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François Legault qualifie Gabriel Nadeau-Dubois de « woke » en Chambre

François Legault est debout en Chambre, les mains tendues vers l'avant.

Le premier ministre François Legault, photographié ici mardi, n'a de toute évidence pas aimé qu'on le compare à Maurice Duplessis.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

La Presse canadienne

Le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, est un « woke » aux yeux du premier ministre François Legault.

Le ton employé en Chambre par le premier ministre pour qualifier le nouveau chef parlementaire du deuxième groupe d'opposition, mercredi, durant la période de questions, ne laissait planer aucun doute sur la nature péjorative de l'épithète choisie.

M. Legault avait été piqué au vif par le préambule de la question posée par M. Nadeau-Dubois, qui l'avait comparé à l'ex-premier ministre Maurice Duplessis. La réplique a été cinglante.

Le chef de Québec solidaire nous parle de Maurice Duplessis. Il avait beaucoup de défauts, mais il défendait sa nation. Il n'était pas un "woke" comme le chef de Québec solidaire.

Une citation de :François Legault, premier ministre du Québec

Le courant woke désigne en général les gens affichant une grande vigilance pour débusquer les injustices sociales et surtout toutes les formes de racisme.

M. Nadeau-Dubois tentait de faire valoir que, selon lui, le premier ministre s'était dernièrement autoproclamé père de la nation québécoise, en intervenant dans la campagne électorale fédérale pour défendre avec force les valeurs québécoises, le respect des champs de compétence, la loi 21 sur la laïcité de l'État et le projet de loi 96 sur la révision du statut de la langue française au Québec. Il a rappelé au premier ministre qu'il n'avait pas reçu de la population le mandat de décréter à lui seul quelles sont les valeurs québécoises.

En agissant de la sorte, M. Legault a succombé à l'un de ses pires défauts. Il s'est mis à faire sa meilleure imitation de Maurice Duplessis, selon le député solidaire, ajoutant qu'on est des millions au Québec à ne pas se reconnaître en lui, à ne pas se reconnaître en son gouvernement, on est des millions à être tannés qu'il se présente comme notre sauveur, puis notre rédempteur.

« Je ne le suivrai pas »

Quand le premier ministre l'a traité de woke, le député solidaire n'a pas voulu relever le gant, affirmant que si le premier ministre veut faire descendre le niveau du débat dans les égouts, il peut le faire, je ne le suivrai pas.

Il a souligné que les détracteurs de la loi 21 étaient tout aussi Québécois que ceux qui l'appuient.

Le premier ministre n'a pas le droit de les expulser symboliquement de la nation québécoise parce qu'ils sont en désaccord avec lui. Il est premier ministre, pas monarque.

Une citation de :Gabriel Nadeau-Dubois, chef parlementaire de Québec solidaire

Le débat houleux entre les deux élus a vite dérapé sur les relations Québec-Ottawa. Se posant en souverainiste, Gabriel Nadeau-Dubois a ajouté que les chicanes autour des compétences fédérales ou provinciales ne l'intéressaient pas tant que ça.

Le premier ministre a pris la balle au bond pour conclure que ce que Québec solidaire nous dit, c'est que d'ici le prochain référendum, venez envahir nos champs de compétence, on aime ça.

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