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L’activité chirurgicale à son plus bas depuis des mois

Le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Christian Dubé, est à revoir son plan de relance des chirurgies. Différents scénarios sont envisagés dont celui de ramener au public des infirmières du privé et de faire une pause dans l’octroi de nouveaux permis pour des chirurgies au privé.

Portrait de Christian Dubé.

Le ministre Christian Dubé veut augmenter la cadence des chirurgies dans les hôpitaux du Québec.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Au mois de juin, le ministre de la Santé du Québec, Christian Dubé, avait espoir de présenter à l’automne les détails d’un plan de relance des chirurgies prévoyant un rattrapage sur deux ans.

On vise à mettre en œuvre des solutions afin […] de rétablir un taux d'activité chirurgicale à 100 % d'ici octobre 2021 […] et augmenter progressivement ce taux jusqu'à 115 % entre l'automne 2021 et l'automne 2022, disait-il.

L’objectif était d’augmenter la cadence afin de réduire la liste d'attente sous le niveau prépandémique d'ici mars 2023.

Or, selon les données du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), le taux d’activités chirurgicales a atteint un creux de 73 % au début septembre, y compris la part des chirurgies réalisées dans des cliniques privées (13 points).

Plusieurs chirurgiens dénoncent sous le sceau de la confidentialité le sous-fonctionnement des salles d’opération des hôpitaux.

À l’Hôpital Charles-LeMoyne dans le CISSS de Montérégie Centre, seulement sept des dix salles d’opération sont utilisées actuellement cinq jours par semaine. À l'Hôpital du Haut-Richelieu, cinq salles sont utilisées trois jours par semaine, et quatre salles le sont deux jours par semaine.

Même son de cloche à l’Hôpital de Saint-Jérôme dans le CISSS des Laurentides. Et à L’Hôtel-Dieu de Lévis, la moitié des salles d’opération sont utilisées.

Bien des infirmières quittent et on n’arrive pas à les remplacer. C’est clair qu’on s’en va dans le mur et il faut des solutions audacieuses, indique un chirurgien.

Portrait de Serge Legault.

Le Dr Serge Legault, vice-président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ).

Photo : Radio-Canada

Selon le Dr Serge Legault, vice-président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) tout doit être mis sur la table pour trouver des solutions […] il faut penser à l’extérieur de la boîte.

Ce dernier cite par exemple des établissements qui ont recours à des infirmières auxiliaires en bloc opératoire. On pense que jusqu’à 15 % des infirmières en bloc opératoire pourraient être des infirmières auxiliaires.

Les listes d’attente sont vraiment très imposantes, même inédites, reconnaît M. Legault.

Environ 30 000 patients se sont ajoutés à la liste d’attente pour une chirurgie depuis le début de la pandémie pour un total de près de 145 000, un nombre stable depuis le début de l’été.

Une salle d'opération.

Une salle d'opération

Photo : Shutterstock

Les options

Selon des sources consultées par Radio-Canada, le ministre Dubé constate qu’il lui sera difficile de respecter son objectif sur deux ans.

Ce dernier envisage notamment de faire une pause dans la délivrance de nouveaux permis pour des centres médicaux spécialisés (CMS).

Ces cliniques privées de chirurgies d’un jour recrutent notamment du personnel soignant auprès d’agences et de retraitées, mais aussi dans le réseau public en offrant des conditions de travail plus favorables. Québec impose depuis avril un délai de carence de trois mois à ces embauches.

Québec estime aussi avoir besoin de 4000 infirmières à court terme.

Questionné lors d’une mêlée de presse mardi, le ministre Dubé a reconnu qu’il faisait face à un problème de personnel qui est criant.

Je n'aurais jamais pensé au début de l'été qu'on aurait le problème de personnel qu'on a en ce moment, a-t-il ajouté.

À tel point que ce dernier a mentionné qu’il fa[llait] aller en trouver [des infirmières] qui reviennent du privé, qui reviennent des agences, qui reviennent de leur retraite.

Contrat majeur dans les Laurentides

Pendant ce temps, le CISSS des Laurentides publiait récemment un avis d’intention afin d’octroyer un contrat pour sous-traiter des chirurgies au privé.

Selon le document publié, le CISSS souhaite signer un contrat de 5 ans en attendant la fin des travaux d’agrandissement de l’Hôpital de Saint-Jérôme prévus en 2028.

Le CISSS des Laurentides souhaite y confier 4000 chirurgies d’un jour par année, 6000 endoscopies ainsi que 3000 examens en urologie.

Le promoteur du projet regroupe trois médecins spécialistes de l’hôpital qui ont enregistré une entreprise au cours du mois de juillet. Ils n’ont pas encore obtenu leur permis du ministère.

L’un des actionnaires n’a pas souhaité commenter et nous a dirigé vers le CISSS des Laurentides. Au CISSS des Laurentides, une porte-parole nous a précisé par écrit que l’accès à plus de salles de chirurgie et de consultation permettra ainsi d’accélérer la relance des chirurgies dans la région.

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