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Élections fédérales : des besoins en infrastructures chez les Anichinabés de l‘Outaouais

Des maisons dans la communauté anichinabée de Kitigan Zibi.

La communauté anichinabée de Kitigan Zibi, est située dans la Vallée-de-la-Gatineau en Outaouais, à côté de Maniwaki. L'eau n'est pas potable dans la moitié des maisons (archives).

Photo : Radio-Canada / Julie Marceau

Radio-Canada

Chaque mercredi, le chef de la communauté de Kitigan Zibi, Dylan Whiteduck, reçoit une livraison d’eau potable.

Sa maison sur la communauté anichinabée, située tout près de Maniwaki, dans la circonscription fédérale du Pontiac, appartenait autrefois à sa grand-mère. Depuis des années, l’eau qui s’écoule de ses robinets n’est pas propre à la consommation.

Kitigan Zibi a été établie au tournant des années 1850. Même si d’autres municipalités dans sa périphérie ont émergé et construit des systèmes d’approvisionnement en eau potable depuis, selon M. Whiteduck, près de la moitié des maisons de la réserve – quelque 300 demeures sur un total d'environ 600 – ne sont pas desservies en eau potable.

C’est ridicule. Vous savez, tous ces gouvernements et tous ces politiciens qui vivent sur notre territoire traditionnel non cédé à Ottawa, ils ne sont qu’à une heure et demie de route, ironise-t-il.

Le chef de Kitigan Zibi, Dylan Whiteduck.

Le chef de Kitigan Zibi, Dylan Whiteduck, ne peut pas boire l'eau qui coule chez lui, comme la moitié des membres de cette communauté (archives).

Photo : Radio-Canada / Jean-François Poudrier

La présence d’uranium naturel dans l’eau fait partie du problème, dit-il.

Pourtant, des maisons ont été raccordées à un système d'aqueduc dans les dernières années. Des plans ont été faits pour rectifier la situation, mais ils n’ont jamais été réalisés. Mais on n’a simplement pas l’engagement du gouvernement, laisse-t-il tomber.

Nous vivons dans des conditions dignes du tiers monde

La communauté anichinabée de Lac-Rapide est située tout au nord de la même circonscription, dans la réserve faunique La Vérendrye.

Là-bas aussi, de nombreux résidents ne boivent pas leur eau. Mais ce n’est que l’un des soucis de cette communauté algonquine, note son chef, Tony Wawatie. Lac-Rapide a des problèmes de pauvreté et de chômage, mais les besoins les plus urgents touchent le logement et l'électrification.

Une maison délabrée sur le bord d'un lac. Elle est faite avec des morceaux de roulotte et de contreplaqué, ainsi que d'une bâche de plastique en guide de toit.

Une maison à Lac-Rapide. « Nous vivons dans des conditions dignes du tiers monde », dit le chef de la communauté.

Photo : Gracieuseté : Tony Wawatie

La communauté compte près de 500 membres et une soixantaine de maisons surpeuplées, dit l’élu. Aucune nouvelle résidence n’a été construite depuis les années 80, déplore-t-il. Ces maisons sont infestées de moisissures, ce qui crée des problèmes respiratoires.

Lac-Rapide n'est pas raccordée au réseau d'Hydro-Québec. Ses maisons, l’édifice de son conseil de bande, son école moisie et sa clinique de santé sont alimentés par la même génératrice. Les pannes d’électricité peuvent durer des heures, voire des jours, particulièrement pendant l’hiver, dit-il.

La construction de maisons et d’un centre multifonctionnel, qui devait abriter une école, était prévue dans une entente signée avec le gouvernement fédéral dans les années 90, mais le Canada a abandonné cette entente, déplore-t-il. Nous sommes encore pris avec les mêmes problèmes.

Nous voulons que le Canada vienne et honore ses engagements qu’il a abandonnés, implore-t-il.

Le leader autochtone avec une coiffe de plumes parle au micro devant le Parlement du Canada.

Le chef de la communauté anichinabée de Lac-Rapide, Tony Wawatie (Archives)

Photo : Gracieuseté : Tony Wawatie

Une circonscription changeante

La circonscription de Pontiac a changé de leadership plusieurs fois dans les dernières années.

Les citoyens y ont élu un député conservateur lors des années de Stephen Harper, puis le Nouveau Parti démocratique, avant de voter pour le libéral William Amos, aux élections de 2015 et 2019.

Ni le chef de Kitigan Zibi ni celui de Lac-Rapide n’ont un candidat de prédilection, mais les deux se disent prêts à travailler avec quiconque sera élu.

Nous n’avons pas d’autre choix que de travailler avec le prochain élu pour faire avancer nos enjeux. [L’appui d’un élu], c’est le genre de soutien dont nous avons besoin, laisse tomber Tony Wawatie.

Quant à la question de l’eau potable à Kitigan Zibi, Dylan Whiteduck souligne que tous les chefs des partis semblent faire la même promesse. Travaillons ensemble, en tant que pays, et réglons ce problème.

Avec les informations de Julie Ireton et de Catherine Morasse

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