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Passeport vaccinal en Outaouais : de nouvelles habitudes s’installent

Façade du restaurant avec une affiche dans la fenêtre sur laquelle on peut lire que le restaurant réouvrira ses portes le lundi 31 mai 2021.

La prorpiétaire du restaurant Chez Mo-Nik, à Gatineau a dû changer sa routine avec le passeport vaccinal (archives).

Photo : Radio-Canada / Stéphane Leclerc

Radio-Canada

C'est la fin de la période de grâce pour ce qui est du passeport vaccinal en Outaouais, comme partout ailleurs au Québec. Selon le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG), sur le terrain « ça se passe bien ».

Les restaurateurs et les propriétaires de gym et de salles de cinéma, par exemple, ainsi que leurs clients s'exposent à des amendes pouvant aller jusqu'à 6000 dollars, si des personnes qui ne sont pas complètement vaccinées fréquentent ces établissements.

Les choses se passent rondement au restaurant Chez Mo-Nik, sur le boulevard Saint-Joseph, dans le secteur de Hull. La propriétaire, Monique Charron, explique qu'elle a quand même dû changer sa routine.

Mme Charron demande à ses clients, dès leur arrivée, s'ils ont reçu leurs deux doses de vaccins. Mais elle vérifiera la preuve vaccinale une fois qu'ils seront à table, pour éviter des rassemblements à l’entrée.

Portrait de la femme dans son restaurant.

Monique Charron, propriétaire du restaurant Chez Mo-Nik, à Gatineau

Photo : facebook/restochezmonik

Mme Charron estime cependant que la mesure lui a fait perdre certains clients. Avec l’université et l’école pour adultes qui est située tout près, j’ai perdu beaucoup de clientèle, surtout celle dans la vingtaine et la trentaine. Ça a beaucoup diminué.

Mais selon elle, une autre clientèle a remplacé ce vide. Mes dîners, qui étaient déjà morts, recommencent à fonctionner. La clientèle du midi est plus âgée; j’imagine qu’ils sont [plus vaccinés]. On voit toutes sortes de nouvelles habitudes. J’avais enlevé le menu du jour; à cause du télétravail, les fonctionnaires ne venaient pas dîner. Mais avec les deux dernières semaines, je vais le réinstaller. La demande est là, conclut-elle.

Le propriétaire du café-bistro Le Troquet, Éric Gaudreault, remarque aussi une baisse de clientèle même si cette diminution n'est, selon lui, pas importante. « La réalité frontalière, c'est qu'à Ottawa, présentement, on n'a pas besoin d'avoir un passeport vaccinal. Plusieurs de nos clients réguliers qui n'ont pas la vaccination adéquate vont donc du côté d'Ottawa », affirme-t-il.

« Ça semble affecter une clientèle plus jeune. Pour nous, ça n'affecte donc pas les réservations à l'heure du souper, mais il y a une différence plus tard en soirée », ajoute-t-il.

Depuis 0 h 01, mercredi, tout commerçant visé par le passeport vaccinal et toute sa clientèle qui ne respecte pas la directive est passible d'une amende pouvant aller de 1000 à 6000 $.

Des constats d'infraction?

Les policiers ne vont pas nécessairement donner des constats d'infraction à chaque occasion. Andrée East, porte-parole du SPVG, a donné plus de précision mercredi lors d’une entrevue à l’émission Les matins d’ici.

Là, c'est sûr que oui, depuis minuit, on parle de tolérance zéro, soutient l’agente East. Mais comme depuis le début de la pandémie, depuis le début de la mise en place des mesures, il faut prendre le temps d'évaluer chaque cas au cas par cas.

L'agente East pose à l'extérieur d'un poste de police à Gatineau.

Andrée East, porte-parole du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG), soutient que pour le non-respect du passeport vaccinal, c'est du «cas par cas».

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

C'est quoi, les variables? Est-ce que vraiment, l'émission d'un constat d'infraction, c'est la meilleure solution pour résoudre la problématique? Des fois, c'est seulement des malentendus.

Une citation de :Andrée East, porte-parole, Service de police de la Ville de Gatineau

Des agents du SPVG pourraient toutefois faire des visites surprises dans des commerces.

Il pourrait y avoir des visites de commerces faites par notre équipe qui s'occupe spécifiquement de l'application de la Loi sur la santé publique. Est-ce que ça va se faire sur des bases de quotidienne régulière? Ce n’est pas encore déterminé. Mais oui, on pourrait s'adonner à ce type de vérification là, précise l’agente relationniste.

De son côté, Didier Farré, propriétaire du Cinéma 9 et directeur du Festival du film de l'Outaouais, croit qu’avec un peu de temps et avec les habitudes qui s’installent, l'incidence sur les clients se fera de moins en moins sentir, surtout en ce qui concerne les files d'attente ou les retards causés par les clients qui n’ont pas leurs documents en main lors de la vérification.

Mais la mesure du gouvernement a des répercussions un peu partout. M. Farré dit avoir perdu 30 % de sa clientèle, surtout des adolescents. Et sa masse salariale a augmenté de 20 %, pour faire respecter les nouvelles consignes sanitaires.

Il note cependant que l'incidence auprès de sa clientèle adulte est presque nulle.

Vous savez, les gens qui sont contre la vaccination, il en reste quand même très peu, à mon avis. Surtout dans l'Outaouais, où je pense que les gens ont été très, très conscients du problème.

Une citation de :Didier Farré, propriétaire, Cinéma 9

Et puis aussi, avec la publicité qu'a faite le gouvernement... Je crois que beaucoup de gens se sont [...] associés à ces mouvements de vaccination parce que c'était leur intérêt, ajoute-t-il.

Je souhaite que tout le monde soit vacciné et qu'on passe à autre chose, qu'on puisse vivre un peu plus normalement. C'est le plus grand souhait que je puisse avoir, afin qu'on n'en parle plus, espère M. Farré.

Avec les informations de Stéphane Leclerc et de Laurie Trudel

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