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Élections fédérales : le Parti populaire du Canada peut-il faire une percée?

Une main tenant une affiche.

Le Parti populaire pourrait être un caillou dans la chaussure du Parti conservateur.

Photo : Radio-Canada / François Joly

Même si Maxime Bernier, le chef du Parti populaire du Canada (PPC), n’a pas participé au débat des chefs, sa formation politique n’en a pas moins le vent dans les voiles.

Un élan qui semble se matérialiser sur le terrain, puisque dans certaines régions historiquement progressistes, comme Windsor-Essex, on assiste à une multiplication des pancartes du Parti populaire du Canada.

Une situation qui s’explique notamment par le fait que le parti a une offre politique qui diffère de celles de tous les autres grands partis, comme l'indique Rick Fuschi, résident de Windsor qui compte voter pour le PPC.

La volonté d’être plus prudent en matière de dépenses, la volonté de laisser les gens faire les choix qu’ils veulent faire au sujet de leur propre santé [...]. C’est un parti qui milite pour les libertés individuelles. La volonté d’écouter ce que disent les individus, c’est quelque chose qu’aucun des autres partis ne semble vouloir accepter en ce moment, expose-t-il.

Je pense qu’ils vont continuer à gagner du terrain. Malheureusement, ça va faire du mal aux conservateurs, mais c’est une prise de position des Canadiens qui veulent être représentés de cette manière.

Une citation de :Rick Fuschi, résident de Windsor

Autre argument pour M. Fuschi : aucun candidat conservateur n’a gagné dans Windsor–Tecumseh depuis 91 ans et, d'après lui, Victor Green, le candidat du PPC dans Windsor–Tecumseh, est le meilleur candidat conservateur possible.

Il est tout ce que l’on peut espérer d’un candidat conservateur, mais il appartient au Parti populaire, et je pense qu’il a beaucoup plus de chance que le candidat conservateur local, indique-t-il.

Les circonscriptions de Windsor-Ouest et Windsor–Tecumseh sont respectivement détenues par le NPD, avec Brian Masse, et le Parti libéral, avec Irek Kusmierczyk.

Un homme est assis sur une chaise et répond aux questions d'un journaliste.

M. Fuschi pense que le Parti populaire occupe une place laissée vacante par les partis qui refusent d'écouter leurs électeurs.

Photo : Elvis Nouemsi Njiké

Nostalgiques d’un Canada révolu?

Rick Fuschi dit observer sur les plans local et national une montée en puissance du Parti populaire qui s’explique par la surdité des grands partis.

Les libéraux n’écoutent assurément pas leurs électeurs, les conservateurs ont assisté à la naissance du Parti populaire parce qu’ils ignoraient leurs électeurs. Il fallait que quelqu’un occupe la place laissée vacante et ils l’ont fait, indique-t-il.

Une pancarte de campagne de Victor Green, candidat du Parti populaire du Canada dans Windsor–Tecumseh.

Des pancartes de Victor Green, candidat du PPC dans Windsor–Tecumseh, ne cessent d'apparaître dans la région de Windsor-Essex.

Photo : Elvis Nouemsi Njiké

C’est un avis que partage Victor Green, le candidat du PPC de Windsor–Tecumseh. Il dit ne plus reconnaître le Canada dans lequel il s’est installé il y a 30 ans, lorsqu'il est arrivé d’Angleterre.

Pour lui, le PPC défend toutes les anciennes valeurs que nous partageons, qui sont l’histoire, l’héritage commun, la fierté nationale, la fierté vis-à-vis de notre drapeau, de nos monuments, de nos statuts, et je parle du fait de ne pas les détrôner, indique-t-il.

Nous voulons revenir à ce qu’était le Canada lorsque nous avions la liberté. Nous nous sommes fermement engagés à ce qu’il n’y ait plus de confinement. Nous sommes le seul parti politique à s'y engager.

Une citation de :Victor Green, candidat du PPC dans Windsor–Tecumseh

Il estime par ailleurs que tous les autres partis proposent désormais des offres politiques similaires.

Les gens se rendent compte que les autres partis, les conservateurs, les libéraux et le NPD, sont allés si loin sur la gauche que leurs partisans reconnaissent difficilement les partis politiques pour lesquels ils ont voté pendant des années, précise-t-il.

Agrégateur d’une colère diffuse

La montée en puissance du PPC n’est pas une vue de l’esprit, du moins pas selon Lydia Miljan, professeure de sciences politiques à l'Université de Windsor.

Mme Miljan dit avoir constaté la multiplication des pancartes du PPC dans Essex, où elle réside, mais également dans Chatham-Kent.

Une femme assise à son bureau qui parle à l'ordinateur.

