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Le jeune enfant a un sens du rythme influencé par la marche du parent

Un père portant son jeune fils sur les épaules marche dans la nature.

Le tempo moteur spontané (SMT) serait nourri en grande partie par l'expérience du mouvement que subit l'enfant quand son parent le porte.

Photo : iStock / petrunjela

Agence France-Presse

À quelques mois, le jeune enfant agite bras et jambes dans un mouvement rythmé qui est influencé en grande partie par le tempo de marche du parent qui le porte, montre une étude publiée mercredi.

La recherche a établi dans les années 1980 que tous les petits humains ont un tempo moteur spontané (SMT), que chacun a un rythme naturel qu'il aime suivre en bougeant sans l'aide de musique ou d'autre chose, mais produit juste naturellement, explique la Dre Sinead Rocha, du Centre du cerveau et du développement cognitif à l'Université Birkbeck au Royaume-Uni.

Un des aspects les plus captivants de la musique est qu'elle nous donne envie de bouger, selon l'étude qu'elle a cosignée dans la revue Royal Society Open Science. Mais il faut un certain temps pour qu'un enfant puisse espérer bouger en accord avec un rythme musical donné.

Pourtant, dès l'âge de cinq mois, les enfants exécutent des mouvements rythmés et répétitifs des bras et des jambes. Nous pensons qu'ils essaient ainsi d'expérimenter comment leur système moteur fonctionne, selon elle.

Mais d'où vient ce sens primitif du rythme, si l'on met de côté des explications exotiques comme le fait qu'un des parents serait un fan inconditionnel de James Brown?

Pour répondre à cette question, la Dre Rocha et des collègues des départements de psychologie des universités de Cambridge et Copenhague ont émis l'hypothèse que le SMT était nourri en grande partie par l'expérience du mouvement que subit l'enfant quand son parent le porte.

Pour la vérifier, ils ont supposé que la vitesse de la marche du parent influencerait le tempo moteur spontané de l'enfant, de telle façon qu'il serait accéléré par une marche rapide et ralenti par une marche lente. Ils ont choisi des enfants de 10 mois, un âge charnière où ces derniers ont subi le maximum d'influence via leur parent porteur juste avant de se mettre eux-mêmes à marcher.

Les jeunes sujets se sont ainsi retrouvés dans un porte-bébé, sanglé en position ventrale à un expérimentateur, qui marchait pendant dix minutes sur un tapis roulant, soit à un rythme rapide de 138 pas à la minute, soit plutôt lent de 98 pas à la minute.

Le SMT des enfants était mesuré en leur fournissant, avant et après, un petit tambour sur lequel ils devaient frapper au moins quatre fois pour que l'expérience soit validée. En moyenne, les enfants transportés à une vitesse rapide ont accéléré leur rythme de frappe du tambour après l'expérience, et inversement.

Nous ne nous attendons pas à ce que l'expérience du mouvement transmise via les parents dure toute la vie, remarque la Dre Rocha, mais elle est peut-être une composante unique nous permettant de construire notre tout premier sens du rythme.

Quid des enfants que leurs parents ne portent pas, avec un porte-bébé, en écharpe ou juste dans les bras? L'étude de la Dre Rocha cite plusieurs recherches selon lesquelles le sens du rythme de l'enfant serait nourri dans le ventre de sa mère par le son et le mouvement de la marche de cette dernière.

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