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Des sans-abris logés par la Ville d’Halifax auraient été forcés de quitter l’hôtel

Le mois dernier, la Municipalité avait expulsé des parcs les personnes sans-abri. Elle disait que l'hébergement à l'hôtel leur avait été offert.

Des tentes et des campements de personnes sans-abri dans un parc.

Le parc Meagher, à Halifax, le 15 septembre 2021.

Photo : Radio-Canada / Paul Légère

Radio-Canada

Des personnes sans-abri à Halifax, en Nouvelle-Écosse, se retrouveraient forcer de retourner à la rue après avoir été obligés de quitter la chambre d’hôtel que leur fournissait la municipalité, selon un organisme qui vient en aide aux individus en situation d’itinérance.

Le mois dernier, la Municipalité régionale d’Halifax avait ordonné l’expulsion des personnes sans-abri qui dormaient dans plusieurs parcs de la ville, et le démantèlement de leurs campements.

La Ville s’était défendue en disant qu’elle avait proposé aux individus sans logement de les loger dans des hôtels, aux frais de la municipalité.

Des tentes et des campements de personnes sans-abri dans un parc.

Une vingtaine de personnes, environ, campent cette semaine dans le parc Meagher, à Halifax.

Photo : CBC

Rachelle Sauvé est membre du réseau communautaire P. A. D. S., un organisme qui explique militer pour du logement permanent, abordable, décent et sécuritaire.

Elle coordonne les campements au parc Meagher, un parc de dimension modeste dans le quartier ouest d'Halifax, qui a été informellement rebaptisé People’s Park (parc du peuple) par les gens qui y vivent et les bénévoles qui les soutiennent.

Elle dit que parmi les personnes logées à l'hôtel Comfort Inn Dartmouth, deux dormaient précédemment sous une tente plantée dans le parc Meagher.

Selon Mme Sauvé, ces personnes sans-abri ont accepté de quitter leur campement dans le parc pour aller à l’hôtel, car la Ville leur avait promis qu’ils pourraient être hébergés dans une chambre jusqu’à ce que l’on trouve une solution à plus long terme.

Or, ils auraient été sommés de quitter l’hôtel mercredi, et n’auraient reçu que 24 heures d’avis. Ils sont donc retournés vivre dans le parc, raconte Rachelle Sauvé.

Une femme en entrevue dans un parc devant des tentes.

Rachelle Sauvé, du réseau communautaire P. A. D. S., le 15 septembre 2021 à Halifax.

Photo : Radio-Canada / Paul Légère

La Municipalité régionale d’Halifax confirme qu'on a demandé à deux personnes - un couple - de quitter l'hôtel. Dans un courriel, la porte-parole de la Ville, Brynn Budden, précise que chaque individu placé à l'hôtel a été mis en contact avec un professionnel de soutien selon les besoins de la personne.

Au cours de la fin de semaine dernière, explique Mme Budden, huit personnes placées par la municipalité demeuraient à l'hôtel. Un individu a pu trouver un logement depuis et un couple a dû quitter les lieux à la demande de l'hôtel. Les cinq autres personnes sont toujours logées au Comfort Inn Dartmouth.

La gérante de l'établissement, Mary Vandergrift, nous a confirmé qu'elle avait avisé la Municipalité que les 10 chambres disponibles à son hôtel ne le seraient que pour 14 jours.

La Ville elle-même savait depuis très longtemps que c'était fini, affirme Rachelle Sauvé, qui dit avoir été surprise d’apprendre la nouvelle mardi. Même les gens qui travaillent avec les services [pour les sans-abris] ne savaient pas.

La porte-parole du réseau P. A. D. S estime que la situation démontre que la Municipalité régionale d’Halifax est désorganisée dans ses efforts pour remédier à l’itinérance, de plus en plus répandue.

Brynn Budden, porte-parole de la Municipalité, a écrit que les campements ne pourraient pas rester indéfiniment dans les parcs.

Elle a affirmé que 24 plaintes au sujet du parc Meagher avaient été reçues au 311, la ligne d’information sur les services municipaux, depuis le 19 août. À la police d'Halifax, le porte-parole John MacLeod a affirmé que 7 appels ont été reçus au sujet de cet endroit.

En août, la Ville d'Halifax et son service policier ont essuyé de vives critiques pour avoir démantelé des campements dans des parcs et expulsé les personnes sans-abri qui y vivaient.

D’après le reportage de Paul Légère

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