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Des employés d’un entrepôt d’Amazon en Alberta veulent se syndiquer

Amazon Canada a annoncé lundi qu'elle embaucherait 15 000 employés d'entrepôt à travers le Canada.

Un employé portant un masque de protection tire un chariot dans un entrepôt.

Selon les Teamsters, il s'agit de la première étape d'une campagne de recrutement visant à amener Amazon Canada à la table des négociations.

Photo : Reuters / BRENDAN MCDERMID

La Presse canadienne

Des employés d'un entrepôt d'Amazon dans le centre de l'Alberta pourraient devenir les premiers du détaillant au Canada à tenir un vote d'accréditation syndicale, et le syndicat à l'origine de la campagne affirme que ce ne sera pas le dernier.

Les Teamsters ont fait une demande d'accréditation pour les employés de l'entrepôt d'Amazon de Nisku, au sud d'Edmonton, en Alberta.

Des représentants des Teamsters se sont présentés à l'entrepôt les 7, 8, et 9 septembre pour inviter les employés à signer des cartes d'adhésion.

Vu l'intérêt des employés, la section locale 362 du syndicat des Teamsters a déposé une demande de vote d'accréditation.

La Commission des relations du travail de l'Alberta doit vérifier la demande avant qu'une date ne soit fixée pour le vote, mais le syndicat s'attend à ce que celui-ci ait lieu d'ici la fin de l'année.

Selon les Teamsters, il s'agit de la première étape d'une campagne de recrutement visant à amener Amazon Canada à la table des négociations.

Le syndicat dit qu'il a été en contact avec des travailleurs employés dans les installations d'Amazon à Vancouver, à Calgary, à Edmonton, à Toronto, à Milton, à Cambridge et à Kitchener.

Nous avons des sections locales à travers le pays qui établissent des relations avec les travailleurs d'Amazon en ce moment même. La même chose se passe aux États-Unis, a affirmé le porte-parole de Teamsters Canada, Christopher Monette. [Nisku] ne sera certainement pas le dernier [endroit à faire l'objet d'une demande d'accréditation].

L'entreprise a également indiqué qu'elle augmenterait le salaire de départ de ses employés de première ligne au Canada, qui s'établira désormais entre 17,00 $ et 21,65 $ par heure, comparativement au salaire de départ actuel de 16,00 $ par heure.

Selon M. Monette, ces augmentations de salaire sont une réponse à la campagne de syndicalisation en cours. Toutefois, ces salaires restent bien inférieurs aux 24,50 $ à 31,93 $ de l'heure que les employés d'entrepôt peuvent gagner dans des entreprises comparables syndiquées par des Teamsters.

M. Monette a ajouté qu'Amazon avait également récemment aboli une prime de rendement mensuelle de 100 $ à 300 $ par mois, ce qui fait en sorte que certains travailleurs ne croient pas qu'ils recevront réellement un plus gros chèque de paye même avec l'augmentation de salaire.

Le rythme de travail exigeant et les questions de santé et de sécurité sont également une préoccupation [des employés d'Amazon], selon M. Monette.

Les travailleurs d'Amazon sont invités à ramasser un article toutes les 9 à 12 secondes. C'est un rythme qui est difficile pour le corps, a-t-il expliqué. Nous pensons simplement que les travailleurs d'Amazon méritent mieux et qu'Amazon a la capacité de traiter ses travailleurs de manière plus équitable.

Un équilibre modifié par la pandémie

Amazon a la réputation d'étouffer les démarches des syndicats avant qu'ils ne puissent se propager. Une campagne de syndicalisation ratée en Alabama, ce printemps, a été la plus importante de l'histoire du géant du commerce en ligne. Ce n'était que la deuxième fois qu'une campagne de syndicalisation au sein de l'entreprise aboutissait à un vote d'accréditation.

Cela signifie que les Teamsters auront probablement un combat difficile devant eux, estime Richard Powers, professeur agrégé à la Rotman School of Management de l'Université de Toronto.

Je pense que ce sera [difficile], uniquement à cause de l'identité de ceux qu'ils affrontent, souligne M. Powers. Comme nous l'avons vu aux États-Unis, Amazon s'est donné beaucoup de mal pour empêcher les syndicats de s'établir.

Malgré tout, M. Powers constate que la pandémie de COVID-19 a modifié l'équilibre des pouvoirs entre les employés et les employeurs. De nombreux employeurs des secteurs de la vente au détail, des services et de la logistique font face à des pénuries de main-d'oeuvre, parce que les travailleurs, exaspérés par les faibles salaires et les risques pour la santé associés à un éventuel contact avec le virus au travail, démissionnent en grand nombre.

S'ils [les Teamsters] réussissent au Canada, cela leur donnera un énorme coup de pouce pour faire de même aux États-Unis, affirme M. Powers. Les grands gagnants seront les employés, car Amazon va devoir réagir.

Amazon Canada compte actuellement 25 000 employés à temps plein et à temps partiel dans 25 communautés, réparties dans 5 provinces. L'entreprise connaît une croissance rapide en raison de la pandémie de COVID-19 et de l'explosion des achats en ligne qui en a résulté. Le géant de la vente en ligne compte 46 entrepôts et installations logistiques et de livraison au Canada, comparativement à 30 au milieu de l'année 2020. D'autres annonces de croissance sont attendues cette année, selon la société.

Amazon n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires mardi.

Lors d'une entrevue réalisée la semaine dernière, la directrice des activités de traitement des clients d'Amazon Canada, Sumegha Kumar, a affirmé que l'entreprise offrait un accès à des avantages sociaux en matière de santé, de soins dentaires et de soins oculaires, ainsi que des programmes de formation à tous les employés, indépendamment de leur poste ou de leur fonction.

Elle a ajouté que la décision de l'entreprise d'augmenter les salaires était un moyen de rester concurrentiel.

Notre entreprise se développe beaucoup et nous voulons continuer à rester concentrés sur nos clients, a-t-elle expliqué. Nous avons donc évidemment des besoins en matière d'embauche et de rétention des meilleurs talents.

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