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Dis-moi comment tu bois ton café et je te dirai pour qui tu votes… ou presque

Capture d'écran tirée de l'application Datagotchi.

L'application Datagotchi tente de prédire le vote d'un utilisateur à l'élection fédérale du 20 septembre à partir d'une liste de 30 questions portant principalement sur ses habitudes de vie.

Photo : Radio-Canada

Partageriez-vous aussi facilement des informations sur vos goûts et vos habitudes de vie si on vous disait qu’elles risquent d'être utilisées à des fins politiques? Une équipe de chercheurs a mis au point une application web censée prédire le vote d’un électeur à partir de données qui n’ont en apparence aucun lien avec la politique, telles que votre film préféré, la façon dont vous buvez votre café et votre propension à vous faire tatouer.

Accessible en ligne depuis mardi matin, l’application Datagotchi a été conçue par l’équipe de recherche de la Chaire de leadership en enseignement des sciences sociales numériques de l’Université Laval (CLESSN).

Après avoir comparé l’efficacité de différents modèles statistiques, les concepteurs de la plateforme web, dont le nom est un clin d’œil au Tamagotchi, cet animal de compagnie virtuel qui a fait fureur dans les années 90, ont entraîné un algorithme d’apprentissage capable de prédire les intentions de vote des utilisateurs à partir d’une liste de 30 questions.

Un téléphone intelligent sur lequel apparaît l'appli Datagotchi.

Une appli ludique pour prédire le vote

Photo : Radio-Canada / Jean-François Blanchet

Ces dernières vont des préférences sexuelles au moyen de transport le plus fréquemment utilisé, en passant par la longueur des cheveux, le type d’habitation et le niveau d’intérêt pour la chasse et les sports extérieurs motorisés. Un avatar de l’utilisateur prend forme au fur et à mesure qu’il remplit le questionnaire.

Des variables révélatrices

Si l’application a recours à des caractéristiques sociodémographiques classiques comme l’âge, le genre et le lieu de résidence, elle est d’abord et avant tout axée sur les habitudes de vie de l’utilisateur, insiste Catherine Ouellet, candidate au doctorat en science politique à l’Université de Toronto et collaboratrice du projet.

C’est pour montrer, en gros, que ces variables-là, où on se tient, ce qu’on fait, ce qu’on mange, etc., peuvent en dire plus sur qui on est et qu’est-ce qu’on pense et peuvent être surtout riches, quand on s’intéresse à la politique, puis ça peut aussi être des variables qui vont être utilisées par des stratèges, explique-t-elle en entrevue à l’émission Tout un matin.

Catherine Ouellet en visioconférence.

Catherine Ouellet explique que l'application vise notamment à sensibiliser les citoyens à ce que leurs habitudes de vie permettent de révéler sur eux-mêmes.

Photo : Radio-Canada

La chercheuse précise qu’il n’y a pas de relation directe entre, par exemple, les préférences d’un électeur et son goût pour le café latté. Les habitudes de vie sont abordées de la même manière que les variables sociodémographiques classiques, dont le pouvoir prédictif tend à décliner.

Ce n’est pas le fait de boire un latté qui fait que je vote, par exemple, conservateur. Ce n’est pas le fait de regarder tel genre de film qui fait que je vote pour le Parti vert, c’est un indicateur de quelque chose d’autre, insiste Mme Ouellet.

Ce sont des marqueurs [ou] des unités de socialisation qui peuvent nous permettre d’aller délimiter de nouveaux groupes de l’électorat.

Une citation de :Catherine Ouellet, candidate au doctorat en science politique à l’Université de Toronto
Capture d'écran de la Boussole électorale.

L'équipe derrière la création de l'application Datagotchi a également contribué à la mise au point de la Boussole électorale (archives).

Photo : Radio-Canada

Sensibilisation

En cette ère numérique, où chaque transaction conclue sur Amazon et chaque visionnement effectué sur Netflix laissent des traces, la chercheuse croit qu’il est important que les électeurs comprennent que leurs habitudes de vie peuvent être récupérées à des fins politiques.

On essaie vraiment de sensibiliser le citoyen à la richesse de ces données-là puis aux informations qu’elles peuvent donner sur nous, sans nécessairement toujours qu’on s’en rende compte, insiste Catherine Ouellet.

À l’instar des autres membres de l’équipe derrière la création de Datagotchi, elle espère que l’application entrera dans les mœurs des électeurs québécois et canadiens, au même titre que la Boussole électorale, à laquelle la CLESSN avait d’ailleurs contribué.


Pour accéder à la plateforme Datagotchi, cliquez sur ce lien (Nouvelle fenêtre).

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