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La passion des abeilles à Canoe Cove

Jennifer et Mickael Jauneau.

Jennifer et Mickael Jauneau se sont rencontrés en Australie. Ils ont appris l'apiculture en Nouvelle-Zélande, avant de venir s'installer en 2018 à l'Île-du-Prince-Édouard.

Photo : Radio-Canada / Laurent Rigaux

Laurent Rigaux

Ce matin de septembre, Jennifer et Mickaël Jauneau sont occupés : le couple poursuit sa récolte de miel. Des centaines de ruches et de colonies sont disséminées dans la région qui entoure leur exploitation, située à Canoe Cove, à 20 minutes de Charlottetown. Il n'y a pas de temps à perdre, la météo s'annonce mauvaise.

Ça ne sert à rien de stresser, parce qu'on ne peut rien y faire, des fois il faut juste se résigner, l'année dernière, il a fait très sec et au mois d'août il n'y avait plus de miel, philosophe Mickaël Jauneau quand on évoque les aléas météorologiques.

Notre vie est rythmée par les saisons, et ça, ça nous apprend à prendre du recul.

Une citation de :Mickaël Jauneau, apiculteur

Le jeune homme, originaire de la France, a découvert l'apiculture lors d'un séjour de plusieurs années en Nouvelle-Zélande. Il venait de rencontrer sa future femme, Jennifer, en Australie, et le couple avait décidé d'aller voyager sur l'île voisine pendant un an. Ils y resteront cinq années, le temps d'apprendre le métier.

Des cadres de cire stockés dans un entrepôt.

Les cadres de cire sont stockés après la récolte, avant d'en extraire le miel.

Photo : Radio-Canada / Laurent Rigaux

Au début, je n'aimais pas du tout! Je ne comprenais pas trop ce qu'on faisait, raconte l'ancien mécanicien. J'ai eu la chance de travailler avec quelqu'un qui m'a fait vraiment aimer l'apiculture. Une fois qu'on est dedans, ça devient une dépendance, maintenant on adore ça, poursuit-il.

Le couple décide alors de tourner autour du globe, il rachète la ferme apicole et s'installe en 2018 à l'Île-du-Prince-Édouard, à mi-chemin entre ma famille et celle de Jennifer, qui est originaire de la Colombie-Britannique. Ils sont aujourd'hui à la tête d'un cheptel de plusieurs dizaines de millions d'abeilles au pic de la saison, réparties sur quelques centaines de colonies.

Un cadre de cire.

On peut goûter le miel en trempant un doigt dans les alvéoles de cire fabriquées par les abeilles. Ici, le cadre contient du miel d'asters, ainsi que du miel de verges d'or.

Photo : Radio-Canada / Laurent Rigaux

Lui aime particulièrement le rythme de travail imposé par les abeilles. Il n'y a pas de journée type, souvent ce sont des cycles de dix, quinze jours où l’on fait la même chose. On a 400 colonies, donc il faut faire 400 fois la même chose. Mais ça change tout le temps, même si l’on est toujours au milieu des abeilles, détaille-t-il.

L'apiculteur sort un cadre en provenance d'une ruche, contenant des alvéoles de cire, chacune renfermant le précieux nectar. Allez-y, enfoncez votre doigt, nous intime-t-il. D'asters ou de verges d'or, le miel produit par les butineuses n'a pas le même goût selon les fleurs qui entourent le rucher.

Jennifer et Mickaël Jauneau sont d'ailleurs attentifs à la localisation des colonies, afin de minimiser l'impact potentiel des pesticides. On essaie de faire du mieux qu'on peut, de se trouver dans des endroits qui sont loin des champs avec des pesticides, précise l'apiculteur. On a de la chance, dans cette région il y a beaucoup de producteurs laitiers, donc beaucoup de champs pour le foin, pour les vaches, donc il y a beaucoup de fleurs autour de ces champs-là, complète-t-il .

Un étalage de produits dans une boutique.

Jennifer et Mickael Jauneau ne fabriquent pas que du miel, mais aussi des bougies et des produits de soins de la peau.

Photo : Radio-Canada / Laurent Rigaux

Le couple produit du miel de bleuets, du miel de fleurs sauvages, ainsi que du miel de sarrasin. Jennifer Jauneau complète l'offre avec des bougies de toutes tailles et des produits de soins de la peau. L'ensemble est vendu directement sur place, dans une boutique, ou dans certaines épiceries de la province, ainsi qu'au marché des fermiers de Charlottetown.

Mickael Jauneau montre le fonctionnement d'une machine.

L'opercule qui recouvre les alvéoles de cire est enlevé à l'aide d'une machine, qui filtre ensuite le miel par décantation. Dans le premier bac, le miel contient encore des morceaux de cire et d'abeilles. Après plusieurs étapes, il est débarrassé de ses impuretés.

Photo : Radio-Canada / Laurent Rigaux

Mickael Jauneau confie que sa femme et lui ont été super bien accueillis par la communauté agricole de la province. Tout le monde se connaît, c'est fou. Tout le monde nous connaissait avant qu'on puisse mettre un nom sur les visages, se souvient-il quand on évoque la proximité des professionnels du secteur dans la province. 

Mickael Jauneau ouvre un fût contenant du miel.

Une fois toutes les étapes de préparation terminées, le miel est stocké dans des fûts, où il peut rester plusieurs mois.

Photo : Radio-Canada / Laurent Rigaux

Dans l'atelier qui jouxte le petit magasin, Mickaël Jouneau décrit toutes les étapes qui permettent de passer du cadre contenant les alvéoles au pot de miel sur la table. Une machine de désoperculation permet de retirer la couche de cire qui bouche les alvéoles. Le miel s'écoule ensuite des bacs de décantation successifs, afin de retirer toutes les impuretés, dont des débris d'abeilles. Après une énième décantation, le miel est stocké dans de larges fûts, en attendant sa mise en pots. Il peut rester ainsi pendant des mois.

Aujourd'hui parent de deux enfants, le couple espère que la réussite va se poursuivre à l'avenir, sans faire de plan à long terme. Mickael Jauneau évoque sa famille, restée en France, qui le regarde poursuivre ses pérégrinations autour du monde. Ils se sont dit "c'est cool, ça fera un autre endroit pour venir vous voir!", s'amuse-t-il quand il repense à son déménagement à l'Île.

Conscient du contexte linguistique de la province, il confie cependant avoir rencontré beaucoup de francophones : C'est agréable de pouvoir parler français, ça fait un répit!

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