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Garderies et finances publiques : notre compte rendu du débat de Zone économie

Vue de loin de la colline du Parlement à Ottawa.

La colline du Parlement à Ottawa

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Les garderies, l'avenir des finances publiques et la question environnementale ont marqué le débat entre cinq candidats fédéraux, présenté à l’émission Zone économie.

La candidate libérale Mélanie Joly a accusé les conservateurs de vouloir faire des économies sur des mères et des parents au pays en voulant déchirer les ententes conclues par le gouvernement Trudeau avec de nombreuses provinces pour la création d'un système universel de garderies.

Elle a défendu le programme libéral qui permettrait, a-t-elle dit, de créer une place pour 250 000 travailleurs de plus au Canada. C'est l'équivalent d'empêcher une croissance de 1,2 % de notre économie, a-t-elle précisé.

Le candidat bloquiste Gabriel Ste-Marie s'est réjoui du fait que le Québec, sur qui le système prendrait exemple, avait déjà un tel programme. Il a ainsi mentionné que la province méritait sa part pour le financer, soit 6 milliards de dollars transférés sans condition.

Cependant, il s'est dit inquiet pour l'avenir. Dans deux ans, dans cinq ans, dans dix ans, est-ce qu'il va être encore sans condition? On connaît la propension du fédéral à mettre son nez dans les champs de compétence du Québec et des provinces. Ça, il n'en est pas question, a-t-il mis en garde.

Vincent Duhamel, candidat conservateur, a fait remarquer qu'il a fallu cinq ans au Québec avant que ses garderies ne deviennent disponibles. On ne peut pas attendre cinq ans, a-t-il fait valoir, et le programme conservateur vise à aider les familles maintenant à reprendre le chemin du marché du travail, a-t-il précisé. Le Parti conservateur propose de donner aux familles un crédit d'impôt remboursable.

On a besoin de donner de la flexibilité aux pères et aux mères de famille pour pouvoir faire les décisions qu'eux doivent prendre pour leurs propres besoins. Et les besoins à Montréal et les besoins dans d'autres villes en Saskatchewan ou en Colombie-Britannique ne sont pas les mêmes, a-t-il affirmé.

Quant à Luc Joli-Cœur, candidat du Parti vert, il prône un système universel. Le système au Québec fonctionne bien. Il n'y a pas de raison pourquoi on n'aurait pas le même système à travers le Canada, a-t-il soutenu.

Il a cité en exemple le fait que des parents paient plus de 1500 $ par mois en frais de garderie à Toronto. C'est inacceptable, s'est-il exclamé. Si on a un système privé, on va avoir un crédit d'impôt, il a beau être remboursable, mais il ne couvrira jamais ce moment. Elle ne fonctionne pas, la proposition des conservateurs.

Le débat économique de la campagne

Mélanie Joly a appelé au respect de l'entente de 6 milliards de dollars avec le gouvernement du Québec, qui permettra de créer 37 000 places en garderie.

Il n'y a pas une femme enceinte au Canada présentement qui ne se pose pas la question qu'est-ce qu'elle va faire avec son enfant au moment où elle va vouloir retourner sur le marché du travail.

Une citation de :Mélanie Joly, candidate du Parti libéral

Vincent Duhamel a répliqué en attaquant Mme Joly sur la vitesse avec laquelle son parti a décidé de mettre en oeuvre son programme.

Si c'était si important pour vous, pourquoi l'avez-vous fait deux mois avant les élections? Vous auriez pu le faire il y a six ans.

Une citation de :Vincent Duhamel, candidat du Parti conservateur

Aux yeux du candidat du NPD Alexandre Boulerice, la méthode conservatrice est défaillante. Le vieux truc de distribuer de l'argent et des chèques des conservateurs en pensant que les solutions individuelles marchent mieux que les services publics, ça ne fonctionne pas. Le système des CPE au Québec est une fierté. On pense qu'on doit le bonifier, a-t-il dénoncé.

Il n'y a rien de plus efficace qu'un système de garde public abordable. Les chèques aux individus ne couvrent jamais les frais.

Une citation de :Alexandre Boulerice, candidat du Nouveau Parti démocratique

Finances publiques

Doit-on viser l’équilibre budgétaire? À son adversaire conservateur qui reprochait aux libéraux d’avoir trop dépensé durant la pandémie, Mélanie Joly a répondu que le coût de l’inaction aurait été plus grand.

La candidate libérale a souligné que les dépenses contenues dans le dernier budget fédéral avaient été appuyées par tous les partis à la Chambre des communes.

Vincent Duhamel estime qu’il est plus important de parler de création de richesse, pour ensuite la redistribuer. C’est de la pensée magique du côté conservateur, a répliqué le candidat néo-démocrate Alexandre Boulerice, dont le parti souhaiterait augmenter la contribution des ultrariches à l’assiette fiscale.

D'après le candidat bloquiste Gabriel Ste-Marie, il faut se préoccuper du déficit des provinces, autant sinon plus que de celui du gouvernement fédéral.

Ottawa ne joue plus son rôle dans les transferts du financement de la santé.

Une citation de :Gabriel Ste-Marie, candidat du Bloc québécois
Un portrait des six chefs avec le texte Fédérales 2021 Comparez les plateformes électorales des partis.

Approches environnementales

La taxe carbone, c’est l’outil le plus important, estime le candidat vert Luc Joli-Cœur, dont le parti veut augmenter la taxe sur le carbone à 265 $ la tonne d’ici 2030, alors que le programme actuel la ferait passer à 170 $. Le candidat croit que les répercussions ne seraient pas si importantes pour une majorité de Canadiens.

