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Des airs de duel au débat dans Abitibi-Témiscamingue

Sur une scène noire, quatre candidats et une animatrice se préparent à débattre.

Les candidats des partis représentés aux communes à la dissolution du Parlement en août 2021 croisent le fer au Paramount de Rouyn-Noranda

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

L'environnement a dominé les échanges dans le débat à quatre candidats dans la circonscription Abitibi-Témiscamingue. Même si les candidats devaient aussi aborder la relance économique et les investissements sociaux, l'urgence de lutter contre les changements climatiques a supplanté tous les autres thèmes.

Cinglant, Sébastien Lemire s'est livré à une charge en règle contre son adversaire libéral sur les subventions accordées par le Parti libéral auprès de l'industrie pétrolière.

Vous vous drapez d'être le champion de la relance économique verte. Votre gouvernement a investi dans les dernières années plus que le gouvernement conservateur dans le pétrole. Est-ce que le Canada va cesser d'être un état pétrolier?

Oui, et nous avons même devancé notre promesse de réduction des investissements au secteur pétrolier. La relance économique et la relance verte demandent du temps. Les subventions vont cesser pour atteindre notre objectif de carboneutralité d'ici 2050, a rétorqué William Legault-Lacasse, arguant que le Parti libéral est celui qui a fait le plus pour la protection de l'environnement à Ottawa.

Si la barrière linguistique a ralenti les salves du conservateur Luis Henry Gonzalez et de la néo-démocrate Bethany Stewart, chacun a néanmoins tenté de marquer des points dans des dossiers d'intérêts. Le premier a tenté de s'imposer comme l'option la plus réaliste pour faire face aux enjeux économiques, s'attaquant aux dépenses des libéraux dans les derniers mois et affirmant d'un même souffle que son parti, par ses cibles de réduction certes plus modestes, ont plus de chance de réussir que les objectifs jugés irréalistes des libéraux.

Portait du candidat Luis Henry Gonzalez Venegas du Parti conservateur, souriant, avec ses lunettes noires et une fine moustache.

Le candidat du Parti conservateur du Canada, Luis Henry Gonzalez Venegas

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

On doit avoir des cibles de protection de l'environnement réalistes. On ne peut pas promettre qu'on va réduire 95 % si ça va nous générer des pertes d'emplois et des problèmes économiques majeurs. Il faut mettre des cibles réalistes que l'on peut atteindre. C'est mieux de dire 30 % et de le réaliser que dire 95 % et ne jamais y arriver, a soutenu Luis Henry Gonzalez.

La riposte du candidat libéral William Legault-Lacasse, âgé de 23 ans, n'a pas tardé. L'environnement est l'enjeu de ma génération, a-t-il martelé.

La candidate néo-démocrate, Bethany Stewart, a quant à elle ramené à quelques reprises des préoccupations autochtones, tant en matière d'environnement, talonnant le candidat libéral sur son éventuel appui à un projet de développement minier à Kipawa, qui suscite une forte opposition dans la communauté.

Portrait de la candidate NPD Bethany Stewart, assise, les mains jointes.

La candidate du NPD dans Abitibi-Témiscamingue Bethany Stewart

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

Je vais m'assurer que les voix seront entendues, que les problèmes et les malaises des communautés vont cheminer, lui a-t-il répondu.

Des échanges musclés

Les tirades les plus cinglantes se sont produites entre le bloquiste Sébastien Lemire et le candidat libéral William Legault-Lacasse. Piqué au vif pour avoir fermé des bureaux de député tout en se présentant comme le député qui s'est illustré pour sa proximité avec les électeurs, le député sortant a riposté.

Des bureaux de député, il n'en reste qu'un seul et c'est à Rouyn et j'invite tout le monde à regarder les heures d'ouverture: c'est de 9h30 à 11h le matin. Pourquoi avez-vous réduit les services de proximité à votre propre citoyen, et ce même avant la COVID-19?, a lancé William Legault-Lacasse.

Permets-moi de reprendre une expression de ton chef "parce qu'on est en 2021". Les heures de service public ne se limitent pas aux heures qui sont sur une porte. Les gens savent qu'ils peuvent me rejoindre en tout temps, a rétorqué Sébastien Lemire.

Montage de portraits des candidats souriants avant le débat du 14 septembre 2021

Sébastien Lemire (Blos québécois) et William Legault-Lacasse (Parti libéral du Canada) ont eu les échanges les plus corsés.

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

Une autre salve est survenue dans le dossier de l'immigration et sur la problématique liée aux travailleurs étrangers qui a touché les agriculteurs partout au Québec.

On parle de décentralisation du processus d'immigration et la mesure phare que les gens me disent vous entendre répéter c'est "décentraliser en ayant plus de fonctionnaires à Ottawa". Vous prétendez pouvoir faire bouger les choses dans l'opposition, alors pourquoi n'avez-vous pas fait de proposition?, a questionné le candidat libéral.

Effectivement, ce serait facile, nous avons déjà les bureaux de Services Canada, c'est juste de leur transférer la compétence. La main-d'œuvre qualifiée est déjà là, il faut leur donner plus de pouvoir, a lancé Sébastien Lemire.

Ce débat des candidats dans Abitibi-Témiscamingue était organisé par la Chambre de commerce et d'industrie de Rouyn-Noranda et ICI Abitibi-Témiscamingue à la salle Paramount de Rouyn-Noranda.

Il ne reste maintenant que quelques jours à la campagne électorale. En Abitibi-Témiscamingue, le vote par anticipation a attiré plus d'électeurs qu'en 2019. Dans la circonscription Abitibi–Baie-James–Nunavik–Eeyou, 8467 électeurs ont exercé leur droit de votre contre 7393 en 2019, alors qu'en Abitibi–Témiscamingue, 11 882 citoyens ont déjà remis leurs bulletins, contre 10 095 en 2019.

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