Lydia Miljan estime que les chances du Parti populaire de gagner des sièges se résument à celui de Maxime Bernier.

Photo : Elvis Nouemsi Njiké

Je pense qu’elles ont toutes à voir avec le mécontentement et les frustrations relatives aux restrictions sanitaires. Je ne suis pas certaine que cela soit représentatif des opinions sur les questions sociales ou sur le travail dans la région de Windsor, note-t-elle.

Cela reflète seulement le fait que les gens en ont marre des restrictions. Et le seul moyen de le faire entendre publiquement, c’est à travers le PPC, parce que c’est le seul parti qui est contre l’obligation vaccinale, les restrictions, le confinement.

Une citation de :Lydia Miljan, professeure de sciences politiques

Un point de vue que partage Peter Graefe, professeur de sciences politiques à l'Université McMaster. Pour lui aussi, le Parti populaire surfe sur les restrictions liées à la pandémie, qui agissent comme une espèce de catalyseur.

Ce n’est pas surprenant que ça ait donné lieu à un nombre important de gens qui cherchaient une réponse politique importante à cela, et M. Bernier était tout prêt et avait travaillé depuis un an et demi dans son opposition au confinement, au port du masque, ainsi de suite.

Une citation de :Peter Graefe, professeur de sciences politiques

Il pense aussi que le parti a bénéficié de la popularité de Maxime Bernier qui, parce qu’il était député en 2019, avait pu participer aux débats des chefs et a ainsi réussi à faire mieux connaître sa formation politique.

Un mécontentement impossible à convertir?

M. Graefe n’est cependant pas catégorique sur les chances qu’a le Parti populaire de convertir le soutien que lui témoignent des électeurs en sièges à la Chambre des communes.

Ça dépend. Si M. Bernier réussit à gagner son siège, il sera présent au prochain débat des chefs, il va donner un autre élan à ce parti-là. Mais je pense que sous notre système électoral actuel, c’est difficile de voir une réelle possibilité de croissance pour ce parti-là, parce que c’est un système qui n’est pas favorable aux petits partis, explique-t-il.

Il se retrouve dans le même système électoral [que le Parti vert] avec les mêmes incitations à créer des partis beaucoup plus centristes, moins radicaux qui peuvent aller chercher plus que 5 % à 10 % du vote à l'échelle canadienne.

Une citation de :Peter Graefe, professeur de sciences politiques
Peter Graefe, de l'Université McMaster de Hamilton.

Peter Graefe pense que la popularité du PPC résulte essentiellement du fait qu'il est le seul parti d'envergure à s'opposer aux mesures sanitaires.

Photo : Radio-Canada

Lydia Miljan est aussi de cet avis. Quand on lui demande si la multiplication des pancartes du PPC dans la région de Windsor est le signe que le parti a une chance de remporter une circonscription, elle est catégorique.

Je ne pense pas que le PPC ait des chances de gagner des sièges dans notre région et, très franchement, s’ils doivent remporter un siège, il pourrait s’agir du siège de Maxime Bernier, en Beauce, parce qu’il est le chef du Parti, explique-t-elle.

Un danger pour les conservateurs?

Lydia Miljan pense néanmoins que Chris Lewis, député conservateur sortant d’Essex, pourrait avoir du souci à se faire si le PPC progressait, puisqu’il lui retirerait des voix et pourrait conduire à une victoire des libéraux ou des néo-démocrates.

Je pense qu’ils peuvent constituer des ennuis pour les circonscriptions conservatrices. Je sais qu’ils récoltent beaucoup de soutien dans l’ouest du Canada, et cela pourrait conduire à des victoires libérales ou NPD dans certaines circonscriptions très disputées de la région d’Edmonton, explique-t-elle.

Rick Fuschi voit lui aussi le danger que représente pour le Parti conservateur un Parti populaire fort.

Bien qu’il ait choisi de voter PPC, l’électeur traditionnellement conservateur qu’il est n'exclut pas l’idée que son vote finisse par jouer en faveur des libéraux.

Je pense qu’un dénouement de ce genre est réellement possible. J'espère que les dommages faits par Trudeau aux libéraux sont suffisants pour qu’ils soient au moins minoritaires, indique-t-il.

Une pancarte de campagne de Beth Charron Rowberry, candidate du PPC dans Essex.

Les pancartes des candidas du PPC d'Essex et Chatham-Kent se multiplient également dans la région.

Photo : Elvis Nouemsi Njiké

M. Fuschi espère toutefois que la vague de soutien permettra à son parti de remporter un nombre important de sièges à l'échelle nationale.

En attendant lundi, une chose est sûre pour lui : les résultats des élections de cette année sont plus incertains que jamais.

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