•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un boisé sur le flanc nord du mont Saint-Bruno sauvé par la Ville de Sainte-Julie

Une pancarte pour la sauvegarde du versant Sainte-Julie du mont Saint-Bruno.

Près de 20 000 personnes ont signé une pétition contre le déboisement du boisé de la Falaise.

Photo : Radio-Canada / Philippe-Antoine Saulnier

Philippe-Antoine Saulnier

La municipalité de Sainte-Julie, en Montérégie, acquiert un boisé d'environ quatre hectares, situé sur le flanc nord du mont Saint-Bruno. Des citoyens, qui s'étaient mobilisés pour empêcher la construction d'un ensemble résidentiel sur le site, crient victoire.

Les marcheurs et les randonneurs sont beaucoup plus nombreux dans le boisé de la Falaise, situé entre un quartier résidentiel de Sainte-Julie et le Parc national du Mont Saint-Bruno, depuis le début de la pandémie.

Mais en plein été 2020, les citoyens du quartier prennent connaissance d'un projet qui vise la construction d'une quinzaine de maisons de luxe dans le boisé de quatre hectares. La mobilisation se met en branle : des centaines de pancartes sont posées sur les terrains des résidents de Sainte-Julie et près de 20 000 personnes signent une pétition contre le déboisement du secteur.

En 2009, les citoyens s'étaient déjà mobilisés contre un projet domiciliaire à cet endroit. La Ville avait alors travaillé avec des fondations privées, pour permettre la protection de 16 hectares de forêt.

Un petit sentier de terre pour randonneurs dans le boisé.

Le boisé de la Falaise est situé entre un quartier résidentiel de Sainte-Julie et le Parc national du Mont Saint-Bruno.

Photo : Radio-Canada / Philippe-Antoine Saulnier

Le nouveau projet de la Falaise était vu d'un bon œil par la Ville, qui y voyait la dernière étape dans le développement du quartier des Hauts-Bois. La municipalité avait lancé un appel d'offres pour la construction d'une rue et d'infrastructures. Évidemment, il y a des citoyens qui souhaitaient la préservation de ce boisé-là, rappelle la mairesse Suzanne Roy.

Pour nous, il n'était pas question d'aller vers une expropriation déguisée. On ne souhaitait pas non plus avoir à investir plusieurs millions.

Une citation de :Suzanne Roy, mairesse de Sainte-Julie

Pour tenter de stopper le projet domiciliaire, les citoyens se sont tournés vers les tribunaux, en invoquant la présence sur le site de ginseng à cinq folioles, une plante qui doit être protégée selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.

Sauvé pour presque cinq millions de dollars

Puis, au printemps, Sainte-Julie change son fusil d'épaule. La Ville entame des discussions avec le promoteur en vue de l'achat du terrain et décrète une réserve foncière pour geler le développement du boisé pendant au moins deux ans.

L'acquisition, au coût de 4 445 000 $, est finalement devenue possible grâce à l'appui de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) et de son programme de la Trame verte et bleue. En vertu de ce programme, la CMM et le gouvernement du Québec ont payé chacun un tiers du coût d'acquisition du terrain, qui a pu cependant être établi sur la base de la juste valeur marchande. Cela n'aurait pas été possible si la Ville avait agi par expropriation, car elle aurait dû verser au propriétaire un dédommagement pour la perte de profits potentiels.

On connaît la Loi sur l'expropriation actuellement, où on voit des terrains se vendre jusqu'à cinq fois la valeur marchande, explique Suzanne Roy. On ne pouvait pas aller là, on ne voulait pas aller là comme municipalité, dit-elle.

L'acquisition du boisé par la Ville de Sainte-Julie permet de protéger un secteur stratégique pour la Communauté métropolitaine de Montréal. La protection des milieux naturels dans le Sud du Québec, et en particulier sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal, est un enjeu extrêmement important qui nécessite des efforts, explique Stéphane Pineault, coordonnateur exécutif, politiques, interventions et développement à la CMM. En particulier au piémont des collines montérégiennes, qui font l'objet d'une grande demande au niveau de l'urbanisation, ajoute-t-il.

Aux yeux des citoyens du quartier, c'est leur mobilisation qui a permis de faire pencher la balance et de sauver le boisé, comme l'explique Sonia Pépin, du Comité citoyen pour la préservation du Versant Sainte-Julie.

Notre intention, c'était de protéger des espèces rares menacées, de protéger des espaces naturels, la biodiversité. Et ça, je pense que ça interpelle les Québécois et les Québécoises; ça devenait une corde sensible

Une citation de :Sonia Pépin

J'espère vraiment que cette protection-là va donner le ton pour l'ensemble des Montérégiennes, et motiver d'autres groupes à travers le Québec à vraiment continuer de défendre les milieux naturels, ajoute Julie Charest, une autre résidente du quartier.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !