•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Jean Chrétien tire à boulets rouges sur Blanchet et O’Toole

Jean Chrétien regardant droit devant avec la main tranchante qui descend dans les airs.

L'ancien premier ministre libéral Jean Chrétien a participé à un rassemblement de campagne, à Brampton, en Ontario.

Photo : Radio-Canada

Venu prêter main-forte au Parti libéral du Canada lors d'un événement électoral tenu mardi soir, l'ancien premier ministre Jean Chrétien ne s'est pas fait prier pour s'en prendre au chef du Bloc québécois et à celui du Parti conservateur du Canada.

L'ex-chef libéral de 87 ans a prononcé un discours lors d'un rassemblement de campagne organisé dans la municipalité de Brampton, en Ontario.

Jean Chrétien a admis avoir été froissé quand il a entendu le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet prétendre que c'est lui qui parlait au nom de tous les Québécois.

Écoutez, j'ai été élu pendant 40 ans au Québec. J'ai jamais eu personne qui a parlé en mon nom. J'ai été élu par les gens de Shawinigan pendant 40 ans. Lui-même, il vient de Shawinigan. Est-ce qu'il prétend que les gens dans mon comté ne croyaient pas que je les représentais à Ottawa? a-t-il demandé.

Par surcroît, il a tourné en dérision la visite annulée à la dernière minute du leader bloquiste à Caraquet, au Nouveau-Brunswick.

Aujourd'hui, il a prétendu qu'il parlait au nom des Acadiens. Eh bien, les Acadiens lui ont dit : "Mêle-toi de tes affaires. On est capable de parler pour nous-mêmes. On a des députés francophones qui viennent du Nouveau-Brunswick. On est capable de s'occuper de nos propres affaires", a-t-il dit.

Critiquant les affirmations de M. Blanchet, l'ancien premier ministre du Canada a assuré qu'il défendait les intérêts de ses concitoyens québécois lorsqu'il siégeait aux Communes, malgré des mésententes sur divers sujets avec ses homologues provinciaux.

Être en désaccord avec un gouvernement provincial, c'est votre droit. J'ai été premier ministre. Ils n'étaient pas toujours d'accord avec moi. C'est ça, la démocratie. Même à l'intérieur du Parlement. Ce n'est pas tout le monde qui appuie le gouvernement provincial. Les opinions changent. Alors, cette prétention que quand on est à Ottawa et qu'on n'est pas complètement d'accord avec le gouvernement provincial..., a-t-il laissé tomber.

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

Une attaque contre le chef conservateur

De plus, Jean Chrétien a mené une charge frontale contre le chef du Parti conservateur du Canada, Erin O'Toole, s'en prenant à ses volte-face et à ses positions ambiguës, notamment sur les enjeux des garderies, du contrôle des armes à feu, de l'avortement et des changements climatiques.

Il fait quelque chose que je ne peux pas faire. Il parle des deux côtés de la bouche, a-t-il déclaré avec humour, faisant référence à sa paralysie faciale.

Il a défendu l'approche libérale qui consistait à dépenser de l'argent pour aider les citoyens pendant la pandémie en dépit des critiques conservatrices. Il a mentionné que la plupart des pays sur la planète ont agi de la sorte.

La réalité est que nous sommes en bonne posture comparativement au reste du monde. Le Canada a la dette per capita la plus faible des pays du G7, a-t-il affirmé.

Jean Chrétien entouré de gens dans une salle.

Jean Chrétien a répondu aux questions des journalistes lors d'une mêlée de presse après son discours.

Photo : Radio-Canada

En mêlée de presse après son discours, M. Chrétien a qualifié de surprenante l'intervention du premier ministre du Québec François Legault dans la campagne électorale, invitant les Québécois à voter pour le Parti conservateur du Canada.

Questionné sur le sujet, il a répondu qu'il ne faisait pas de commentaires en politique provinciale. Il y en a qui ne suivent pas les traditions. Ils ont le droit de faire ce qu'ils veulent, s'est-il limité à dire.

Des élections estivales

Au début de son allocution, Jean Chrétien a demandé à la foule pourquoi les leaders des partis d'opposition ne souhaitaient pas avoir d'élections générales. Ils voulaient garder [Justin] Trudeau au pouvoir pour deux autres années, a-t-il lancé à la blague.

Ils semblaient heureux. Ils voulaient continuer, a-t-il ironisé, signalant au passage que les partis d'opposition sont en principe disposés à aller en élections dès que l'occasion se présente. Je pense que nous avons des élections parce que c'est une tradition, a-t-il dit sur un ton plus sérieux, racontant avoir vu dans sa vie plusieurs gouvernements minoritaires.

Il a rappelé la décision de l'ancien premier ministre John Diefenbaker de déclencher des élections fédérales sept mois après avoir été élu à la tête d'un gouvernement minoritaire. Tout comme l'ancien premier ministre Lester B. Pearson qui a dirigé deux gouvernements minoritaires et a choisi de retourner en élections après deux ans et demi.

Finalement, a-t-il relaté, l'ancien premier ministre Pierre Elliott Trudeau a forcé la tenue d'élections fédérales après avoir pris les rênes d'un gouvernement minoritaire. C'est comme cela, a-t-il insisté.

Après deux ans, les gouvernements, ou ils sont défaits, ou ils appellent des élections [...] Le premier ministre a ce privilège de choisir la date qui lui convient. On peut être en désaccord. C'est son choix. Il a fait deux ans, ce qui est la moyenne de tous les gouvernements minoritaires, a-t-il expliqué.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !