•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Accident mortel à Beauport : le 911 avait reçu un appel pour conduite erratique

Scène d'un accident de voiture. On voit une voiture complètement cabossée et brisée de partout, une autopatrouille de police et des policiers en uniforme dans un périmètre délimité par un ruban interdisant le passage. Des débris jonchent le sol.

La conduite erratique du chauffard au centre-ville a été signalée au 911 quelques minutes avant l'accident fatal

Photo : Radio-Canada / Frédéric Vigeant

Le 2 septembre, quelques minutes avant l’accident qui a tué quatre membres d'une même famille sur l’autoroute Dufferin-Montmorency, la police de Québec a été informée qu’un homme circulait avec les capacités affaiblies en Basse-Ville. Les deux événements sont liés, a pu confirmer Radio-Canada, mais tout s’est joué si vite que le drame aurait difficilement pu être évité.

Appel initial : 17 h 43

Selon nos informations, il est précisément 17 h 43 lorsque la centrale 911 de Québec reçoit un premier appel dans cette affaire le jour de l'accident.

Au bout du fil, un témoin raconte qu’un automobiliste a accroché une voiture stationnée dans le quartier Saint-Roch. Il aurait aussi effleuré un mur de béton.

En décrivant le véhicule recherché, le témoin parle d’une voiture de couleur grise, mais se trompe d'un caractère en donnant le numéro d’immatriculation. La police s’en apercevra seulement plus tard.

Le témoin précise également que l’incident s’est produit il y a quelques minutes déjà. Le suspect n’est donc plus directement sur les lieux.

L’appel est tout de même jugé prioritaire, car on soupçonne que le conducteur a les capacités affaiblies. Une autopatrouille du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), positionnée à un kilomètre de là, se met immédiatement en route.

Impact fatal : 17 h 46

En réalité, il est déjà trop tard. À peu près au moment où le SPVQ arrive sur les lieux, un autre appel entre au 911. Il est 17 h 46.

Cette fois, on signale un accident grave à l’angle du boulevard François-De Laval et de l’autoroute Dufferin-Montmorency.

La suite de l’histoire est connue. Quatre personnes périront : deux enfants, Emma Lemieux et Jackson Fortin, leur mère, Shellie Fletcher-Lemieux, et leur grand-père James Fletcher.

Montage photo des victimes de l'accident.

Les victimes de l'accident : James Fletcher, Jackson Fortin, Emma Lemieux et Shellie Fletcher-Lemieux

Photo : Gracieuseté

L’homme qui sera accusé dans cette affaire est Éric Légaré, 43 ans. Il avait déjà plaidé coupable en 2017 dans un autre dossier de conduite avec les facultés affaiblies.

Il fait actuellement face à huit chefs d'accusation et doit être de retour en cour mercredi pour fixer une date sur la tenue de son enquête pour remise en liberté provisoire.

Plus tôt, vers 17 h 30

Selon nos informations, le jour de l'accident, Éric Légaré aurait passé une partie de l’après-midi dans un bar de la rue Saint-Joseph. Autour de 17 h 30, à sa sortie de l’établissement, il s’est dirigé vers sa voiture, garée dans un espace de stationnement avec parcomètre.

Dans un café situé juste en face, des personnes avaient également vu son comportement erratique. Or, ce n’est qu’en début de soirée, donc après l’accident, qu’un autre témoin a appelé le 911 pour rapporter la conduite erratique devant le café.

Selon toute vraisemblance, cet appel a tout de même permis aux autorités de faire le lien entre l’accident sur l’autoroute et les événements du quartier Saint-Roch.

Le numéro de plaque fourni par le témoin était le même que celui noté sur les lieux de l'accident, et différait d'un seul caractère avec celui donné par le premier témoin, à 17 h 43.

On a tous une responsabilité

Le SPVQ n’a pas voulu commenter nos informations puisque le dossier est actuellement devant les tribunaux et que l’enquête est menée par la Sûreté du Québec.

Joint au téléphone, le mari de Shellie Fletcher-Lemieux et père de la petite Emma, Jean-Dominic Lemieux, a voulu offrir quelques commentaires pour sensibiliser le public. D’abord, il croit que personne ne pouvait éviter ce qui est arrivé.

Même si les premiers témoins de la conduite erratique dans Saint-Roch avaient alerté les autorités plus tôt, c’était trop peu, trop tard, selon M. Lemieux, qui est d’avis que tout s’est joué très vite.

Tout ce qui peut être fait dans ces cas-là, d’appeler la police quand on est témoin de ça, ça peut aider. Ça aurait peut-être pu faire une différence. Malheureusement, [l’accident est] arrivé trop tôt immédiatement après l’appel.

Une citation de :Jean-Dominic Lemieux, mari de Shellie Fletcher-Lemieux et père d'Emma Lemieux, victimes de l'accident
Jean-Dominic Lemieux tient des empreintes des mains de sa fille Emma, en violet, et du demi-frère d'Emma, Jackson, en orange.

Jean-Dominic Lemieux en entrevue avec Radio-Canada quelques jours après le drame

Photo : Radio-Canada/Pascal Poinlane

M. Lemieux ne veut pas non plus braquer les projecteurs sur la consommation d’alcool dans les bars, car les tenanciers ne peuvent pas savoir par quel moyen de transport chaque individu rentrera chez lui, dit-il.

Je pense que c’est à tout le monde de prendre cette responsabilité-là et de ne pas prendre sa voiture lorsqu’on a consommé trop d’alcool, résume M. Lemieux, qui espère une prise de conscience collective.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !