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Deux mois après la destruction du village de Lytton, l’avenir est toujours incertain

Un homme tient un vélo calciné dans ses mains.

Don Glasgow passe au crible les décombres de son ancienne maison, qu'il a perdue lors de l'incendie de Lytton Creek en juin.

Photo : CBC/Matt Meuse

Radio-Canada

Cela fait plus de deux mois que l'incendie de Lytton Creek, en Colombie-Britannique, a ravagé le canyon du Fraser, tuant deux résidents du village de Lytton et en délogeant des centaines d’autres. Alors que la possibilité de reconstruire est envisagée, certains résidents ne sont pas encore autorisés à revenir. Beaucoup se sentent coincés entre espoir et incertitude.

Depuis le début du mois de septembre, certains des évacués de Lytton commencent tout juste à être autorisés à revenir par étapes, pour passer en revue les décombres.

Parmi eux, Don Glasgow et sa femme, Tricia Thorpe, dont la maison située au nord du petit village a été balayée par le brasier de Lytton Creek.

Quand nous sommes revenus, c'était effroyable. C’était bouleversant. Nous ne savions pas par où commencer, explique Tricia Thorpe.

Un homme tient une femme par les épaules.

Don Glasgow et sa femme, Tricia Thorpe, ont perdu leur maison et de nombreux animaux dans le feu de Lytton Creek, mais ils sont déjà au travail pour reconstruire.

Photo : CBC/Matt Meuse

Chaque jour, ils viennent déblayer les débris et commencer à repenser ce qui était leur maison durant plusieurs années. Ils savent déjà où sera leur nouveau salon et entrevoient même à quoi ressemblera leur jardin.

Pour Don Glasgow, la question n'est pas savoir si la maison va être reconstruite, ou de quelle façon, mais quand elle le sera.

Ma place est ici et, quand je mourrai, je veux qu'on m'enterre ici.

D’autres résidents frustrés

C'est encore assez surréaliste, lance Gordon Murray, l’un des nombreux évacués encore dispersés dans la province. Avec sa conjointe, Carel Moiseiwitsch, il vit dans l'est de Vancouver.

Le couple sera autorisé à retourner sur sa propriété dans les prochains jours, mais Gordon Murray se dit frustré.

Il se demande pourquoi les évacués de Monte Lake, au sud de Kamloops, ont été autorisés à rentrer chez eux quelques jours seulement après que le feu de White Rock Lake eut ravagé la communauté. Tandis que, pendant plus de deux mois, on lui a dit que rentrer chez lui n'était pas sûr.

Une femme et un homme debout.

Carel et Gordon Murray vivent à Vancouver depuis qu'ils ont perdu leur maison de Lytton.

Photo : CBC/Matt Meuse

Gordon Murray déplore aussi ce qu'il considère comme un manque de communication de la part de la Municipalité.

Selon le maire de Lytton, Jan Polderman, le retard est dû à l'attente d'un rapport de sécurité du ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique, qu'il a reçu le 3 septembre, avant de décider de permettre aux résidents de retourner chez eux.

Cependant, Jan Polderman dit comprendre la frustration des résidents.

Ils voient [les gens traverser] le centre-ville, dit-il, en faisant référence à l'autoroute 12 récemment rouverte. Mais [on leur dit] que c'est trop dangereux pour eux de rentrer chez eux. Cela me contrarierait également.

Une ville du futur

Katrina Sam et son compagnon, Joseph Justice, vivent actuellement dans une caravane garée devant la maison de la mère de Katrina, car ils ont eux aussi perdu leur maison dans l'incendie.

C'était la maison de mes grands-parents. J'ai été élevé dans cette maison et j'y ai vécu pendant 53 ans, explique Joseph Justice.

Malgré cette perte, il est impatient de rentrer chez lui et de reconstruire. Sa compagne et lui n'ont pas l'intention de quitter la communauté qu'ils ont considérée comme leur foyer toute leur vie.

Un homme et une femme se tiennent dans les bras l'un de l'autre.

Joseph Justice et sa compagne Katrina Sam ont perdu leur maison dans l'incendie de Lytton Creek, mais sont impatients d'y retourner. On aperçoit en arrière-plan l'école Stein Valley Nlaka'pamux, où Mme Sam enseigne à la maternelle.

Photo : CBC/Matt Meuse

Nous avons un très bon emplacement, avec vue sur les deux rivières et le pont et sur les magnifiques montagnes, raconte avec nostalgie Joseph Justice. J'ai hâte de retourner là où j'ai grandi.

M. Polderman et le conseil municipal en sont déjà aux premières étapes de la planification du processus de reconstruction, et le maire a une vision ambitieuse.

Ce que j'espère voir, c'est une ville du futur, explique-t-il. Une ville aussi résistante ou ignifugée que possible, qui soit moins dépendante des sources d'énergie extérieures pour produire la chaleur et la climatisation nécessaires au confort des habitants dans leurs maisons.

Il espère que la Lytton reconstruite pourra devenir un modèle pour d'autres villes.

Éviter les erreurs du passé

Certains résidents sont inquiets en raison du manque de consultation et à l'accessibilité financière de la reconstruction selon de telles normes, en particulier ceux qui n'ont pas d'assurance.

Gordon Murray craint que le plan de la Municipalité ne fasse que répéter les erreurs du passé et qu'il n'intègre pas de manière significative les Premières Nations locales et leur connaissance du territoire.

J'ai l'impression que leur façon de penser est la suivante : comment recréer le village pour qu'il ait l'apparence qu'il avait avant, mais qu'il soit à l'épreuve du feu, dit-il.

Il ne semble pas y avoir de réflexion plus profonde sur la façon de reconstruire d'une manière qui reconnaisse la terre et les gens qui sont là.

Une citation de :Gordon Murray, évacué de Lytton

Ils semblent sauter beaucoup d'étapes et se contenter de dire : "Nous voulons le faire de la même manière." Et jusqu'à présent, cela n'a pas très bien fonctionné, précise-t-il, ajoutant que Lytton a déjà brûlé quatre fois en tout depuis sa fondation, il y a environ 150 ans.

Le maire, Jan Polderman, reconnaît les préoccupations de la communauté. Mais, selon lui, il est trop tôt pour une consultation plus large.

Il souligne que des municipalités qui ont subi des incendies importants comme Fort McMurray ou Slave Lake ont mis des années à se reconstruire.

Avec des informations de The Current, Liz Hoath, Matt Meuse et Joana Draghici

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