaction de gaz naturel à La Baie, doté d'un gazoduc.

On va respecter le Québec. S’il y a une analyse environnementale, c’est peut-être parce que le promoteur le veut. Mais on va respecter la décision du Québec, a-t-il cependant assuré.

Les libéraux souhaitent passer à autre chose et croient que GNL Québec est un projet du passé. 

La candidate du parti de Jagmeet Singh a voulu savoir si tous les candidats s'engagent à ne pas relancer le projet Énergie Saguenay, ce à quoi tout le monde a acquiescé.

Questions de gouvernance

Les échanges se sont corsés lors du débat sur la gouvernance, lorsqu’il a été question de la déclaration de revenus unique. Je suis en accord avec Richard et ça n’arrivera pas souvent. [...] Si ça va se faire, ça se fera sans perte d’emploi, a déclaré Mario Simard, rappelant que tous les députés du Québec sont d'accord avec cette proposition.

Stéphane Bégin croit que cette façon de faire provoquerait des pertes d’emplois au Centre fiscal de Jonquière, où travaillent environ 1000 fonctionnaires fédéraux. Pour fermer le Centre fiscal, vous allez devoir me passer sur le corps et vous verrez qu’il est assez épais, a lancé en boutade Stéphane Bégin.

Je suis marié depuis 24 ans, je ne suis pas intéressé, a rétorqué immédiatement Mario Simard, ce qui a provoqué quelques rires.

Marieve Ruel a profité de son temps de parole pour rappeler l’importance de mettre en place des mesures pour aider les moins bien nantis en matière de subsistance et de logement. 

Couramment abordé par les temps qui courent, le thème de la pénurie de main-d’oeuvre a de nouveau été discuté dans le débat. Il n’en fallait pas plus pour que le candidat bloquiste rappelle que les députés libéraux, néo-démocrates et conservateurs ont profité du programme de subvention salariale, contrairement aux députés du Bloc québécois.

Gouvernement minoritaire utile à la région?

S’il y a un gouvernement minoritaire, on n’ira pas en élections avant quatre ans, s’est engagé Richard Martel. 

À l'opposé, Mario Simard a répondu que le récent gouvernement minoritaire a permis de faire de nombreux gains pour la région.

La néo-démocrate Ruel a plutôt soutenu que ce type de gouvernement assure une pluralité des voix.

Premier geste

S’il est élu, Stéphane Bégin veut être un agent de changement.

Je veux être celui qui va frapper le coup de circuit pour amener mon équipe jusqu’en séries, a-t-il illustré.

Marieve Ruel a exprimé son désir de s’assurer que les grandes propositions fédérales ressemblent à Jonquière. C’est de systématiquement demander que les politiques fédérales ressemblent aux régions. Aussi, c’est de vulgariser ce qui se passe. Vulgariser pour que les gens comprennent et à ce que les entreprises et les municipalités aient accès aux mesures fédérales, a-t-elle énuméré.

Dans la même veine, Mario Simard, qui s’est particulièrement illustré lors du débat, veut représenter les intérêts de ses concitoyens. Il veut travailler à la création d’un fonds de 120 millions de dollars pour développer la filière aluminium. 

Richard Martel a misé sur la carte du pouvoir. Selon lui, la région doit pouvoir compter sur des représentants de partis élus pour que des initiatives porteuses puissent se concrétiser.

Une mêlée de presse après

Chaque candidat pouvait être accompagné de deux invités. Soixante-cinq personnes étaient admises dans la salle. 

Pour l’anecdote, seul le candidat du PLC, Stéphane Bégin, portrait la cravate. 

Une mêlée de presse a eu lieu immédiatement après le débat. Tour à tour, Richard Martel, Mario Simard, Stéphane Bégin et Marieve Ruel ont répondu aux questions des journalistes, principalement issus de Radio-Canada et du Quotidien, coorganisateurs du débat. 

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