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Résidences et camping menacés par l’érosion des berges à Montmagny

Quelles solutions les candidats à l'élection fédérale dans Montmagny-L’Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup proposent-ils?

Un ancien chemin du Camping de la Pointe-aux-Oies s'est effondré dans le fleuve.

Un ancien chemin du Camping de la Pointe-aux-Oies s'est effondré dans le fleuve.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

« Les changements climatiques, nous, on les vit », déplore le maire de Montmagny en observant les vagues du fleuve Saint-Laurent gruger de plus en plus les berges du territoire. Bernard Boulet en fait l'un des enjeux prioritaires de l'élection fédérale de lundi.

Le camping de la Pointe aux Oies à Montmagny est frappé de plein fouet par l’érosion des berges. Environ 17 mètres de terrain sont disparus au cours des cinq dernières années.

On vit quelque chose d'assez terrible. L'environnement nous tient à cœur. On est en train de perdre un camping, relate Bernard Boulet.

L'érosion des berges menace un camping de Montmagny.

L'érosion des berges menace un camping de Montmagny.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Il n’y a pratiquement plus de végétation sur les battures. Le sol qui s’inclinait tranquillement vers le fleuve, il n’y a de ça qu’une dizaine d’années, s’est transformé en falaise.

Le camping était différent avant. On avait des arbres en bas. Assez que les gens qui arrivaient ici disaient : "Vous avez un beau fleuve, mais on ne le voit presque pas", relate le directeur général du camping, Raymond Gaudreau. Maintenant, tous les arbres sont partis. Il y a aussi une rangée de terrains qui est partie , ajoute-t-il.

Le Camping de la Pointe-aux-Oies à Montmagny.

Le Camping de la Pointe-aux-Oies, à Montmagny

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Les changements climatiques provoquent un rehaussement du niveau moyen de la mer, une réduction des périodes d’englacement hivernal et une augmentation de la fréquence des tempêtes, des redoux et des pluies hivernales. Ces phénomènes ont tous pour effet d’accélérer l’érosion des berges.

À chaque grand vent de l'est, on voit des galettes débouler. Ça gruge par en dessus et ça déboule. Avant, on n’avait pas ça l'été. On avait ça l'automne et le printemps.

Une citation de :Raymond Gaudreau, directeur général du Camping de la Pointe-aux-Oies

Résidences menacées

L’effritement de la pointe a des conséquences sur les riverains quelques centaines de mètres à l’ouest. Plus rien ne freine désormais les vagues qui se dirigent tout droit vers leurs résidences.

Le mur qui soutient le terrain de la résidence de Guy Thibault s'est brisé l'automne dernier lors des grandes marées.

Le mur qui soutient le terrain de la résidence de Guy Thibault s'est brisé l'automne dernier lors des grandes marées.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Guy Thibault a acheté sa propriété en 1985. À l’époque, il était loin de se douter que le fleuve qui l’avait charmé menacerait un jour sa maison.

On se disait, on est en sécurité. L’eau ne venait jamais jusqu'au mur de pierre. Les battures étaient tellement loin. L'eau venait, mais sans force, raconte M. Thibault.

L’an dernier, la force des vagues a brisé le mur soutenant son terrain et ceux de ces voisins. Un nouveau mur de soutènement le long du petit quartier pourrait coûter plus d’un million de dollars. De l’enrochement est aussi envisagé, mais les frais restent importants pour les retraités.

Candidats interpellés

Pour le maire, cet enjeu est incontournable dans toute la circonscription de Montmagny-L’Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup.

Bernard Boulet est d’avis que les candidats doivent s’engager à aider les municipalités côtières à stabiliser les berges à court terme.

Le maire de Montmagny, Bernard Boulet

Le maire de Montmagny, Bernard Boulet

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Une étude commandée par la Ville chiffre à plus de 2 millions de dollars la stabilisation des berges dans le secteur de la Pointe-aux-Oies. Il déplore qu’Ottawa semble pour l’instant s’échanger la balle avec Québec.

Le fond du fleuve appartient au Québec. Le dessus appartient au fédéral. Les berges nous appartiennent. Donc, les vagues qui nous frappent, je ne sais pas si elles partent du fédéral et c'est le vent qui les pousse?

Une citation de :Bernard Boulet, maire de Montmagny
Le Camping de la Pointe-aux-Oies pourrait devoir supprimer de nouveaux emplacements rapidement en raison de l'érosion des berges.

