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Un Challenger amélioré pour consolider les parts de marché de Bombardier

Le programme du nouveau Challenger 3500 « est à 100 % payé avec de l’argent qui vient de Bombardier », sans aucune aide gouvernementale, a souligné le patron de la firme, Éric Martel.

Éric Martel et Pierre Beaudoin se serrent la main devant une maquette d'avion.

Éric Martel, président et chef de la direction de Bombardier, reçoit les félicitations de Pierre Beaudoin, président du conseil d'administration, devant la maquette du Challenger 3500.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Bombardier a dévoilé mardi une version améliorée de son avion d’affaires Challenger, sur laquelle la firme dit compter pour consolider sa position de leadership dans un marché destiné aux riches et puissants de la planète.

Le nouveau Challenger 3500 a été présenté comme un avion intermédiaire à la fine pointe de la technologie, plus confortable et même plus écologique que la version 350, qu’il remplacera dès l’automne prochain.

Outre une cabine entièrement redessinée et des sièges Nuage (fauteuil inclinable à base flottante), l’appareil sera notamment doté d’une application permettant au pilote d’optimiser le plan de vol pour faire des économies de carburant.

C’est une annonce importante pour nous, parce qu’on a déjà une position de leadership dans le segment des avions intermédiaires avec le Challenger 350, a commenté le président et chef de la direction de Bombardier, Éric Martel.

On a plus que 50 % du marché depuis plusieurs années, malgré qu’on a trois, quatre avions qui compétitionnent avec nous, et ça vient juste encore élever [notre] position de leadership avec ce nouveau lancement du Challenger 3500, complètement fabriqué et designé à Montréal.

Une citation de :Éric Martel, président et chef de la direction de Bombardier
Éric Martel lève une flûte de mousseux devant une maquette du nouvel avion.

Le président et chef de la direction de Bombardier, Éric Martel, ne cachait pas sa fierté lors du dévoilement du nouveau Challenger 3500, mardi, à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Souvent critiqué pour sa propension à recourir à de l’argent public au cours des dernières années, Bombardier n’a pas requis d’aide gouvernementale pour ce nouvel appareil, a précisé M. Martel.

Il n’y en a pas et on n’en a pas demandé. C’est un programme qui est à 100 % payé avec de l’argent qui vient de Bombardier, a-t-il précisé, évoquant, sans plus de précision, des investissements de plusieurs dizaines de millions de dollars.

Ce qu’on a dit aux marchés financiers, c’est qu’on avait une enveloppe de 200 à 250 millions de dollars américains, chaque année, pour investir dans notre business, les avions d’affaires. Alors la portion qui est utilisée pour le 3500 vient de cette enveloppe.

M. Martel a refusé de s’avancer sur des prévisions de vente, une donnée considérée comme stratégique, se contentant de dire que l’ambition de la firme est de garder sa position de leadership dans le segment des avions d’affaires.

 L’intérieur du Challenger 350.

L’intérieur du Challenger 3500.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Protéger des emplois et peut-être en créer

Le lancement du nouvel appareil permettra de sécuriser les plus de 700 emplois liés à la famille Challenger à Montréal, a ajouté le patron de Bombardier, mais il ne devrait pas entraîner de rappels au travail jusqu’à nouvel ordre.

Éric Rancourt, un représentant de l'Association internationale des travailleurs et travailleuses de l’aérospatiale (AIMTA), le syndicat des travailleurs de Bombardier, n'a pas caché que le lancement de ce nouvel appareil constitue une bonne nouvelle pour eux.

C’est le prolongement d’un programme. La famille Challenger, c’est quelque chose qui date de 1978. [...] Aujourd'hui, en le modernisant, ça assure un futur pour l'avionnerie d’affaires, surtout dans un contexte post-pandémique, a-t-il déclaré.

Selon lui, entre 500 et 700 des 2500 employés mis à pied par Bombardier au début de la pandémie, en mars 2020, n'ont toujours pas repris le chemin du travail.

Aujourd'hui, c’est une bonne nouvelle, mais il va falloir que ça se traduise avec des ventes. Après ça, on va pouvoir parler de rappel au travail. [...] Le programme Challenger emploie environ 700 personnes. […] En investissant pour le futur, ça garantit ces emplois-là.

Une citation de :Éric Rancourt, représentant du district 11 de l’AIMTA

La minute où l’équipe de Bombardier va vendre des avions, ça va faire augmenter la cadence, et nécessiter des rappels, a-t-il ajouté sur une note d'espoir.

La cabine de pilotage du Challenger 350.

La cabine de pilotage du Challenger 3500.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Une force vive en matière d'innovation

Le spécialiste de l'industrie aéronautique Mehran Ebrahimi croit lui aussi que le lancement de ce nouvel avion d'affaires extraordinaire est une bonne nouvelle, non seulement pour Bombardier, mais pour toute l'industrie aéronautique d'ici.

Les fournisseurs qui font partie de la chaîne d'approvisionnement de la firme profiteront du nouveau développement, qui pourra aussi exercer un attrait pour la relève dans un contexte de pénurie de main-d'œuvre.

Au niveau des écoles d’ingénieurs, ça donne encore le goût à certains jeunes de se dire bon, il se passe encore des choses intéressantes dans l'industrie, a-t-il dit.

Depuis que Bombardier est concentré sur les avions d’affaires, on entend ici et là : "Bombardier, c’est fini, Bombardier va vers sa perte." Aujourd'hui, avec un produit de cette qualité, ça montre que Bombardier est là. Il y a une force vive, en termes d’innovation, de création de nouvelles choses, qui est extraordinaire.

Une citation de :Mehran Ebrahimi, professeur agrégé au Département de management et technologie à l'École des sciences de la gestion de l'UQAM
Laurent Beaudoin gravit un escalier.

Laurent Beaudoin, qui a passé plus d'un demi-siècle dans le giron de Bombardier, à titre de dirigeant ou d'administrateur, était présent pour la lancement du Challenger 3500.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Selon M. Ebrahimi, Bombardier a de bonnes chances de rester le leader du marché avec le Challenger 3500, qui répond à un marché plus large que les avions Global, destiné aux clients encore plus riches, et le Learjet, plus petit qu'un Challenger.

Avec la pandémie, l’aviation d’affaires s’en sort bien, il s'en trouve qui sont encore plus de riches, et ces riches-là, ils aiment les produits de luxe. Et je pense que le Challenger répond très bien à ce marché, a-t-il commenté.

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