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Quelles sont les priorités électorales des francophones du Grand Nord?

Les deux bandes du drapeau franco-yukonnais, au dessus, l'ours polaire du drapeau franco-ténois au centre, et l'inukshuk au bas de l'image.

Les drapeaux franco-yukonnais, en haut, franco-ténois, au centre, et franco-nunavois en bas.

Photo : Radio-Canada

À quelques jours du scrutin du 20 septembre, les organismes francophones du Grand Nord rencontrent les candidats des différents partis pour leur faire part des priorités de leurs membres dans leur territoire respectif.

Si les chefs des principaux partis n’ont que très brièvement abordé des questions touchant les communautés francophones hors Québec lors du premier débat en français, des organismes francophones du Nord espèrent qu’ils seront davantage inclus, mercredi, dans celui entre des candidats choisis par chaque parti destiné exclusivement à la francophonie.

Comment suivre le débat national sur les enjeux francophones :

Le débat animé par Mathieu Nadon sera diffusé en direct sur les ondes de RDI le merdredi 15 septembre de 20 h à 21 h, en plus d’être disponible sur les plateformes numériques et les réseaux sociaux de Radio-Canada.

Des priorités communes

Les associations francophones du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut font front commun en ce qui concerne le projet de loi C-32 sur la modernisation de la Loi sur les langues officielles.

La directrice générale de l’Association franco-yukonnaise (AFY), Isabelle Salesse, affirme qu’il s’agit d’un dossier électoral extrêmement important pour les francophones du Yukon et que ces élections sont l’occasion de revenir [sur] certaines demandes que [l'AFY avait] eues [...] et qui n’ont pas été mentionnées dans le projet de loi.

À titre d’exemple, elle cite l’article du projet de loi qui concerne l’obligation pour des institutions fédérales de mettre en place des mesures positives pour protéger et promouvoir le français dans chaque province et territoire. Il n’y a rien qui définit ces mesures positives, affirme-t-elle. Quand les communautés vont en Cour et que cet élément-là est adressé, il y a place à énormément d’interprétation.

Mélanie Joly parle à la Chambre des communes.

Au mois de juin, la ministre fédérale responsable des Langues officielles, Mélanie Joly, a présenté le projet de loi réformant la Loi sur les langues officielles, qui vise une meilleure protection du français.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Le rapprochement avec les Autochtones est une autre priorité dans la mire des organismes francophones du Nord. Ils comptent notamment soutenir la revitalisation des langues autochtones, la préservation de la culture et la mise en oeuvre des 94 appels à l'action du rapport final de la Commission de vérité et réconciliation.

Au Nunavut et aux Territoires du Nord-Ouest, ces associations comptent miser sur une approche collaborative plutôt que revendicatrice avec les communautés autochtones.

Nous sommes minoritaires, certes, mais nous cohabitons avec deux autres communautés. Donc, notre approche n’est pas forcément dans un but de revendiquer certaines choses, mais plutôt de collaborer avec la candidate qui sera élue pour porter les dossiers au niveau fédéral et espérer avoir des réponses favorables pour la communauté [francophone], indique le directeur général de l’Association des francophones du Nunavut, Christian Ouaka.

La façade extérieure des bureaux de l'Association des francophones du Nunavut.

L'Association des francophones du Nunavut (AFN) compte miser sur la collaboration avec la communauté inuit, qui représente près de 85 % de la population du Nunavut.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Yukon

Sur sa liste de priorités territoriales, l’AFY porte une attention particulière aux femmes victimes de violences fondées sur le sexe qui n’ont, à son avis, pas suffisamment accès à des services en français, mais aussi aux aînés qui ne disposent pas de pension de retraite et vivent sous le seuil de la pauvreté.

L’AFY aimerait aussi voir une stratégie pour accroître le nombre de places en garderie. Si on n’a pas assez de places, ces jeunes enfants s’en vont dans des milieux anglophones et il y a de fortes chances qu’[ils] ne reviennent pas dans les milieux francophones par la suite, soutient Isabelle Salesse.

Nos garderies sont les pépinières de nos communautés.

Une citation de :Isabelle Salesse, directrice générale, AFY
Isabelle Salesse.

La directrice générale de l'Association franco-yukonnaise, Isabelle Salesse.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Territoires du Nord-Ouest

La directrice de la Fédération franco-ténoise (FFT), Linda Bussey, explique que l’accès à des services de santé en français est lacunaire au territoire. Le gouvernement des Territoires [du Nord-Ouest] a ses services en français, [mais] on se rend compte à plusieurs reprises que ce ne sont pas des services immédiats, mentionne-t-elle. Elle souhaiterait qu’Ottawa octroie une aide financière spécifique pour la création de postes bilingues dans le secteur de la santé.

Elle insiste aussi sur la nécessité de créer plus de programmes pour la petite enfance qui, dit-elle, assurent une continuité de la langue française.

Linda Bussey.

L'accès aux services de santé en français est lacunaire au territoire, selon Linda Bussey, directrice générale de la Fédération franco-ténoise.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Nunavut

L’AFN n’a pas encore rencontré les trois candidates du Nunavut, mais elle compte discuter avec elles du développement politique, socioéconomique, culturel et communautaire des Franco-Nunavois.

Le directeur de l’AFN explique aussi que le soutien financier d’Ottawa est important pour maintenir les services en place en raison des défis uniques avec lesquels les francophones doivent conjuguer dans le Grand Nord. Le Nunavut est un territoire particulier qui a certains défis, notamment le coût de la vie, dit-il.

Avec les informations de Claudiane Samson et Mario de Ciccio

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