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Après plus de 20 ans, Shoal Lake 40 a enfin de l’eau potable

Trois hommes devant un lutrin boivent de l'eau.

Le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller (à g.) et le chef de la Première Nation Vernon Redsky (à dr.) ont bu de l'eau qu'il ne fallait pas d'abord faire bouillir, une première en 20 ans.

Photo : Radio-Canada / Jérémie Bergeron

L’avis de faire bouillir de l’eau dans la Première Nation de Shoal Lake 40 est levé pour la première fois en plus de 20 ans. La communauté située à la frontière entre le Manitoba et l'Ontario a procédé mercredi à l'inauguration de son usine de traitement et de distribution d'eau potable.

L’opérateur en chef de l'usine, Anthony Green, qui travaille dans une usine de traitement d'eau depuis 10 ans, attendait ce moment depuis longtemps. Jamais il n'aurait pensé pouvoir travailler dans sa communauté.

C’était pénible d’être coincé avec des avis d’ébullition d’eau depuis près de 30 ans, de ne pas pouvoir boire notre propre eau et de savoir que des centaines de milliers de personnes buvaient notre eau en puisant dans notre cours d’eau sans s’en soucier , déclare M. Green.

Bien que Shoal Lake puise son eau de la même source que la Ville de Winnipeg, le lac Shoal, la communauté n'avait pas accès à l'eau potable depuis 1997.

Un homme portant un casque et tenant un flacon rempli à moitié

Anthony Green, opérateur de l'suine de traitement d'eau de Shoal Lake attendait ce jour depuis longtemps.

Photo : Tyson Koschik/CBC

Anthony Green affirme ainsi que grâce à cette usine, les résidents de Shoal Lake n'auront plus à se soucier de boire l'eau du robinet. Il s’agit d’un grand soulagement pour les 300 résidents de la Première Nation.

Désormais, toutes les maisons de la communauté sont branchées au nouveau système de distribution de l'eau.

Il commençait à être temps, a lancé le chef de la Première Nation de Shoal Lake 40, Vernon Redsky, mercredi.

C’est incroyable comment les choses fonctionnent quand tout le monde travaille sur la même page et luttent pour ce qu’ils veulent , a-t-il dit rendant hommage à ses prédécesseurs, dont l’ancien chef Albert Redsky, décédé en 2013, qui s’est battu toute sa vie pour obtenir de l’eau potable et un meilleur mode de vie dans sa communauté.

Plus d'une vingtaine de personnes, dont des représentants de la communauté et le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller, ont assisté à l'inauguration de l'usine.

C'est un nouveau jour pour Shoal Lake 40, a affirmé le ministre Miller.

Le ministre et le chef Redsky ont été les premiers à goûter à l'eau.

Marc Miller a déclaré : “Ce n'est pas une victoire du gouvernement fédéral, mais que c'est une victoire de la communauté”.

La construction de l'ouvrage a commencé en 2019 et a coûté 33 millions de dollars. Anthony Green ne cache pas son optimiste quant à l'avenir de la réserve.

Vue extérieure du bâtiment.

L'usine de traitement et de distribution de l'eau de la Première Nation Shoal Lake 40.

Photo : Radio-Canada / Jérémie Bergeron

Certains jeunes dans la communauté n’ont jamais connu une époque où ils ne devaient pas faire bouillir leur eau ou boire de l’eau en bouteille, ce qui a poussé beaucoup d’entre eux à déménager, dit-il. 

Selon M. Green, l'inauguration de l'usine devrait offrir de nouvelles possibilités à la communauté. Il se dit d'ailleurs persuadé que plus de gens reviendront vivre à Shoal Lake 40.

Il note que l'achèvement de la route de la liberté, qui relie la Première Nation à la terre ferme, a permis la construction d'une nouvelle école.

La situation de Shoal Lake a suscité par le passé une importante mobilisation au Manitoba et même de l’attention internationale.

En 2015, une délégation de responsables de Shoal Lake 40 s'était rendue à Genève où elle a exposé cette situation devant un comité de l’Organisation des Nations unies portant sur les droits économiques, sociaux et culturels.

Selon des données du 28 août de Services aux Autochtones Canada, 51 avis d’ébullition à long terme concernant l’eau potable sont en vigueur dans 32 communautés. 109 avis ont été levés depuis novembre 2015.

Avec les informations de Sarah Petz et La Presse canadienne

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