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Hubert Lenoir signe son retour avec un album aux antipodes de Darlene

Un homme avec du maquillage tient un micro dans ses mains.

Hubert Lenoir lance mercredi son deuxième album, « PICTURA DE IPSE : Musique directe ».

Photo : Page Facebook de Hubert Lenoir / Bruno Bamdé

Radio-Canada

Trois ans après Darlene, Hubert Lenoir lance mercredi son deuxième album, PICTURA DE IPSE : Musique directe, qui marque un virage à 180 degrés pour lui sur le plan musical. Le flamboyant musicien a poussé son processus créatif à l’extrême, allant même jusqu’à avaler un micro pour recapter une chanson à partir de son estomac.

Dans un long message publié sur Instagram la semaine dernière, le jeune chanteur a expliqué en détail l’état d’esprit dans lequel il a entrepris la conception de son deuxième opus. Après le succès foudroyant de Darlene, Hubert Lenoir s’est senti happé par l’étrange sentiment que les plus belles années de sa vie étaient derrière lui.

Je réalise que durant les quelques années qui ont mené à la création de [Darlene], je m’étais créé ma propre bulle, où j’étais à l’abri de toute forme d’agression, de jugement ou de violence, a-t-il écrit.

Cette bulle le protégeait du regard inquisiteur de ses détracteurs et détractrices, le faisait un peu moins sentir comme un épouvantail, mais la chaleur des projecteurs braqués sur lui l'a fait éclater. Mon existence a été violemment projetée dans le monde pour que les gens puissent me rappeler que je ne "fittais" pas.

Perdu, incapable de se reconnaître sous le masque qu’il s’était confectionné au fil des ans, il a d’abord été incapable d’écrire une suite à son premier album tari d’éloges, jusqu’à ce que le déclic se fasse et qu'il s'inspire du cinéma direct de Pierre Falardeau, de Michel Brault et de Pierre Perreault.

S’inspirer du cinéma direct

Le cinéma direct, auparavant appelé cinéma-vérité, est un type de cinéma documentaire qui privilégie un contact plus spontané avec la réalité, [en montrant] les gens et les événements tels qu’ils sont, sans chercher à les embellir ni à leur imposer un discours, selon l’Office national du film (ONF).

Il y a trois ou quatre ans, Hubert Lenoir a commencé à documenter sa vie avec son iPhone, enregistrant des bribes sonores de son quotidien entre Paris, Québec et Montréal : conversations avec des proches, bruits de la ville, élucubrations nocturnes... Ces petits moments de vérité brute ont servi de base à plusieurs des chansons qui se trouvent sur Musique directe.

De passage à Los Angeles pour participer à la composition et à la production du prochain album du chanteur australien Kirin J. Callinan, il s’est retrouvé dans des studios haut de gamme avec d’autres artistes, comme Mac DeMarco, à utiliser des équipements à la fine pointe pour travailler à partir d’enregistrements sur son iPhone. L'insolence était jouissive, a-t-il écrit sur Instagram. J’ai repoussé les limites de ce que la musique pop pouvait être.

J’ai vomi plusieurs fois, mais ça valait la peine.

Cette manière peu orthodoxe de travailler se fait entendre partout sur l’album, truffé d’interludes qui donnent tout son sens aux termes musique directe. D'ailleurs, Hubert Lenoir prend sur son deuxième album ses distances avec la production ultra léchée de Darlene, laissant libre cours à l’expérimentation.

Sur Darlene, [on était] dans des techniques d’enregistrement plus classiques, parce que j’avais l’impression qu’à ce moment-là, dans la musique québécoise ou la musique mondiale, c’était quelque chose qui était rarement fait. Il y avait beaucoup de monde qui faisait de la musique avec des ordinateurs, a-t-il expliqué à Eugénie Lépine-Blondeau, chroniqueuse culturelle à Tout un matin.

De travailler avec la simplicité, c’était quelque chose d’excitant pour moi à ce moment-là. Maintenant, c’est autre chose, parce que les temps ont changé.

Écoutez l'intégrale de PICTURA DE IPSE : Musique directe sur l'application OHdio.

Hubert Lenoir a d’ailleurs poussé l’expérimentation à l’extrême pour l’enregistrement de la dernière chanson de l’album, f.p.b., elle aussi tirée d’un enregistrement sur iPhone. Ce morceau est un vieux démo que j’ai réamplifié dans deux énormes caisses de son avant d’avaler un petit micro au fond de mon estomac pour ensuite recapter la chanson à partir de l’intérieur de mon ventre, au plus près de mon cœur, a-t-il expliqué sur Instagram.

J’ai vomi plusieurs fois, mais ça valait la peine.

Sur son deuxième album, l’artiste délaisse les guitares et les arrangements complexes pour des synthétiseurs et des chansons aux structures moins traditionnelles.

Un album inconfortable

Du propre aveu d’Hubert Lenoir, Musique directe est certainement moins accessible que Darlene, mais il a été conçu pour s’écouter d’une traite, sans qu'on cherche à tout prix la perle que l’on voudra rejouer en boucle. Cet album n’est pas Darlene. Cet album est autre chose, a d’ailleurs prévenu l’artiste sur Instagram.

Tentez une deuxième écoute, essayez de comprendre les sentiments, bons et mauvais, qui viennent à vous. Je suis convaincu que c’est une expérience qui pourra vous changer, a-t-il ajouté.

Cet album est fait pour être inconfortable par moments.

Une citation de :Hubert Lenoir

Si l’artiste se soucie moins de créer des chansons aussi radiophoniques que celles sur Darlene, cela n’empêche toutefois pas Musique directe de contenir son lot de chansons accrocheuses, notamment les trois simples lancés à titre d'avant-goût dans les derniers mois : Secret, Dimanche soir et Octembre.

L’album met également en avant un large éventail de collaborateurs et collaboratrices, dont Mac DeMarco, qui joue de la batterie sur Secret; High Klassified, qui est le concepteur rythmique de Dimanche soir et d'Octembre, sur laquelle chante aussi Bonnie Banane, ainsi que Kirin J. Callinan, qui joue de la guitare sur plusieurs titres.

Hubert Lenoir est présentement en tournée aux États-Unis, où il teste une formule selon laquelle le public paie le montant qu’il souhaite. Il se produira mercredi soir au Mercury Lounge, à New York.

Avec les informations d'Eugénie Lépine-Blondeau, chroniqueuse culturelle à l'émission Tout un matin.

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