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De 100 % citadins à 100 % fermiers, l’histoire de ces néoruraux à Bolton-Ouest

Les campagnes sont aujourd’hui peuplées de citadins qui fuient la ville pour profiter de la beauté des lieux. Si à certains endroits l'arrivée de ces urbains rime avec spéculation, à Bolton-Ouest, en Estrie, cela a favorisé une revitalisation de l'agriculture locale, grâce à un projet d'entraide collective.

Portrait de Nancy Lanteigne, avec sa fille et de Lise Boucher.

Nancy Lanteigne, avec sa fille et Lise Boucher, deux voisines de Bolton-Ouest qui élèvent des vaches Highland.

Photo : Radio-Canada

Il y a quelques années, Nancy Lanteigne et son conjoint travaillaient à Montréal. Ils étaient de purs citadins avec des carrières très florissantes. « Nos projets de vie étaient vraiment de voyager, de rester à Montréal. On était bien établis. » Mais l'appel de la nature et de la campagne a sonné. Une balade à Bolton-Ouest a tout changé.

Bolton-Ouest a vraiment été un coup de cœur. Quand on a vu, on a dit : "Oui, c'est ici que ça s'arrête", affirme Nancy Lanteigne. Le couple a acheté une ferme et une grande terre qui comportait un troupeau de vaches Highland. Ça venait avec la terre qu'on a achetée. Donc, on aurait pu dire : "Non, on laisse aller", affirme-t-elle, avouant qu'elle ne connaissait rien à l'élevage. Mais de savoir qu'il y avait quelqu'un qui pouvait m'aider, j'ai dit Let's go, on y va!

Nancy Lanteigne fait ainsi référence à ses voisins, qu'elle a rapidement rencontrés et qui lui ont offert de l'aide pour son projet. Le couple s'est donc lancé dans la production de viande, mais a aussi développé de l'apiculture.

Des bâtiments de ferme derrière une clôture.

Une des missions du Collectif Bolton-Ouest est d'entretenir le paysage agricole.

Photo : Radio-Canada

Un autre Montréalais, Robert Demers, avait aussi une vie bien occupée dans la métropole. J'ai été pendant 37 ans fiscaliste et comptable agréé dans une grande firme à Montréal. Mais là aussi, l'appel du changement l'a amené à Bolton-Ouest.

L'achat d'une grande terre enclenche alors un grand projet agricole. Je n'avais aucune connaissance et j'ai commencé à côtoyer de vrais agriculteurs. Ça a été un apprentissage accéléré, affirme M. Demers.

Robert Demers observe sa production de tomate.

Robert Demers est un producteur maraîcher établi à Bolton-Ouest.

Photo : Radio-Canada

Aujourd'hui, quelques années plus tard, il est producteur maraîcher à temps plein et produit une trentaine de légumes en régie biologique.

Naissance du Collectif Bolton-Ouest

Le village de Bolton-Ouest regorge d'histoires comme celles de Nancy Lanteigne et de Robert Demers. Ce village vit maintenant un renouveau grâce à l'arrivée de ces néoruraux. Mais n'appelons pas ces citadins des gentlemen farmers, car la plupart sont devenus des fermiers à temps plein. Et la clé du succès de leur projet agricole repose sur l'aide et le partage de connaissances. Et ici, depuis quelques années, cette idée de partage entre voisins a un nom : le Collectif Bolton-Ouest, une idée développée par des citoyens.

Portrait de Myriam Brel.

Myriam Brel nous parle de l'importance de préserver les beaux paysages agricoles de Bolton-Ouest.

Photo : Radio-Canada

C'est la notion du troc : voilà ce que je produis, voilà ce que tu produis; on s'échange et on en bénéficie. On appelle ça le bon sens paysan.

Une citation de :Myriam Brel, membre du Collectif Bolton-Ouest

Myriam Brel vient aussi de Montréal et fait aussi partie du Collectif Bolton-Ouest, mais elle ne pratique pas l'agriculture. Elle prête l'espace de son terrain à son voisin qui fait les foins. Moi, je mets à profit mon terrain. Lui, il met à profit son expertise. Donc, on se rejoint pour être productifs, affirme Myriam Brel.

Un ballot de foin.

La culture du foin est un des modules du Collectif Bolton-Ouest qui permet un entretien du paysage agricole.

Photo : Radio-Canada

Le Collectif comporte maintenant plusieurs filières agricoles au sein du même village. Que ce soit l'élevage de bœufs, la culture fourragère, la production de légumes, de miel ou de sirop d'érable, chaque membre apporte son expertise et son aide dans le but de favoriser une agriculture locale riche.

On partage aussi les coûts, par exemple, d'expertise agronomique ou pour l'achat de divers produits. C'est vrai pour la chaux. La chaux est un produit de base. Ce sont des choses qu'un fermier n'aurait pas nécessairement la capacité de gérer seul, affirme Myriam Brel.

Quand on a des gens qui sont là pour nous aider, c'est un gros stress de moins.

Une citation de :Nancy Lanteigne, éleveuse et apicultrice, Collectif Bolton-Ouest

Une revitalisation du paysage agricole

Comme à bien des endroits au Québec, le village de Bolton-Ouest a souffert de dévitalisation, de l'abandon de l'agriculture et de la montée de la friche. Cela a modifié le paysage. Cette idée d'économie circulaire du Collectif Bolton-Ouest a donc permis de relancer une agriculture qui était en perte de vitesse. Et l'entretien de ce paysage par une agriculture saine et biologique fait aujourd'hui partie de la mission de l'organisme.

J'ai un devoir pour mes enfants et pour l'ensemble de la communauté d'entretenir intelligemment mon terrain et mon paysage, renchérit Myriam Brel. Notre bœuf, c'est un bœuf à l'herbe. Il n'y a pas de grains, il n'y a pas d'OGM. Nos abeilles, c'est la même chose. Il n'y a pas de pesticides dans le coin, précise Nancy Lanteigne.

Une jaquette d'un pot de miel.

Une production de miel du Collectif Bolton-Ouest.

Photo : Radio-Canada

Le Collectif Bolton-Ouest regroupe maintenant une trentaine de membres et plus de 1750 hectares en culture. La mise en commun des forces favorise une ébullition d'idées et de projets, alors que les membres sont en constante recherche de développement.

En l'espace de quatre ans ici à Bolton-Ouest, je connais plus de monde que j'en ai connu pendant 25 ans à Montréal, dans un semi-détaché avec du monde à côté de chez nous. C'est tout ça : c'est l'agriculture, c'est le côté communautaire, c'est le côté social, affirme Robert Demers.

C'est vraiment la force du groupe. Bref, c'est l'humain au mieux de sa capacité, conclut Myriam Brel.

Le reportage de Benoît Livernoche est diffusé à l'émission La semaine verte le samedi à 17 h et le dimanche à 12 h 30 sur ICI TÉLÉ. À ICI RDI, ce sera le dimanche à 20 h.

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