Le Camping de la Pointe-aux-Oies pourrait devoir supprimer de nouveaux emplacements rapidement en raison de l'érosion des berges.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Chose certaine : le temps presse, alors que le directeur général du camping de la Pointe-aux-Oies songe déjà à déplacer la clôture de son terrain et à supprimer de nouveaux espaces qui menacent de s’écrouler à leur tour.

C'est un enjeu très important. Voir partir notre terrain comme ça, ça nous fait de quoi , conclut Raymond Gaudreau.

Réponses des candidats

Les candidats à l'élection fédérale dans Montmagny-L’Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup ont communiqué par écrit leur solution pour endiguer l'érosion des berges du Saint-Laurent à la Pointe-aux-Oies.

Simon Bérubé, candidat du Bloc québécois

Le candidat du Bloc québécois dans Montmagny-L'Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup, Simon Bérubé

Le candidat du Bloc québécois dans Montmagny-L'Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup, Simon Bérubé

Photo : Radio-Canada

« La lutte aux changements climatiques doit être fondée à la fois sur la mitigation et l’adaptation à ces changements.

Le recul des rives et l’érosion font l’objet d’une action politique soutenue du Bloc Québécois depuis des années. Il existait auparavant un programme fédéral servant à financer la protection des rives, qui fut aboli et jamais réactivé. Le Bloc Québécois propose la création d’un fonds dédié à la lutte contre l’érosion et un financement annuel de 250 millions de dollars. Le financement doit être récurrent et prévisible.

À Montmagny, la Pointe-aux-Oies perd 4 pieds par année à cause de l’érosion. Notre candidat pour Gaspésie–Les Îles-de-la-Madeleine, Guy Bernatchez, est maire de la municipalité de Saint-Maxime-du-Mont-Louis, où la route 132 s’est affaissée et a été emportée par la mer. Le Bloc Québécois comprend très bien qu’il ne suffit pas de réparer les dégâts des incidents climatiques. Il faut les prévenir. »


Bernard Généreux, député sortant, Parti conservateur du Canada

Portrait de Bernard Généreux, député fédéral de la circonscription de Montmagny—L’Islet—Kamouraska—Rivière-du-Loup lors de la période des questions le 30 novembre 2020.

Bernard Généreux, député fédéral de la circonscription de Montmagny—L’Islet—Kamouraska—Rivière-du-Loup, lors de la période des questions le 30 novembre 2020.

Photo : Christian Diotte

« Nous reconnaissons les changements climatiques et avons dévoilé au cours de la dernière année notre Plan environnemental pour s’attaquer à l’enjeu. Au niveau local, j’aimerais être au centre du dialogue entre les municipalités et un éventuel gouvernement conservateur au fédéral pour soutenir tout projet pour améliorer nos berges. Je suis fier de représenter le comté le plus pittoresque au pays, bordé au Nord par le littoral. Il est important de le préserver de façon durable tout en mettant sa splendeur naturelle en évidence. »


François Lapointe, candidat du Parti libéral du Canada

Le candidat du Parti libéral du Canada dans Montmagny-L’Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup, François Lapointe

Le candidat du Parti libéral du Canada dans Montmagny-L’Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup, François Lapointe

Photo : Radio-Canada

« La taxe sur le carbone et la loi sur la carboneutralité du Canada ne sont que deux exemples des nombreuses décisions prises par le gouvernement libéral pour réduire notre production de GES rapidement. On retrouve aussi dans notre plate-forme des mesures pour aider les Canadiens à se préparer aux effets du réchauffement climatique, dont l’érosion des littoraux, ainsi que l’engagement d’achever la toute première stratégie nationale d’adaptation d’ici la fin de 2022.

Il faut travailler ensemble et sans attendre sur l’érosion des berges : universités, municipalités, organismes, gouvernement provincial. Il faut aborder la question globalement et trouver des solutions pérennes : quels sont les critères des sites à prioriser? L’enrochement demeure une solution, mais d’autres alternatives doivent-elles être utilisées, comme le reprofilage des berges et le développement des compétences en génie végétal? Certaines décisions devront s’appuyer sur la résilience des communautés, et exigeront de conserver une vision à long terme. »


Le candidat du Nouveau Parti démocratique Sean English n'a pas répondu à la question formulée par Radio-Canada.

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