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Un bar de Regina dit non à la « masculinité toxique »

La devanture du bar Lancaster Taphouse à Regina.

L'établissement a publié un message sur Facebook pour dénoncer des propos machistes.

Photo : Facebook / Lancaster Taphouse

Radio-Canada

Les propriétaires et les gérants du bar Lancaster Taphouse à Regina veulent en finir avec le sexisme et la masculinité toxique qu'ils constatent chez certains clients.

La gérante de l’établissement, Tracy Herauf, affirme avoir eu affaire à de nombreux clients indisciplinés au cours de ses 20 années d'expérience dans l'industrie de la restauration. Mais selon elle, la situation ne cesse d'empirer et elle veut mettre un terme aux remarques humiliantes dont elle et son personnel sont victimes.

Tracy Herauf ajoute que des incidents se produisent au moins deux fois par semaine. L'un d'entre eux est un bon exemple des comportements que les femmes doivent subir, dit-elle.

Elle raconte qu'elle donnait un coup de main à la serveuse qui était au bar, où trois hommes étaient assis. Deux d'entre eux avaient vidé leur verre. « La serveuse s’est approchée de trois clients et a demandé aux deux hommes dont les verres étaient vides s'ils voulaient autre chose, puis elle est revenue vers moi pour que je prépare leur commande. Quand elle a passé devant le troisième homme, il lui a crié : "Quel est le problème? Tu peux juste mémoriser deux commandes dans ton petit cerveau?" »

À la suite d’une autre journée stressante après un match de Roughriders, le copropriétaire du Lancaster Taphouse, Tim Rogers, a entendu d’autres témoignages similaires de la part de son personnel.

Le pire selon lui, c’est de voir la frustration sur le visage de ses employés alors que ceux-ci devraient être satisfaits en fin de journée.

Est-ce que ce ne sont qu’une poignée de personnes qui ont oublié comment socialiser après un an et demi? Est-ce que c'est une façon de sortir la frustration? Ça devenait de plus en plus fréquent et il était temps de faire quelque chose.

Une citation de :Tim Rogers, copropriétaire du Lancaster Taphouse de Regina

Alors que l'industrie de la restauration a souffert durant la pandémie et que le personnel reçoit un pourboire limité, il est difficile, explique Tim Rogers, de gérer les mauvais comportements des clients.

Tracy Herauf estime qu'il est de sa responsabilité d’assurer un environnement de travail sûr, sans harcèlement ni abus. Elle ajoute que cette logique n’a pas toujours été partagée par les propriétaires de bars dans le passé, car certains avaient plutôt tendance à détourner le regard.

Tim Rogers a décidé de réagir sur Facebook pour informer ses clients que ce genre de comportement ne sera pas toléré.

Dans un message publié le 6 septembre, le copropriétaire du Lancaster Taphouse dénonce la masculinité toxique qui sévit en ce moment.

Nous avons une équipe absolument magnifique et notre établissement est géré par des femmes incroyables, indique-t-il dans son message, en précisant que le bar ne cherchait pas à recruter exclusivement des femmes, mais que celles-ci sont les meilleures pour ce travail.

Tim Rogers dit aussi être en colère en voyant à quel point ce travail est plus difficile pour les femmes, qui doivent encaisser des remarques absolument condescendantes et dégoûtantes de la part de clients.

Il s’insurge contre ces clients qui se permettent d’insulter des femmes simplement parce qu’ils sont assis de l’autre côté du bar. Cela ne se reproduira plus, insiste le propriétaire de l’établissement.

Si vous avez besoin d'aller au restaurant et d’insulter les employés, vous n'êtes plus le bienvenu au Lancaster, ajoute-t-il. Tolérance zéro.

Tracy Herauf assure que le niveau de soutien à ce message a été génial, notamment de la part d’employés de l'industrie hôtelière. C’est la preuve, selon elle, que ce problème existe toujours, et que cela doit changer.

Avec les informations de Joelle Seal, CBC

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