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Des préposés qui avaient suivi la formation accélérée envisagent de démissionner

Deux femmes pratiquent des manœuvres sur un mannequin dans un lit d'hôpital.

Le contrat d'un an de ceux et celles qui font partie de la première cohorte arrive à échéance.

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Luneau

Un an après l’arrivée en CHSLD des premiers préposés aux bénéficiaires (PAB) ayant suivi la formation accélérée offerte par le gouvernement Legault, bon nombre d'entre eux songent à quitter leur emploi.

Les nouveaux préposés avaient plusieurs engagements à respecter, dont celui de garder leur emploi pendant au moins un an. Sans cela, ils devaient rembourser la bourse qui leur avait été offerte pour la formation.

Dans la Capitale-Nationale, ce sont 604 candidatures qui avaient été acceptées et 479 personnes avaient quant à elles suivi la formation en Chaudière-Appalaches. Les premiers candidats avaient fait leur entrée officielle au travail le 15 septembre 2020.

Plusieurs adultes en classe portant des masques pour leur premier cours après s'être désinfecté les mains.

Les préposés ont suivi un programme de 300 heures de cours théoriques et pratiques.

Photo : Radio-Canada / Hadi Hassin

Fin du contrat

Un an plus tard, le contrat arrive maintenant à échéance pour plusieurs d’entre eux. Et n'étant plus contraints par cet engagement, ils sont nombreux à songer à quitter la profession.

J'en connais plein qui vont partir, affirme Stéphane Séguin, qui fait partie de la première cohorte de participants au programme accéléré. Lui-même est en réflexion, non pas qu’il n’apprécie pas sa nouvelle carrière au CHSLD Saint-Antoine de Québec, mais parce qu’il a l’impression d’avoir été floué sur la question du salaire, qui s’avère moins attirant que les 26 $ de l’heure annoncés.

Stéphane Séguin.

Stéphane Séguin a quitté un emploi au taux horaire de 29 dollars pour suivre la formation accélérée.

Photo : Radio-Canada

On a 20,55 $ qui est écrit sur notre talon de paye. Le 26 $, on l’a eu avec des primes de 1000 $ quand on était en zone rouge, explique-t-il. Il dit que plusieurs préposés ont dû trouver un deuxième emploi en raison de la perte de cette prime.

Une nouvelle convention collective a été acceptée et devrait entrer en vigueur en avril 2022. À ce moment, les préposés récupéreront une partie de leur salaire puisque celui-ci s’établira à 25,63 $ de l’heure. Cette perspective pousse Stéphane Séguin à rester, mais il n'en est pas moins amer.

L’espoir était pourtant grand avec ce programme de formation accélérée payée d’une durée de 300 heures : le gouvernement souhaitait recruter jusqu’à 10 000 nouveaux préposés aux bénéficiaires.

On était déjà en pénurie, en manque de personnel. Donc, de voir des gens arriver de plus, on était vraiment heureux, affirme Richard Boissinot, le président du Syndicat des travailleuses et des travailleurs du CIUSSS de la Capitale-Nationale (CSN).

De nombreux départs à prévoir

En Chaudière-Appalaches, 79 personnes ont dû rembourser la bourse. Au total, 303 nouveaux préposés sont toujours employés par le CISSS.

Mais Carl Reinhardt, conseiller syndical au SQEES-FTQ, affirme que la charge de travail trop élevée en poussera plusieurs autres à quitter le bateau dès que possible.

Ils nous appellent pour savoir quelle a été leur date d'embauche de l'année passée pour s'assurer de donner une bonne date de démission, précise-t-il.

Les tâches sont excessivement épuisantes. Le ratio préposé-patients est énorme. On a aussi garroché ces gens-là sur les départements des centres d’hébergement sans aucune préparation, explique le conseiller syndical, qui juge que le programme n’a pas donné le souffle voulu au réseau.

Moins de PAB qu'avant la pandémie?

À ce jour, le CIUSSS de la Capitale-Nationale indique que 125 préposés n’ont pas terminé le contrat et ont dû rembourser les 9210 $ alloués à la formation. De plus, Richard Boissinot affirme avoir reçu plus d’une vingtaine d’appels de syndiqués désenchantés, qui n’attendaient que la fin de leur contrat pour donner leur démission.

Le représentant syndical craint maintenant un retour en arrière. Ma peur, c'est qu'après le 15 on se retrouve avec moins de monde qu'il y avait l'année passée avant la crise sanitaire, conclut-il.

À l’échelle provinciale, le ministère de la Santé indique qu’à ce jour 961 préposées embauchées dans le cadre de la formation accélérée ont déjà quitté leur emploi; 8 449 sont toujours en emploi dans des CHSLD.

Avec la collaboration de Hadi Hassin et Pierre-Alexandre Bolduc

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