•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le Parti vert promet de transformer profondément l’économie albertaine

Tout au long de la campagne, ICI Alberta fouille les plateformes électorales des principaux partis pour en faire ressortir les éléments qui s'adressent aux Albertains.

Annamie Paul entourée de pancartes des verts portant son nom.

Annamie Paul est la cheffe du Parti vert du Canada.

Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov

Le plan du Parti vert du Canada s’oppose diamétralement à la vision et à presque toutes les demandes du gouvernement albertain. Il promet toutefois d’aider les provinces dépendantes du pétrole à tirer leur épingle du jeu dans une économie plus verte.

Une fin abrupte pour l’économie pétrolière

Comme le Nouveau Parti démocratique, le Parti vert promet d’abolir immédiatement tous les types de subventions pour l’industrie fossile, mais il va beaucoup plus loin.

Dès son arrivée au pouvoir, il annulerait tous les nouveaux projets d’exploration pétrolière ou de pipelines, dont Trans Mountain. Il bannirait aussi la fracturation hydraulique.

Les activités pétrolières et gazières déjà en service devront aussi être peu à peu abandonnées, pour que le Canada puisse complètement cesser de produire du bitume entre 2030 et 2035.

Ainsi, et avec une panoplie de mesures sous-jacentes, le Parti vert compte réduire les émissions de gaz à effet de serre du pays de 60 % par rapport aux niveaux de 2005, d’ici 2030.

Le Parti libéral s’est engagé à une réduction de 40 % à 45 %, et le Nouveau Parti démocratique s’engage à les réduire de moitié au cours de la même période.

Le Parti conservateur se contente de promettre qu’il respectera les cibles initiales de l’Accord de Paris, soit une réduction de 30 %.

Le Parti vert a par ailleurs le plan de tarification sur le carbone le plus élevé des principaux partis fédéraux. Il compte l’augmenter de 25 $ par tonne chaque année jusqu’en 2030.

Il promet toutefois aussi d’introduire des ajustements à la frontière en matière de carbone pour éviter que les entreprises canadiennes ne souffrent de concurrence déloyale de la part d’entreprises étrangères qui ne sont pas assujetties aux mêmes exigences.

Créer des emplois plus nombreux et mieux rémunérés

Le Parti vert est d’avis que les économies qui, comme celle de l’Alberta, dépendent fortement des énergies fossiles peuvent utiliser leur expertise dans ce secteur pour devenir des pionnières des technologies renouvelables.

Dans sa plateforme, le Parti assure qu’il peut même remplacer chaque emploi bien rémunéré du secteur des énergies fossiles par un emploi bien rémunéré dans l’économie verte à l'aide d'assurances salaire et de plans de retraite anticipée.

Il compte, entre autres, faire passer les dépenses en recherche et développement à 2,5 % du produit intérieur brut canadien pour stimuler l'innovation technologique.

Il promet également de nombreuses mesures pour stimuler les investissements et la création d’emplois dans le secteur des technologies vertes et des énergies renouvelables, dont certaines seraient spécifiques aux régions qui dépendent des combustibles fossiles.

Ces investissements permettront de créer des emplois plus nombreux et mieux rémunérés que ceux du secteur pétrolier, d’après le Parti vert.

Je pense que c'est optimiste. [...] On peut trouver des emplois et une industrie pour remplacer, mais aujourd'hui, on ne sait pas ce que c'est exactement, dit la directrice des énergies fossiles à l'Institut Pembina, Nina Lothian.

Elle croit que le Parti vert a raison sur certains points : l'industrie énergétique albertaine a acquis une expertise et des infrastructures en matière d'énergie géothermale et de capture de carbone. Elle pourrait s'en servir pour tirer son épingle du jeu dans la transition énergétique.

Nina Lothian estime aussi que les secteurs éolien et solaire, ainsi que l'exploitation de minéraux utilisés pour la fabrication de piles, comme le lithium, ont un potentiel économique intéressant pour l'Alberta.

Un gouvernement vert adopterait par ailleurs une loi sur la transition juste avant la fin de l’année pour protéger les travailleurs et les communautés qui seront le plus touchés par le démantèlement des industries fossiles.

Les libéraux promettent une telle loi depuis 2019, mais ils n’ont pas donné d’échéancier pour cette promesse.

Un train rapide entre Calgary et Edmonton

Le secteur des transports connaîtrait lui aussi une profonde transformation dans un gouvernement vert. La vente de véhicules particuliers équipés de moteur à combustion interne serait interdite d’ici 2030.

Le Parti vert promet aussi des centaines de millions de dollars pour améliorer le transport ferroviaire de passagers à travers le pays.

Une ligne de train électrique circulant au moins à 200 km/h serait notamment mise en place entre Edmonton et Calgary. Une autre ligne relierait Toronto, Ottawa, Québec et Montréal.

Le Campus Saint-Jean est aussi mentionné dans la plateforme des verts. Celle-ci promet de lui fournir un soutien urgent. Elle s’engage aussi à assurer un financement stable aux établissements postsecondaires de langue minoritaire.

Contrairement aux libéraux et aux conservateurs, qui ont respectivement promis 40 et 30 millions de dollars d’argent frais pour ces établissements, les verts n’ont pas chiffré leur engagement.

Les revendications du gouvernement albertain concernant la péréquation ou les paiements de stabilisation fiscale sont passées sous silence dans la plateforme des verts, comme elles l’ont d’ailleurs été dans celles des néo-démocrates et des libéraux.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !