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Archives

Le phénomène Watatatow

Dans un studio de télévision, sont assis sur un sofa les personnages suivants : Miguel Trépanier (Miguel Sanchez), Sophie Bonin-Jutras (Katerine-Lune Rollet), Tania Trépanier (Dong Thuy Hoang), Violaine Godin (Violaine Gélinas), Martine Frigon
(Véronique Bannon), Raphaël Thermidor (Ruddy Eloi).

Le téléroman jeunesse Watatatow a été diffusé de 1991 à 2005 à la télévision de Radio-Canada.

Photo : Radio-Canada / Jean-Pierre Karsenty

Radio-Canada

Il y a 30 ans, le 17 septembre 1991, Radio-Canada lançait Watatatow, un téléroman spécialement conçu pour les jeunes. Nos archives retracent l’évolution de cette série dramatique innovante qui a tenu l’antenne jusqu’en 2005.

Avec le téléroman Watatatow, le producteur Jean-Pierre Morin cible les adolescents, un groupe d’âge particulièrement difficile à atteindre en télévision.

S'ils se reconnaissent à l'écran, ils nous suivront, suggère le producteur à Radio-Canada.

Jouée par des jeunes et branchée directement sur leur univers, la série dramatique les montre dans leur vie quotidienne, évoque les problèmes qu'ils éprouvent, les défis qu’ils relèvent et les leçons qu'ils tirent de leurs déceptions, leurs loisirs, mais aussi leurs joies.

Générique d'ouverture de Watatatow, 17 septembre 1991 (Crédit : JBM Productions)

Toute l'action de Watatatow s’articule autour de trois familles et d'une maison de jeunes située dans un quartier populaire. Les jeunes, qui pour la plupart vont à l'école ensemble, sont liés par la camaraderie, l’amitié et pour certains, l’émulation.

Le générique d'ouverture du tout premier épisode diffusé le 17 septembre 1991 nous donne un bon aperçu de la fraîcheur et de l'énergie qui se dégagent de l'émission jeunesse.

Si le téléroman comporte ses moments dramatiques, Watatatow adopte généralement un ton fantaisiste qui reflète le langage, la musique et les goûts qui sont dans l’air du temps.

Livraison spéciale, 16 décembre 1993 (Crédit JMB Productions pour les extraits de l'émission Watatatow)

Watatatow est d’abord diffusée à raison de trois émissions par semaine, les mardis, mercredis et jeudis à 16 h 30.

Un rythme qui exige la mise en place d’une importante équipe de production comme nous le montre cet aperçu du plateau de tournage de Watatatow à l’émission Livraison spéciale du 16 décembre 1993.

Le comédien Patrick Huneault nous présente les coulisses de Watatatow et les différents corps de métier qui s’y activent.

Dans un décor d’appartement, les comédiens Hugo Saint-Cyr et Ruddy B. Eloi tournent dans la peau de leurs personnages Michel et Raphaël une scène impliquant des haltères, les conseils d’un ami et une possible conquête.

Je te le dis, je te le dis, elle tripe sur toi! Je pense qu’elle doit avoir hâte de te voir tout nu.

Une citation de :Raphaël Thermidor

Du réalisme et du rythme

Le personnage de Joël Cusson, joué par Serge Postigo.

À travers le personnage de Joël, incarné par le comédien Serge Postigo, l'émission Watatatow aborde la question de l'orientation sexuelle chez les jeunes.

Photo : Radio-Canada / Jean-Pierre Karsenty

La force du téléroman jeunesse repose en grande partie sur les thèmes qui y sont abordés. Dans Watatatow, il n’y a pas de sujets tabous.

Au cours de la saison 1993-1994, le personnage de Joël, joué par Serge Postigo, révèle par exemple à ses proches son homosexualité. Une sortie du placard qui sera reçue difficilement par sa mère (Martine Beaulne), mais mieux comprise par sa petite amie (Katherine-Lune Rollet).

Afin d’être un fidèle miroir des péripéties que peuvent vivre les adolescents, chaque épisode de 24 minutes de Watatatow compte plus de 20 éléments dramatiques.

À des thèmes plus généraux comme la jalousie, le sexisme, la peur et les déceptions amoureuses se greffent ainsi des thèmes plus lourds comme l’avortement, le suicide et la violence conjugale.

Les temps modernes, 7 décembre 1993 (Crédit JBM Productions pour l'extrait de l'émission Watatatow)

 Les sujets, on va les chercher sur le terrain , explique le producteur Jean-Pierre Morin à l’animatrice Isabelle Craig dans le cadre de l’émission Les temps modernes du 7 décembre 1993.

Chaque année, l’équipe de Watatatow rencontre autour de 600 élèves de 3e et 4e secondaire — public cible du téléroman — afin de mieux connaître leurs préoccupations.

C’est ainsi qu’est née une émission spéciale consacrée à la question du sida écrite par le scénariste Richard Blaimert et abordée d'un point de vue psychologique.

Ils [les adolescents] ont beaucoup d'information, mais ce qu'il faut réaliser, c'est que l'information ne se rend pas nécessairement.

