•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Québec songe à interdire l’exploration et l’exploitation gazière et pétrolière

Le puits Galt numéro 4 situé à une vingtaine de kilomètres de Gaspé.

Le puits Galt no 4 de Gaspé Énergie est, jusqu'à ce jour, le puits ayant produit le plus de pétrole au Québec.

Photo : Radio-Canada

Le gouvernement Legault étudie sérieusement la possibilité d’interdire l’exploration et l’exploitation gazière et pétrolière sur le territoire du Québec, affirme le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien.

Dans un point de presse où il réagissait à un article de La Presse allant en ce sens, le ministre a expliqué que cette décision dépendra du jugement attendu de la Cour du Québec dans un dossier l’opposant à Gaspé Énergie.

La firme demande concrètement au tribunal d’invalider un article du règlement associé à la Loi sur les hydrocarbures qui interdit les forages à moins de 1000 mètres d’un milieu hydrique.

Gaspé Énergie a saisi le tribunal après que le ministre Julien s’en est servi pour lui refuser une autorisation de forage au puits Galt no 6, près de Gaspé. L'entreprise a aussi réclamé un dédommagement financier.

Il va y avoir des conclusions certainement au cours de l’année. Ce que j’ai demandé aux fonctionnaires du ministère, c’est de regarder toutes les possibilités, dépendant comment va tourner essentiellement ce jugement, a dit M. Julien.

Et effectivement, la possibilité, l’avenue d’interdire l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures au Québec – et les conséquences de ça – est actuellement analysée par mon ministère.

Si cette décision est à l’effet que la loi et le règlement [ne sont] pas bien adaptés, on va devoir réagir, a ajouté le ministre Julien.

Donc on se prémunit actuellement par des analyses concrètes, et ce qui est sorti hier, c’est vrai, on regarde tous les scénarios, tout est sur la table, dont interdire l’exploitation et l’exploration gazière.

On a certaines intentions d’aller vers là. Mais on va quand même attendre le jugement par rapport à la cause qui a été entendue en mars dernier, qui va nous éclairer sur les gestes qu’on souhaitera poser par suite.

Une citation de :Jonatan Julien, ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles

Une question de coûts

Le ministre Julien n'a pas caché que la question des dédommagements que Québec pourrait devoir verser à des firmes devait être prise en compte.

Règle générale, a-t-il noté, des dédommagements ne peuvent être accordés que sur des sommes investies, et non sur des pertes d'exploitation potentielle.

Mais quand on regarde un risque réglementaire – c’est-à-dire à partir du moment où on change une loi ou certains droits qui ont été donnés – naturellement, il faut évaluer, le cas échéant, quels pourraient être les dédommagements et évaluer selon différents critères à quelle hauteur ce sera, a-t-il dit.

Le ministre a tout de même fait valoir que la loi actuelle sur les hydrocarbures est robuste. Il en tient pour preuve que depuis que les règlements associés ont été adoptés, en 2018, aucune compagnie n'a présenté une demande d'exploration ou d'exploitation au gouvernement.

Interrogé sur le message qu'une telle décision enverrait aux investisseurs, M. Julien a jugé qu'il était conséquent avec la réalité de 2021.

On dit qu’en 2035 il n’y aura pas de véhicules à essence qui vont être vendus. On va avoir un million de véhicules électriques en 2030. On veut être carboneutre en 2050. On voit bien que l’avenir au Québec n’est certainement pas à moyen terme sur l’exploitation du gaz et de l’huile.

Une citation de :Jonatan Julien, ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles

Le premier ministre François Legault a pour sa part refusé de dévoiler les intentions du gouvernement. Quand on va être prêts à faire notre annonce, on fait notre annonce. [...] On travaille là-dessus. Quand on va être prêts à vous annoncer exactement ce qu’on va faire, on va tout vous annoncer ça, s'est-il borné à dire.

Il a été un peu plus précis un peu plus tard lors de la période des questions à l'Assemblée nationale. On travaille déjà pour s'assurer qu'à l'avenir il n'y en aura pas, de permis donnés. Il n'y en a pas actuellement qui ont été donnés par le gouvernement de la CAQ depuis que la CAQ est au pouvoir, a-t-il souligné.

Les partis d'opposition prêts à aller de l'avant

Dans un courriel transmis à Radio-Canada par son bureau, la cheffe libérale Dominique Anglade a fait savoir que son parti s’opposait à l’exploitation et l’exploration des hydrocarbures.

Ce qu’on entend du gouvernement Legault, c’est qu’il n’y a pas de volonté claire d’aller en ce sens, indique-t-elle. Le temps n’est plus aux belles paroles ni aux demi-mesures, c’est la science qui nous le dit, le temps est à l’action. Qu’attend François Legault?

Avant le point de presse du ministre Julien, le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, et le porte-parole du Parti québécois en matière d’environnement, Sylvain Gaudreault, avaient tous deux pressé le gouvernement de mettre un terme non seulement à l’exploration des hydrocarbures, comme le mentionnait La Presse, mais aussi à leur exploitation.

Ils ont tous deux rappelé que leur parti respectif est sur le point de déposer un projet de loi à ce sujet et ont lancé un appel à la collaboration des autres formations politiques.

Moi, je ne vendrai pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué. […] Je vais attendre que ce soit annoncé avant de dire que c'est fait, avait dit M. Nadeau-Dubois, après s’être félicité que des pressions faites par son parti au fil des dernières années aient finalement porté leurs fruits.

On est heureux de constater que le gouvernement semble vouloir aller dans la même direction, avait commenté M. Gaudreault. Alors, nous, nous lui disons qu'on est prêts à travailler avec lui pour s'assurer qu'au Québec qu'on ferme la porte à double tour, avec ceinture et bretelles à l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !