•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le CISSS-AT confirme que des ruptures sont à prévoir, sans dire où et quand

L'entrée de la salle d'urgence à Senneterre.

L'entrée de la salle d'urgence à Senneterre.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Radio-Canada

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue a confirmé, mercredi, que des ruptures de services étaient à prévoir dans la région, sans toutefois préciser lesquelles, dans quelles installations ni quand elles auraient lieu.

Des rencontres ont eu lieu avec les syndicats et les élus de la région mercredi après-midi, mais le CISSS indique qu’il informera la population des ruptures en temps et lieu dans son infolettre du vendredi. Un point de presse est également prévu vendredi avant-midi.

Le président de la Conférence des préfets de l'Abitibi-Témiscamingue, Martin Ferron, a assisté à la rencontre avec le Centre intégré de santé et de services sociaux mercredi après-midi.

Tenu à la confidentialité, le maire de Malartic a appelé toute la région à mettre l'épaule à la roue pour soutenir le système de santé.

On est vraiment devant le fait accompli. Il y en a 500 autres [infirmières] qui vont partir à la retraite d’ici 5 ans, à part les 200 qu’on a annoncé plus tôt aujourd’hui qui sont en manque. Ça veut dire quoi? C’est des fermetures de services dans des territoires et des points de services et c’est ce qu’on ne veut pas. Il va peut-être y avoir des pauses dans certains secteurs ou des arrêts temporaires. Ce n’est pas souhaité, mais on ne peut pas donner des services quand il n’y a personne et qu’elles n’existent pas, ces personnes qualifiées là, souligne-t-il.

Le préfet de la MRC de la Vallée-de-l'Or presse également le gouvernement fédéral à accélérer l'immigration, notamment pour les futurs étudiants.

Un message qu’on lance au gouvernement, c’est : "Ouvrez les portes de l’immigration. S’il vous plaît, cessez de faire de vous des gens qui font peur aux gens à cause de l’immigration, c’est faux. On a besoin d’une immigration jeune, une immigration qui veut venir chez nous s’installer, qui veut venir se faire former chez nous. Donnez des visas étudiants, il faut ouvrir les portes". Une des solutions, c’est celle-ci, implore Martin Ferron.

La députée solidaire de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien, après avoir rencontré le CISSS-AT mercredi, déplore la réorganisation des services qui sera implantée.

Reste que de fermer une urgence, ce n'est pas acceptable. L’urgence la plus proche est à 115 km à Val-d’Or. On ne choisit pas à quelle heure on frappe un orignal sur la 117 ou la 113. Donc, le ministère de la Santé a une obligation légale de rendre des services à la population et là, ce dont on se rend compte, c’est qu’il est en train d’échouer à cette mission première là, dit-elle.

Émilise Lessard-Therrien donnant un discours devant les résidences du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue à Rouyn-Noranda.

La députée de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien (archives)

Photo : Radio-Canada / Alexia Martel-Desjardins

La députée souhaite que le gouvernement dépose un plan d’action et s'attend à rencontrer le ministre au cours du mois de septembre pour lui faire part des réalités en Abitibi-Témiscamingue.

Le président de l'Association des médecins omnipraticiens du Nord-Ouest, Dr Jean-Yves Boutet, indique que le Comité stratégique décisionnel du CISSS-AT devait se rencontrer mercredi à 17 h. Ce comité effectue des rencontres régulièrement depuis novembre dernier.

On attend des précisions de la part de la PDG [du CISSS-AT], qui va vraiment expliquer en détail toutes les décisions qui ont été prises et évidemment les répercussions que ça a dans toutes les RLS, indique Dr Boutet.

En entrevue à l’émission Ça vaut le retour, le ministre responsable de l’Abitibi-Témiscamingue, Pierre Dufour, a donné un peu plus de détails sur la situation.

Je sais que là, ils sont dans le modus operandi de rencontrer les maires, les préfets, pour établir ce qu’ils ont à proposer comme plan au ministère de la Santé. Donc, on est à peu près dans cette situation-là, présentement. Pour Senneterre, on parle quand même d’une ouverture de service de 8 h à 20 h, mais il y aurait un délestage dans la nuit, en fin de compte.

Une capture d'écran de Pierre Dufour faisant une présentation Zoom.

Pierre Dufour, ministre responsable de l'Abitibi-Témiscamingue (archives)

Photo : Capture d'écran

Le ministre invite les citoyens à contribuer s’ils le peuvent. Toute proposition qui est recevable, envoyez-nous ces informations-là au bureau, on va les véhiculer directement à qui de droit au ministère de la Santé pour essayer de désengorger le plus rapidement possible la problématique en Abitibi-Témiscamingue, a-t-il dit.

L’opposition s’en mêle

L'annonce des ruptures de service fait aussi réagir les partis d'opposition. Le porte-parole du Parti Québécois en matière de santé, Joël Arseneau, rapporte qu’il interpelle le gouvernement depuis plusieurs mois au sujet du manque de main-d'œuvre en santé.

On voit également qu'il y a des démissions en bloc à Roberval, on voit que des fermetures des services d’obstétrique, c’est sûr que c’est présent à Ville-Marie et c’est inconcevable que depuis le mois d’avril on n’ait pas trouvé une solution, mais ça se passe également en Outaouais, ça se passe à Matane, un peu partout. La seule solution qu’on a trouvée, c'est priver les gens de services de santé dans nos régions. C’est inacceptable, lance-t-il.

Joël Arseneau.

Joël Arseneau, porte-parole du Parti Québécois en matière de santé (archives)

Photo : Radio-Canada

Joël Arseneau affirme que le gouvernement devrait trouver d'autres solutions. Il mentionne par exemple d'instaurer de meilleures conditions de travail et de donner les meilleurs quarts de travail aux infirmières du réseau de la santé plutôt qu'aux infirmières des agences privées.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !