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L’aile québécoise du Parti vert ne voit pas d’affront dans sa plateforme provinciale

Plan rapproché d'Annamie Paul.

Annamie Paul a admis qu'elle aurait aimé être consultée avant la présentation de la plateforme québécoise.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Malgré le dépôt d'une plateforme provinciale qui reflète les positions de bien de ses candidats, l'aile québécoise du Parti vert du Canada estime qu'elle ne se place pas en contradiction avec sa cheffe Annamie Paul, qui n'a pas été consultée au préalable. La leader a admis qu'elle n'avait pas encore lu le document.

Des porte-parole du parti au Québec ont procédé mardi à la présentation du Document d'orientation sur les enjeux du Québec de l'Aile québécoise du Parti vert du Canada qui a été rédigé en collaboration avec le comité de travail pour l'élaboration du programme Québec.

Sur la question identitaire, par exemple, l’aile québécoise du parti souhaite reconnaître entièrement le statut du Québec comme nation distincte au sein du Canada et le droit des Québécois de faire du français la seule langue officielle dans la province.

En juin, cette même aile avait d’ailleurs exprimé son soutien au projet de loi 96 du gouvernement Legault, qui prévoit notamment la reconnaissance constitutionnelle de la nation québécoise.

Or, Annamie Paul avait exprimé au même moment des réserves et plaidé pour un examen approfondi du projet de loi en comité parlementaire, afin de s’assurer que le Québec ait bel et bien le droit d’amender unilatéralement sa section de la Constitution canadienne.

Fait inusité, avant même de passer la parole aux divers porte-parole invités pendant la conférence de presse virtuelle, la modératrice Natassia Ephrem a clamé que la proposition québécoise ne dérogeait pas de l'offre nationale.

Je tiens à mentionner d'emblée que le Document d'orientation sur les enjeux du Québec est en parfaite adéquation et en parfaite concordance avec la plateforme nationale du parti, a déclaré Natassia Ephrem, qui est aussi stratégiste et analyste pour le Parti vert du Canada.

Pas un affront

Président de l'aile québécoise du Parti vert, Luc Joli-Coeur a indiqué d'entrée de jeu que le travail pour élaborer la position québécoise s'était échelonné sur plusieurs mois, et que le parti était au courant de leur démarche.

On a consulté plusieurs de nos candidats. On a consulté des experts aussi. On avait un comité de travail. Et ça s'est fait de façon concomitante avec le travail sur la plateforme nationale, a-t-il assuré, précisant toutefois que les choses se sont précipitées en raison de la campagne électorale.

Candidat du Parti vert dans la circonscription d'Ahuntsic-Cartierville, Luc Joli-Cœur ne considère pas que la position de l'aile québécoise sur des enjeux sensibles comme le soutien au projet de loi 96 ou la reconnaissance du statut du Québec comme nation distincte constitue un affront à la cheffe.

Sur l'enjeu de la loi 96, il estime que la question est pas mal réglée. Il a d'ailleurs souligné que la motion présentée à la Chambre des communes par le Bloc québécois en appui au projet de loi 96 reconnaissant que le Québec forme une nation a été adoptée. Au niveau de la Chambre des communes du Canada, c'est déjà acquis, a-t-il déclaré.

Cette motion a reçu l'appui de tous les partis politiques, y compris l'appui de Paul Manly, député de notre parti. Mme May ne pouvait pas être là pour des raisons de santé, a-t-il dit.

Il a concédé que Mme Paul aurait aimé mieux que cela soit discuté davantage. Nous, au niveau de l'aile québécoise, on était en faveur de cette motion. Je peux dire que le Parti vert en bonne partie l'était aussi, a-t-il affirmé. Notre cheffe a aussi dit que c'était important de protéger le français au Canada et cela comprend le Québec, a-t-il ajouté.

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

Une nation distincte

Interrogé sur la reconnaissance du Québec en tant que nation distincte, Luc Joli-Coeur a répondu que cela faisait partie de la motion du Bloc qui a été adoptée, avant de passer à un autre sujet.

Je pense que pendant la campagne électorale actuelle, il faut parler des vrais enjeux. La question de l'urne, c'est le dérèglement climatique. On ne parle même plus de réchauffement, on parle de dérèglement, a-t-il enchaîné.

Sa collègue Marie-Claude Gaudet, candidate dans la circonscription de Saint-Maurice-Champlain, ne s'est pas défilée quand est venu le temps de détailler la position de l'Aile sur la place du Québec au sein de la fédération.

En ce qui concerne le rôle du Québec au sein du Canada, les membres du Parti vert au Québec reconnaissent le statut du Québec comme nation distincte, a-t-elle soutenu.

Qu'est ce que vous voulez que les gens retiennent de l'unité de votre parti? Est-ce qu'il y a des divisions? lui a-t-on demandé. Ce que je veux que les gens retiennent, c'est que le Parti vert est le seul parti qui veut réduire les GES [gaz à effet de serre] à 60 % et qu'on a des mesures concrètes pour y arriver, a répondu Luc Joli-Coeur.

À propos du processus d'adéquation, M. Joli-Coeur a expliqué que leur document avait été validé par Daniel Green, conseiller du Parti vert du Canada pour la campagne du Québec 2021.

On a vu qu'on n'avait pas de contradictions avec la plateforme nationale. Il y a des éléments où on va plus loin. Il y a des éléments qu'on précise.

Une citation de :Luc Joli-Coeur, président de l'aile québécoise du Parti vert

Au chapitre des propositions économiques, environnementales et culturelles, il assure que la plateforme québécoise va de l'avant avec des mesures qui sont dans la plateforme nationale.

La cheffe est-elle au courant des propositions? Son équipe en a eu copie. Je ne sais pas si elle est au courant spécifiquement. Elle ne m'a pas appelé. Elle est dans les Maritimes et je suppose qu'elle est très occupée actuellement, a-t-il rétorqué.

La cheffe pas consultée

Annamie Paul fait effectivement campagne mardi à Charlottetown, à l'Île-du-Prince-Édouard. En conférence de presse, elle s'est fait demander si la sortie de la plateforme québécoise constituait un affront à son leadership.

La cheffe a semblé minimiser l'affaire en plaidant pour une diversité des points de vue au sein de sa formation politique.

Dans notre parti, il y a de la place pour des différences d'opinions. [...] Précisément parce qu'on sait que c'est dans la discussion qu'on va trouver les meilleures idées. Je n'ai jamais voulu créer ou participer dans un parti où il n'y a qu'une seule voix, la voix du chef, a-t-elle dit.

À l'heure actuelle, la cheffe n'a pas pris connaissance du document. Je n'ai pas eu l'occasion de lire la présentation des membres du Québec, a-t-elle confirmé.

Si vous me demandez si j'aurais préféré ne pas recevoir la nouvelle de cette manière, absolument, a-t-elle fait savoir. Auriez-vous aimé être consultée? Oui, a-t-elle simplement répliqué.

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