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Demain, j’étais ici : la parole aux adultes de demain

À gauche : Toby Guillemette, souriant. À droite : Sarah Komendat, souriante, dans un studio d'enregistrement.

Toby Guillemette et Sarah Komendat ont participé à l'œuvre audionumérique Demain, j’étais ici, lancée par le Théâtre Catapulte et La Nouvelle Scène.

Photo : Avec la gracieuseté de Toby Guillemette / Pierre Antoine Lafon Simard

« Il fera beau demain » : c’est le message d’espoir qu’ont voulu lancer les 26 adolescents d’Ottawa dont les textes et les voix s’entrecroisent dans l'œuvre audionumérique Demain, j’étais ici, lancée cette semaine par le Théâtre Catapulte et La Nouvelle Scène.

L’idée à la base de ce projet : permettre à chacun d'eux de s’exprimer sur ses expériences personnelles, ses rêves ou ses difficultés, puis les illustrer en mots et en images.

Les élèves du Centre d’excellence artistique de l’Ontario, à Ottawa, ont travaillé à ce concept de baladodiffusion, alors qu’ils étaient confinés chacun chez soi, en plein cœur de la troisième vague de la pandémie de la COVID-19, l’automne dernier.

Parents séparés, transidentité, amitié à distance : les jeunes ont eu carte blanche. Ainsi, la moitié des participants ont pris la plume en rédigeant un texte; l’autre a ensuite pris la parole en y prêtant une voix et une interprétation aux mots des premiers.

S’inspirer de soi pour écrire

Toby Guillemette, souriant, devant un mur de briques.

Toby Guillemette, 17 ans.

Photo : Avec la gracieuseté de Toby Guillemette

Pour le jeune auteur Toby Guillemette, âgé de 17 ans, cet exercice a été aussi effrayant qu’excitant puisque, pour écrire, il a choisi de puiser dans une expérience extrêmement personnelle, dit-il.

À travers son texte, intitulé I’m not gonna lie, il a revisité la période de sa vie durant laquelle, plus jeune, il jouait au hockey. À cette époque, il se questionnait beaucoup sur son identité et vivait un malaise au sein de cet environnement.

Il n’y a pas beaucoup de représentations de personnes LGBTQ+, surtout transgenres, dans les sports et je voulais en parler, souligne Toby Guillemette.

Au moment de commencer à lancer des idées, ils passaient des lois aux États-Unis pour empêcher les enfants transgenres de participer aux sports à l’école. En voyant ça, ça m’a poussé à réfléchir sur ma propre expérience : j’ai dû quitter le sport à cause de mon identité, parce que je n’étais pas capable de continuer.

Une citation de :Toby Guillemette, auteur pour le projet « Demain, j’étais ici »

Il espère que ses mots puissent servir de baume à d’autres adolescents, qui partagent une expérience similaire. Même [si c’est juste] une personne, c’est important de partager [mon texte] pour que quelqu'un se reconnaisse et sache qu’il n’est pas seul, avance-t-il.

S’approprier les mots des autres

Sarah Komendat, souriante, devant un mur de briques.

Sarah Komendat, 17 ans.

Photo : Avec la gracieuseté de Sarah Komendat

Pour sa part, l’adolescente de 17 ans Sarah Komendat a plutôt fait l’exercice inverse : au lieu de rédiger un texte, elle livre aujourd’hui à voix haute les mots de l’une de ses camarades de classe.

Dans Le trajet, signé par sa coéquipière Amel Amrouche, la narratrice revisite les rêves et ambitions de l’héroïne de l’histoire, alors que cette dernière se rend au travail à bord du train léger.

C’est quelque chose que j'ai vécu presque quotidiennement, donc je me suis vraiment retrouvée [dans cette histoire], raconte l’interprète. Je me suis assurée de comprendre le texte et les intentions de l’auteur, [mais] mes propres expériences en tant qu'adolescente à Ottawa m’ont aussi guidée.

[Le projet] aide à entendre la voix des adolescents, [mais] ça cible tout le monde [parce que], au départ, c’était pour les adolescents qui ont vécu des temps difficiles en isolement, mais tout le monde a vécu cette expérience de la pandémie.

Une citation de :Sarah Komendat, interprète pour le projet « Demain, j’étais ici »

Allers-retours entre le passé et l’avenir

Une des instigatrices du projet, la directrice artistique du Théâtre Catapulte, Danielle Le Saux-Farmer, a accompagné les étudiants et étudiantes du volet théâtre du Centre d’excellence artistique dans leur interprétation. Selon elle, cette œuvre audiovisuelle offre un espace important aux adolescents pour leur permettre de s’exprimer sur leur passé, mais aussi de se questionner sur leur avenir.

C’est comme si cette période de confinement a donné aux ados un espace d'introspection qui, peut-être, a habité tout le monde, mais les ados ont été vraiment plongés là-dedans, fait-elle valoir.

Beaucoup d’entre eux s’apprêtent à quitter le secondaire pour aller vers l’université. Maintenant, qu’est-ce que l’avenir leur réserve dans ce monde profondément changé [par la pandémie]? Leur regard est tourné vers l’avenir. Ça crée beaucoup d’anxiété, mais il y a aussi énormément d’espoir.

Une citation de :Danielle Le Saux-Farmer, directrice artistique du Théâtre Catapulte

Cette dernière espère désormais offrir à ceux qui tendront l’oreille vers ces textes un moment d’échappatoire poétique à travers le quotidien et l'actualité teintés par la pandémie.

Les créations des jeunes sont regroupées en trois zones - rouge, orange et verte, à l’image du code de couleur de la pandémie - et sont mises en ligne en trois vagues. Les zones rouge et orange sont déjà accessibles, alors que les textes de la zone verte seront disponibles vendredi.

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