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7 démissions en 9 jours dans une unité de COVID-19 de l’Hôpital Saint-Boniface

La façade de l'Hôpital Saint-Boniface, à Winnipeg.

L'Hôpital Saint-Boniface, à Winnipeg

Photo : Radio-Canada / Sylviane Lanthier

Radio-Canada

Sept travailleurs de l’une des unités de COVID-19 de l’Hôpital Saint-Boniface ont démissionné en l’espace de neuf jours, selon une note de service.

La note a été envoyée aux employés de l’Hôpital par le conseil de gestion des services cardiaques le 10 septembre. Elle fait état de risques pour l’unité 6A, où sont traités les patients atteints de la COVID-19.

C'est une trop longue période sans avoir de soutien, lance l’une des infirmières qui ont démissionné. CBC/Radio-Canada a accepté de dissimuler son identité, car elle craint de possibles répercussions sur sa carrière.

C’est une chose horrible à voir. Il ne semble pas y avoir de souci de l’adéquation des patients et des soins infirmiers requis, dit-elle en pleurant. On entre presque toujours dans une situation qui n’est pas sécuritaire, mettant carrément en jeu notre permis d’exercer [en soins infirmiers].

L’Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW) confirme qu’il y a eu des démissions dans les deux unités de COVID-19 de l’Hôpital.

Des infirmières d’autres unités de soins aigus et des heures supplémentaires ont été appelées pour renflouer les effectifs, selon l’ORSW.

La région sanitaire ajoute qu’aucun lit destiné aux patients atteints de la COVID-19 n’a dû être mis hors de service en raison des démissions.

Aider des patients sans les outils nécessaires

L’infirmière interrogée par CBC/Radio-Canada indique que, à un moment donné, elle devait travailler sept jours d’affilée dans la zone rouge, où se trouvent les patients atteints de la COVID-19. 

On ne sait jamais en entrant si on sera envoyé dans une autre unité, si on devra travailler en manque d’effectifs ou si on sera forcé de rester pendant un quart supplémentaire, jusqu’à 16 heures. C’est très stressant, raconte-t-elle.

L’infirmière indique que l’Hôpital perd des employés ayant beaucoup d’expérience qui pourraient former les nouveaux venus. Elle s’inquiète de l’état du personnel lorsque la quatrième vague arrivera au Manitoba.

L'infirmière dit avoir démissionné parce qu’elle souhaite reprendre le contrôle de sa vie. Elle veut travailler dans un service avec un horaire stable et des effectifs adéquats.

Le personnel est en train de travailler fort pour aider un patient en n’ayant pas ce dont il a besoin, en n’ayant pas les outils.

Pénurie d'infirmières

Selon la présidente du Syndicat des infirmières du Manitoba (MNU), Darlene Jackson, 2000 postes d’infirmières sont vacants au Manitoba, dont 1500 à Winnipeg.

Lorsque la COVID-19 est terminée, la pandémie sera finie, mais la pénurie d’infirmières ne le sera pas, à moins que ce gouvernement ne prenne des mesures directes, affirme Darlene Jackson.

Le Dr Anthony Battad, qui travaille en médecine interne à l’Hôpital Saint-Boniface, affirme que le nombre de patients dans les hôpitaux qui fournissent des soins spécialisés a explosé au cours des 18 derniers mois. Cela a augmenté la charge de travail du personnel.

La rapidité à laquelle nous fournissons des soins est tellement élevée et stressante qu’elle provoque chez des gens une angoisse si grande qu’ils ne peuvent plus continuer à faire leur travail, explique le Dr Battad.

Il note que la perte d’infirmières expérimentées nuit à la formation de nouvelles infirmières et des résidents en médecine.

Elles sont comme la mémoire institutionnelle du système. Lorsque nous les perdons, ce n’est pas juste la perte d’un poste d’infirmière, c’est une perte beaucoup plus importante que cela.

Avec les informations de Peggy Lam

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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