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TIFF : 5 films coups de cœur en 5 adjectifs

Une scène de la révolte de la prison d'Attica.

Le film « Attica » revient sur l'émeute survenue en 1971 dans la prison du même nom.

Photo : Avec l'autorisation du TIFF

Radio-Canada

À mi-parcours du Festival international du film de Toronto (TIFF), Francine Ravel partage ses coups de cœur cinématographiques. Pour ce faire, elle recommande cinq films à retrouver en ligne cette semaine, bientôt en salle, ou encore en diffusion sur certaines plateformes dans les jours ou les mois à venir, à l’aide de cinq adjectifs.

Bouleversant : Attica

Le documentaire Attica raconte de façon inédite la révolte des détenus de la prison d’Attica aux États-Unis survenue le 9 septembre 1971. Une révolte issue des conditions de détention inhumaines.

Les prisonniers établissent un camp retranché dans la cour de la prison et organisent la vie de plus de 1000 personnes. Ils s’unissent pour négocier avec les autorités alors qu’ils retiennent 50 gardiens en otage. La rébellion de cinq jours se termine par un bain de sang.

Le réalisateur a retrouvé des protagonistes de l’époque qui nous offrent un précieux témoignage des événements qui ont eu lieu il y a 50 ans. Il s’agit d’anciens détenus qui racontent la mutinerie de l’intérieur, mais aussi de familles des gardiens retenus en otage, de membres de l’équipe de négociation entre les détenus et les autorités, et de responsables politiques de l’époque qui racontent comment la situation a été gérée par le président Nixon.

C'est un formidable documentaire, très éclairant sur les tensions qui traversent encore aujourd’hui la société américaine. Attention, certaines images sont très difficiles.

Attica, de Stanley Nelson, sera disponible en ligne le jeudi 16 septembre à 13 h.

Vertigineux : Arthur Rambo

Le visage de l'acteur Rabah Nait Oufella dans une foule.

Le film « Arthur Rambo » est réalisé par Laurent Cantet.

Photo : Avec l'autorisation du TIFF

Le film raconte la dégringolade sociale d’un jeune auteur à succès rattrapé par son passé.

Le réalisateur Laurent Cantet s’intéresse toujours aux multiples facettes des êtres humains. L’histoire d’Arthur Rambo est celle d’un jeune écrivain, Karim D, qui devient la coqueluche du Tout-Paris littéraire après le succès de son roman Le débarquement, inspiré de l’histoire de sa mère.

Il devient la voix de ses deux cent mille abonnés sur les réseaux sociaux et apprend à naviguer sa toute récente célébrité. En pleine gloire, une autre facette de Karim est révélée au public, le visage haineux d’un autre lui-même, quand, par provocation dira-t-il plus tard, il publiait des gazouillis ambigus sur le terrorisme ou des plaisanteries antisémites et homophobes sous son pseudonyme Arthur Rambo.

On assiste à la chute de cette nouvelle idole. Le film est habile, car il réussit à maintenir l’équilibre entre le dégoût qu’inspirent ces commentaires haineux et, malgré tout, une certaine empathie envers ce personnage perdu dans la tourmente.

Arthur Rambo, de Laurent Cantet, sera proposé le jeudi 16 septembre, en personne au TIFF Bell Lightbox à 20 h et en ligne le même jour, le jeudi 16 à 21 h.

Effrayant : Inexorable

Une jeune fille et son père.

« Inexorable » met en vedette l'acteur Benoît Poelvoorde.

Photo : Avec l'autorisation du TIFF

C'est le nouvel opus du réalisateur, scénariste et producteur Fabrice du Welz qui s’est fait une spécialité de films toujours très originaux dans les genres thriller, policier, science-fiction ou épouvante.

Inexorable est un thriller avec l’excellent Benoît Poelvoorde aux côtés de Mélanie Doutey et de la jeune actrice Alba Gaïa Bellugi.

Une histoire simple en apparence prend un virage sanglant. Après un premier roman à succès intitulé Inexorable, un écrivain en panne d’inspiration emménage dans une immense propriété, héritage de son épouse qui est aussi son éditrice. Le couple a une petite fille adorable. Pendant ce temps, une jeune fille s’installe dans le seul hôtel-café-restaurant du coin et va se rapprocher de la famille jusqu’à réussir à se faire engager pour s’occuper de la petite fille. Mais ses motifs ne sont pas innocents et le passé resurgit avec certains démons.

Le film est réussi. Bien sûr, on sursaute plusieurs fois et on est embarqués vers la fin du film, inexorable, le titre nous avait prévenus. Évidemment, ce n’est pas du tout pour les enfants ni pour les âmes sensibles.

Inexorable sera disponible en ligne le jeudi 16 septembre à 21 h.

Libérateur : Le bal des folles

2 femmes portant des vêtements du 19e siècle se tiennent debout l'une en face de l'autre.

« Le bal des folles » aborde la thématique de la misogynie au 19e siècle.

Photo : Avec l'autorisation du TIFF

Sixième long-métrage de la réalisatrice française Mélanie Laurent, que l’on connaît également comme actrice et comme chanteuse, Le bal des folles est une adaptation du livre éponyme de Victoria Mas. L’histoire se situe à la fin du 19e siècle, une époque où les femmes étaient facilement traitées de folles et internées, souvent à la demande de leurs proches.

Eugénie, une jeune fille de bonne famille, qui dit voir des esprits, est internée de force par son père pour éviter qu’elle ne déshonore la famille. Elle va vivre dans l’aile psychiatrique de l’Hôpital de la Salpêtrière, à Paris, dirigé par le Dr Charcot, un des pionniers de la psychiatrie.

Le médecin exhibe les patientes diagnostiquées comme hystériques lors de séances d’hypnose et organise un événement annuel, le bal des folles, où les femmes internées doivent se déguiser pour faire la fête au milieu de mondains parisiens venus là pour s’acoquiner.

Le film rappelle la misogynie de l’époque et ses racines dans les débuts de la psychiatrie. On se sent, à plus d’un siècle d’écart, en empathie avec ces femmes et le film résonne étrangement avec la libération de la parole féminine de ces dernières années.

Les actrices, notamment Lou de Laage, qui joue la jeune Eugénie, et Mélanie Laurent, qui tient le rôle de l’intendante du département, sont brillantes.

Le film sera disponible sur Amazon Prime à partir du 17 septembre et il sera aussi en ligne sur le site du TIFF le samedi 18 septembre à 19 h.

Enchanteur : Oscar Peterson: Black + White

Oscar Peterson pose en se tenant les mains.

Le film « Oscar Peterson: Black + White » évoque l'intérêt du célèbre musicien de jazz pour la justice sociale.

Photo : Avec l'autorisation du TIFF

Le cinéaste Barry Avrich plonge dans la vie d’Oscar Peterson par le biais d’un film-concert. Le documentaire est ponctué de la présence de musiciens qui rendent hommage à Oscar Peterson en jouant sa musique. D’autres artistes, dont Billy Joel, Herbie Hancock, Quincy Jones et Bill King, témoignent de l’influence d’Oscar Peterson.

On retiendra de la vie d’Oscar Peterson son originalité et son incroyable talent, mais aussi la façon dont il faisait de la place à ses musiciens et de son humilité toute canadienne. Le documentaire relate aussi comment cette étoile du jazz a vécu la ségrégation raciale, et ce, même s’il était une star internationale.

Oscar Peterson: Black + White sera en ligne le samedi 18 septembre à 15 h. Le film sera aussi disponible sur Crave à partir du 22 octobre.

Avec les informations de Francine Ravel

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