La candidate libérale Mélanie Joly a vanté l’action du gouvernement Trudeau, le premier à mettre un prix sur la pollution, a-t-elle rappelé. Mais les ambitions libérales de réduire de 40 à 45 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 ont été critiquées des deux côtés : objectif irréaliste pour les conservateurs, pas assez ambitieux pour le Parti vert.

Il faut atteindre les cibles avant de revoir les ambitions, a soutenu le candidat conservateur Vincent Duhamel.

Quand un bateau coule, tu ne regardes pas l’eau que tu es capable d’enlever, tu regardes combien d’eau il faut que tu enlèves.

Une citation de :Luc Joli-Coeur, candidat du Parti vert

Les libéraux continuent d’être critiqués pour l’achat du pipeline Trans Mountain, mais le conservateur Vincent Duhamel est d’accord pour dire qu’il faut se servir de ce qu’on a pour s’assurer de financer ce qu’on doit faire. Le néo-démocrate Alexandre Boulerice affirme que le plan libéral est de continuer à polluer pour lutter contre la pollution, mais le NPD n’a pas pris d’engagement clair au sujet de Trans Mountain.

De belles paroles, mais trop peu d’actions concrètes, juge le bloquiste Gabriel Ste-Marie à propos du bilan du gouvernement sortant. Le Bloc québécois propose d’introduire le concept de finances vertes. Selon le Parti vert, un seul choix s’impose en matière énergétique : arrêter tout nouveau projet d’exploitation d’hydrocarbures.

Emploi et pénurie de main-d'oeuvre

Dans le segment de l'émission consacré à la pénurie de main-d'oeuvre, l'animateur Gérald Fillion a demandé à la candidate Mélanie Joly si un gouvernement libéral réélu prolongerait la subvention salariale, l'aide au loyer et la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE) ou s'il y mettrait fin, comme prévu, le 23 octobre.

Pour l'instant, c'est pour le 23 octobre. Ce qu'on a dit, par contre, c'est que, pour les secteurs touristiques et des arts et de la culture, on allait faire en sorte que la subvention salariale et l'aide au loyer se poursuivent, pour qu'on soit en mesure d'être là pour les travailleurs dans des secteurs qui sont encore aux prises avec une crise économique, a-t-elle répondu.

Mme Joly reconnaît l'existence d’une pénurie de main-d'oeuvre qu'elle attribue à deux facteurs, soit le vieillissement de la population et une immigration insuffisante. Elle a invité certains de ses adversaires à revoir leurs positions en matière d'immigration.

J'espère qu'enfin le Bloc québécois et les conservateurs vont voir la lumière au bout du tunnel et faire en sorte qu'il y ait un plan d'immigration ambitieux. Parce qu'il faut plus d'immigrants, a-t-elle formulé.

Gabriel Ste-Marie a pris la balle au bond et affirmé à ce sujet qu'il y a un sérieux ménage à faire et qu'un remodelage s'impose au ministère de l'Immigration. Il a notamment décrié le fait qu'il existe un délai d'attente de 27 mois pour un immigrant économique. Ça n'a pas de bon sens. C'est le fouillis total, a-t-il déploré.

Pour sa part, Luc Joli-Cœur s'est lui aussi dit ouvert à davantage d'immigration. Toutefois, il a utilisé son temps de parole pour adresser des reproches aux libéraux sur la PCRE.

Si on avait eu un programme de revenu minimum garanti, on n'aurait pas été obligés d'essayer d'ouvrir le robinet à gauche, après ça à droite, ne plus trop savoir. [...] Quand est-ce qu'on coupe? Quels secteurs on coupe? Il faut mettre de la simplicité dans ce système pour que les gens qui ont besoin d'aide aient de l'aide rapidement, a-t-il soutenu.

À propos du revenu minimum garanti, Gabriel Ste-Marie a démontré de l'intérêt, mais il estime que les querelles entre le fédéral et les provinces rendent cette initiative plus complexe à faire aboutir. Il plaide plutôt pour jeter les nouvelles bases d'un programme d'assurance-emploi qui inclurait entre autres les travailleurs autonomes.

Dès le début de la pandémie, le système s'est effondré. Plus que jamais, il est temps de le relancer. Il faut arrêter d'être au niveau de la réforme Axworthy d'il y a quelques décennies, a-t-il soutenu.

Revenant sur le dossier de l'immigration, Alexandre Boulerice a lancé un appel à une réforme. On perd de la main-d'oeuvre de manière systématique. Les délais n'ont aucun bon sens sous les libéraux, a-t-il souligné, lui qui appuie une immigration plus forte.

Il endosse également l'idée d'une réforme de l'assurance-emploi pour couvrir les travailleurs autonomes. Il faut regarder aussi les populations qui ont un moins grand taux d'activité sur le marché du travail et qui ont beaucoup de jeunes. Regardons les Premières Nations, les populations autochtones. [...] Il y a peut-être là une voie à regarder pour être capables d'attirer des gens sur le marché du travail, a-t-il suggéré.

Quant à M. Duhamel, il est d'avis que l'État doit s'activer pour garder les personnes de 65 ans et plus sur le marché du travail et encourager les retraités à y retourner. Il importe selon lui de créer les incitatifs qui vont leur permettre de ne pas être pénalisés.

Il y a beaucoup de gens, surtout maintenant on est tous plus en forme, qui sont encore capables de contribuer énormément, qui veulent d’ailleurs contribuer énormément, a-t-il constaté.

Le débat était animé par Gérald Fillion avec la participation d’Andrée-Anne St-Arnaud.

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

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