Une citation de :Le scénariste Richard Blaimert

On a décidé d'en parler à notre façon, souligne le producteur Jean-Pierre Morin après avoir montré un extrait de cet épisode double dans lequel Gabriel (Pierre Rivard) révèle à Martin (Étienne de Passillé) qu’il est séropositif.

L’écriture de Watatatow se fait d’ailleurs en équipe, ce qui donne beaucoup de richesse à la trame du téléroman qui passe à quatre épisodes par semaine à partir de la saison 1994-1995.

Vingt-cinq auteurs y feront leurs premières armes, dont Richard Blaimert et Danielle Dansereau à qui l’on doit d’autres séries télévisées telles que Le monde de Charlotte, Diva, Les hauts et les bas de Sophie Paquin, Cover Girl, Le négociateur et 19-2.

Des personnages attachants, des comédiens loyaux

Une bande d'adolescents et d'adolescentes posent.

Plusieurs comédiens de la distribution de 1991 ont participé à l'aventure de Watatatow jusqu'en 2005.

Photo : Jean-Pierre Karsenty / Radio-Canada

À travers les quatorze années de diffusion de Watatatow à la télévision de Radio-Canada, le public fera connaissance avec près de 400 personnages.

Pour plusieurs comédiens, il s’agit d’une première expérience en télévision. Certains participeront à l’aventure du début à la fin. D’autres y joueront des rôles mémorables.

0340, 23 octobre 2001

C’est le cas de la comédienne Élyse Aussant qui joint l’équipe de Watatatow en 1992 à la suite du concours Deviens vedette de Watatatow.

Lorsqu’elle fait son entrée dans la peau d’Émilie Morin, Élyse Aussant est âgée de 16 ans tout comme son personnage. Sa première scène est une bouleversante tentative de suicide.

L’animatrice Katherine-Lune Rollet — qui a aussi joué dans Watatatow — s’entretient avec elle à l’émission 0340 du 23 octobre 2001.

Ça a été beaucoup d’émotions en dix ans, confirme la comédienne.

Le personnage d’Émilie ne devait faire que quelques apparitions dans Watatatow. Suivant l’intérêt des téléspectateurs, on créera finalement autour d’elle toute une famille dysfonctionnelle.

Sa relation orageuse avec son petit ami Éric Chicoine marquera particulièrement les esprits.

C'est mon école à moi. J'ai appris à jouer des émotions assez intenses avec ce personnage-là. J'ai été bien gâtée.

Une citation de :La comédienne Élyse Aussant

Tous les matins, 7 mars 2003 (Crédit Vivavision pour extrait du spectacle « 1000 fois Watatatow »)

En 2003, Watatatow franchit le cap des 1000 épisodes, un événement souligné par une émission spéciale présentée aux Beaux dimanches.

Les comédiens Hugo et Élyse Aussant sont interviewés à cette occasion à l’émission Tous les matins du 7 mars 2003.

Watatatow a eu un effet indéniable sur les jeunes, affirme la comédienne Élyse Aussant à la journaliste Claude Thibault, en permettant notamment d’amorcer des discussions en famille.

Le secret du succès de Watatatow selon Hugo St-Cyr? Un grand éventail de différents types de personnages, de différents types de familles.

Dans un numéro autour de la fameuse chanson de Watatatow dont on nous présente un extrait, on peut d’ailleurs voir toutes ces générations de personnages rassemblées.

Têtes à Kat, 21 février 2005 (Crédit Vivaclic pour les extraits de l'émission Watatatow)

La saison 2004-2005 est la dernière de Watatatow.

Les auteurs y intègrent quelques personnages afin d’aborder de nouvelles thématiques telles que la recherche d'un amour par Internet, la difficile réalité d'un jeune réfugié politique et la découverte d'une demi-sœur dont on ignorait l'existence.

Tova Roy assiste au dernier enregistrement du téléroman jeunesse pour l’émission Têtes à Kat du 21 février 2005.

De nombreux comédiens de Watatatow — anciens comme actuels —sont réunis pour vivre ce moment.

Derrière les caméras, Tova Roy croise Étienne de Passillé (Martin Goulet), Maud Beauchemin (Nadeige Miljours), Alex Gravel (John Tremblay) et Anik Vermette (Karine Loiselle).

C’est la moitié de ma vie que j’ai passé sur ce plateau, souligne Karine Pelletier qui a tenu le rôle de Stéphanie Couillard du premier au dernier épisode de Watatatow.

« Il y a une grande fierté d'avoir fait partie de ce groupe-là, de ce projet-là », exprime Olivier Loubry qui incarne le personnage de Colin Auclair.

Un projet de quatorze années, véritable phénomène de télévision, qui aura sans aucun doute inspiré d’autres séries ici et à l’international.

Au début des années 2000, un producteur des États-Unis avait d'ailleurs souhaité acquérir le concept de Watatatow pour en faire une version anglaise. Il avait reculé en visionnant l’émission-pilote qu’il avait jugée trop osée pour le public américain…

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